StatCtr

Tuesday, February 12, 2013

Livre I en Français - Chapitre XIII - Christian Grey et Anastasia Steele


LA REMISE DES DIPLOMES

Chapitre 13


Traduit par: Elisabeth Mazaltov

Edité par: Hélène B. et Elisabeth Mazaltov



Au réveil je suis encore plus déterminé : Anastasia Steele tu vas être mon challenge du jour bébé ! Quand je veux quelque chose, je l’ai. Et actuellement il n’y a rien que je désire plus, pas une acquisition plus importante, pas une entreprise plus valorisante, pas une femme plus séduisante. Je n’ai d’yeux que pour toi ! 

For Your Eyes Only - Sheena Easton

Je ne vais pas renoncer surtout maintenant que je sais que tu me désires aussi. Je ne peux pas laisser des détails dicter l’avenir de notre relation. Je vais abattre toutes mes cartes non sans garder quelques trucs dans ma manche au cas où.

Je ne veux absolument pas la perdre ne serait-ce qu‘une minute. Rien que cette idée me pétrifie.

Si elle n’avait pas partagé mes sentiments. Si elle ne me désirait pas autant que je la désire. Si elle n’était pas mon soleil.  Si elle ne m’avait pas embrassé aussi passionnément. Si elle ne m’avait pas fait l’amour aussi éperdument.  Si elle n’avait pas ces yeux là quand elle me désire. Si elle n’avait pas ce regard triste quand elle est prête à renoncer. Si elle n’était pas fidèle à ses principes qui priment sur ses sentiments. Alors j’aurais arrêté de la poursuivre malgré mon désir ardent. Mais voilà Anastasia est tout ça et je ne peux pas me soustraire à son attraction. Je suis pour elle ce qu’elle est pour moi. Elle n’est pas seulement belle et intelligente, elle a aussi des principes. Elle sait ce qu’elle veut. Elle est peut être inexpérimentée mais quand elle éprouve un sentiment il est puissant. Elle prend ses décisions bien qu’elle puisse en être blessée à mort. Elle restera fidèle à ses principes même si ça doit lui briser le cœur et le mien par la même occasion.

C’est le truc le plus sexy que je connaisse.

Elle est ma douleur et mon plaisir…

Je l’aime, je la veux, je la désire, j’éprouve pour elle des sentiments auxquels je ne suis pas familier et que je suis même incapable de définir mais je sais qu’ils sont très forts. Je ne suis sans doute pas un gentleman, je ne suis sans doute que le fils d’une putain camée, je suis sans doute un obsédé du contrôle, un esclavagiste, un mégalomane, mais je suis un homme d’honneur ! Et j’en suis fier parce que ça nécessite une bonne dose de contrôle pour y parvenir. C’est un principe pour lequel j’éprouve la plus haute estime et je le reconnais en elle, c’est une femme d’honneur ! Ses actes en font foi et j’en suis complètement et totalement fasciné. C’est une femme extraordinaire et je dois l’admettre. Seule une personne digne d’elle peut la conquérir. Comme je suis chanceux d’avoir pu y parvenir alors même que je n’avais pas encore appréhendé sa valeur. Mais elle ne peut pas être domptée.

 I’m Your Man - Michael Buble

Je veux être digne d’elle. Elle me donne envie de devenir meilleur. Elle peut être une tornade dans mon âme, mais j’adore ce qu’elle éveille en moi. Je suis sur le fil du rasoir à ne jamais savoir ce qu’elle va bien pouvoir dire ou faire.

Une partie de moi aimerait la maîtriser dans certaines limites, ZOB, non je rigole, j’aimerais carrément la mater, pas tout le temps mais par moment. Je dois donc accepter de faire des compromis, cela permettra à la fois de préserver sa personnalité tout en lui apprenant à filer doux. Je vais utiliser tous mes talents de négociateur pour finaliser ça aujourd’hui.

Que le spectacle commence Miss Steele…. Je suis l’homme qu’il te faut !

Je descends très tôt m’entraîner avec Taylor. Il tient le sac de frappe tandis que je tape dessus comme un malade. Il sait que je frappe pour évacuer ma colère et mon désir refoulé.

« Allez-vous voir Mademoiselle Steele aujourd’hui ? »

« Oui, enfin ce n’est pas sûr mais je vais essayer de la voir. »

« Bonne chance Monsieur ! » dit-il comme si je partais en mission de sauvetage derrière les lignes ennemies ! Je fais une pause quelques instant en me retenant de sourire. Je tape un dernier coup dans le sac.

Une demi-heure plus tard je suis de retour dans ma suite, commande le petit déjeuner et prends une douche. J’enfile mon costume gris et mets ma cravate grise qui est devenue ma préférée. Taylor me conduit à l’université. Alors que je me dirige vers le bureau du Recteur j’entends Taylor murmurer dans sa barbe « Allez y Monsieur et ramenez la ! » Je me retourne, son visage est parfaitement impassible. Je hoche la tête en guise de réponse. Il est comme moi, cette attente lui tape sur les nerfs.

Le recteur jacasse en faisant des plaisanteries. Il me présente au reste de son équipe. Je salue rapidement. Je demande à me rendre à la tribune afin de revoir mon discours une dernière fois. En réalité je n’en ai absolument pas besoin car j’ai une excellente mémoire. Le Recteur sollicite son assistante pour qu’elle m’escorte mais je dis « Je sais que Mademoiselle Kavanagh doit prononcer le discours d’adieu. J’aimerais beaucoup qu’elle m’accompagne à ma place. » Le recteur semble étonné, en guise d’explication j’ajoute : « Mademoiselle Kavanagh est une amie de la famille. » Comme elle est issue d’une riche famille le Recteur n’est pas étonné que nous nous connaissions. Il demande à son assistante d’aller chercher Kate.

En arrivant elle m’adresse un sourire narquois. Qu’est ce qu’elle mijote ?

« Bonjour Christian. » Son aisance convainc le Recteur de notre intimité et du coup Kate monte d’un cran dans son estime !

« Bonjour Kate.” Elle me tend sa joue droite sur laquelle je dépose un baiser amical.

Le Recteur, son adjoint et son assistante sont impressionnés par cet échange et avec une pointe de déférence dans la voix le Recteur propose à Kate de m’accompagner à la tribune. Dès que nous ne sommes plus à portée d’oreilles je me tourne vers elle et lui demande avec anxiété :

«  Est-ce qu’Anastasia est rentrée hier soir ? »

« Oui. » répond-elle sèchement.

Je fronce les sourcils  « C’est bien vrai ? »

« Bien sûr que c’est vrai, je l’ai vue ce matin. Elle a écouté mon discours en boucle. Pourquoi posez-vous la question ? »

« Comme ça, je voulais être sûr qu’elle était bien rentrée mais elle ne m’a pas appelé. »

Elle plisse les yeux et me dévisage avec son regard de journaliste fouineuse.

« Anastasia est ma meilleure amie, est-ce que vous la traitez bien ? » Il y a un soupçon de menace dans sa voix.

« Oui. »

« En ce cas pourquoi avait-elle l’air bouleversée ce matin ? »

« Elle était bouleversée ? » ma voix grimpe d’un ton.

« Oui elle l’était. Elle a utilisé sa technique habituelle pour essayer de m’embourber mais quand on vit avec quelqu’un depuis quatre ans on détecte tout de suite quand quelque chose ne va pas. Qu’est ce que vous lui avez fait pour la mettre dans un état pareil ? » Elle se rapproche de moi menaçante.

Je soutiens son regard.

« Qu’est ce qu’elle a dit ? »

« Et pourquoi je vous le dirais ? » dit-elle en pointant son index vers ma poitrine.

« Parce que j’étais inquiet de la voir partir dans le tas de ferrailles qui lui sert de voiture et que je voulais être sûr qu’elle soit rentrée saine et sauve. Si vous étiez une véritable amie qui se soucie de son bien être, vous seriez sur la même longueur d’onde que moi ! dis-je en repoussant son doigt.

« Je suis désolée Christian. Bien sûr que je m’inquiète pour elle quand elle conduit cette voiture mais vous devez comprendre. Elle ne roule pas sur l’or comme certaines personnes. Vous ne devez pas la critiquer ainsi, ça lui donne une très mauvaise image d’elle-même. »

Je sais que ma remarque a déstabilisé Kate car elle est devenue très loquace au sujet d’Anastasia, sinon elle ne dirait rien.

« Quelque chose a du la contrarier, mais Ana est comme ça, Je pensais qu’elle avait la frousse à cause de la cérémonie. Elle est très secrète quand il s’agit de ses sentiments, elle a détourné mon attention et comme j’étais préoccupée par mon discours, je n’ai pas fais gaffe. » J acquiesce. Nous sommes arrivés à la tribune. La salle est bondée et nous devons élever la voix pour nous entendre. Les étudiants et leurs parents cherchent leur place dans un brouhaha indescriptible.

« Pourriez-vous me faire une faveur à la fin de la cérémonie ? »

« Ca dépend de ce que vous voulez. »

« Je vous explique : Après la clôture de la cérémonie, j’aimerais que vous alliez chercher Anastasia et que vous me l’ameniez. » Mon regard la transperce. Je dois admettre qu’elle ne cille pas.

« Et pourquoi  ferais-je cela pour vous ?

« Ce n’est pas pour moi. Vous allez le faire pour votre meilleure amie qui sera bien plus malheureuse si elle ne parle pas avec moi. »

« Pourquoi serait-elle malheureuse ? Vous allez lui faire du mal ? Elle me fusille du regard.

Je suis stupéfait. « Bien sûr que non ! » Elle s’est mise en mode mère poule.
« Parce que si jamais vous lui faites du mal Grey, de quelque manière que ce soit, je vous couperai les couilles ! » Cette menace est totalement inattendue dans la bouche d’une jeune et jolie femme, inoffensive en apparence.

«Si, dis-je en insistant, vous ne m’aidez pas à lui parler après la fin de la cérémonie, alors elle sera malheureuse et pas par ma faute ! Tout est entre vos mains Kate. Je suis censé rentrer à Seattle. Nous pourrions vivre quelque chose tous les deux, mais elle est sans doute effrayée par ce que je représente, par ma fortune. Je veux qu’elle passe outre. Mais si elle ne le fait pas » et là je tente un coup de bluff, « Je partirai. Je suis un homme très occupé Katherine, je n’ai pas de temps à perdre. » Je n’en dis pas plus. Je vois que ça fume dans sa tête.

« Amenez là moi après la fin de la cérémonie, c’est tout ce que je vous demande. »

« D’accord. Je le ferai. Mais ma menace est toujours valable. Si vous lui faites du mal vous y laisserez vos couilles. »

« Nous devons attendre que chacun ait rejoint sa place. » dit-elle en changeant de conversation.

A onze heures précise le Recteur et le Vice Recteur font leur apparition et prennent place. Puis ce sont les professeurs. Katherine et moi nous retrouvons dans la dernière rangée. Nous nous asseyons.

Les étudiants ont pris place devant nous dans la salle, leurs parents et amis sont assis dans les gradins. Une fois que tout le monde est installé, les élèves se lèvent et conformément à la tradition ils applaudissent le corps enseignant.

Une fois que les applaudissements se tarissent nous nous rasseyons.

Je déboutonne ma veste de costume afin de révéler ma cravate grise. Si d’aventure les yeux de Miss Steele se posent sur moi et qu’elle me reluque elle comprendra.

Le Recteur se lève, il se dirige vers le pupitre puis commence son discours d‘introduction.  Je la cherche discrètement dans cette foule d’étudiants tous vêtus de la même robe longue et du même chapeau. Je la cherche comme une planète perdue cherche son soleil.

Non ce n’est pas elle… Non, ce n’est pas cette brune. Ce n’est pas elle… Je scrute les visages un par un l’air indifférent et décontracté.

Elle est là ! Nos regards se croisent. Elle essayait de se planquer dans son siège ! Pourquoi ? Je la regarde impassible, le regard vide. Mais en proie au doute. Même à cette distance je sais que j’ai trouvé mon soleil. J’ai trouvé ma place. J’ai trouvé mon âme. Elle est là. C’est à la fois un soulagement et un désagrément. Elle va bien mais elle n’a pas répondu à mes mails ni à mes appels téléphoniques. Pourquoi a-t-elle fait ça ? Pourquoi essaye t’elle de me quitter alors que je la vois se tortiller sur sa chaise même quand je suis à cette distance. Je sais qu’elle me veut. Nous avons le même effet l’un sur l’autre ! Nous sommes perdus l’un sans l’autre ! C’est dans l’autre que nous trouvons la plénitude.

Son regard descend sur ma cravate qui a l’effet que j’escomptais. Ce n’est que le flush bébé. J’ai encore mon plan B avec un full, un carré de rois et une quinte flush. Oui j’ai l’intention de gagner aujourd’hui ! J’esquisse un sourire en la voyant se tortiller de plus en plus sur sa chaise bien qu’elle essaye de se contenir. Elle est en train de se remémorer tout ce que nous avons fait à l’aide de cette petite cravate qui est devenue mon arsenal de guerre préféré. Ceci dit ses tortillements produisent leur effet sur moi et je sens que je ne vais pas tarder à bander.

Putain ! Faut arrêter ça tout de suite compte tenu de l’assemblée qui m’entoure. Je ferme brièvement les yeux en essayant d’échapper à son enchantement. Car si je la regarde je vais me retrouver à faire mon discours avec le perchoir dressé dans mon pantalon !

Quand je rouvre les yeux, mon regard impassible a fait son retour et j’observe le Recteur dont je suis sûr que la vue va immédiatement calmer mes ardeurs. Je cherche à me focaliser sur des choses inintéressantes et je choisis de me concentrer sur le drapeau de l’université qui se trouve suspendu au dessus de la porte d’entrée. Je ne dois absolument plus la regarder au risque de ressentir de dangereux effets secondaires dus à mes désirs sexuels refoulés depuis des jours et à mon échec de la nuit dernière. Je ne peux pas prendre ce risque. J’ai tout simplement envie d’être avec elle, de la posséder, de lui faire l’amour- bon ça va peut être se faire plus tard- j’ai besoin de la baiser de toutes les manières possibles durant un jour et une nuit juste pour apaiser un peu ce putain de feu qui me consume ! Donc j’évite de la regarder.

Je suis tiré de mes pensées en entendant le nom de Katherine Kavanagh qui est appelée pour prononcer le discours d’adieu. Elle captive l’auditoire ce qui ne me surprend pas, elle sait manier la foule et elle est incontestablement la digne fille de son père.

Néanmoins sa prestation m’impressionne. A la fin de son discours l’assistance est en délire et elle a droit à une standing ovation y compris par ses pairs.

Puis vient mon tour. Le Recteur prend la parole : « Je voudrais maintenant vous présenter un jeune homme d’affaires qui a réussit à trouver sa place non seulement dans l’état de Washington mais dans l’ensemble des USA ainsi que sur la scène internationale. Il est aussi un mécène très généreux de notre université. Je vous prie d’accueillir Christian Grey. » En entendant mon nom le public applaudit poliment. Je prends place au pupitre.

« Je suis profondément touché et reconnaissant de l’honneur que me fait aujourd’hui le Recteur de la Washington State University. Merci ! Cela me donne l’opportunité de parler du travail impressionnant réalisé par le département des sciences de l’environnement ici même. Nous cherchons à mettre au point des méthodes agricoles viables et écologiquement durables dans les pays en voie de développement, afin d’aider à éradiquer la faim et la pauvreté dans le monde… »

Je continue à parler des pays d’Afrique, d’Afrique Sub-Saharienne et d’Amérique du Sud dans lesquels les destructions écologiques font des ravages et provoquent la famine. Brièvement j’évoque la faim que j’ai connue avant mon adoption. Je le dis pour Anastasia. Certes je le révèle aux autres mais je veux qu’elle sache qu’en fin de compte je suis quelqu’un d’accessible, qu’il y a des choses plus importantes à mes yeux que ce que je fais dans ce qu’elle appelle La Chambre Rouge de la Douleur. Que je n’ai pas toujours été riche, que j’ai tracé ma route. Je me suis fais tout seul, je n’ai hérité de rien, il faut qu’elle sache que j’ai travaillé comme un forcené pour en arriver là. Parce que je ne veux plus connaitre la pauvreté et la faim. Plus jamais ! Je veux qu’elle comprenne pourquoi je suis un obsédé du contrôle et pourquoi je lui demande de manger et de finir son assiette.

Everything I Do - Bryan Adams

Voilà cette révélation est un compromis que je fais pour elle. Bien qu’il soit de notoriété publique que j’ai été adopté, les détails sur mon passé ne le sont pas et ils sont presque impossibles à découvrir sauf pour un sale petit fouineur. Cette partie de mon passé m’appartient et libre à moi d‘en parler. Tu vois Miss Steele, je peux être communicatif… Pour toi, j’étale une partie de mon sinistre passé... Moi,  Christian le givré je te révèle la genèse de ma folie merdique ! Prends-moi comme je suis. En temps normal je n’aime pas parler de ce que je fais pour les autres. Peut être que je tente encore de supprimer la faim du petit garçon que j’étais mais mon équipe me dit que c’est une bonne chose pour l’université qu’un homme dans ma position soit en première ligne pour lutter contre la famine et que ça attire d‘autres donateurs.

Je conclus mon discours en disant :  « C’est une journée très importante pour moi… » je la regarde discrètement. Je souris à l’auditoire après avoir terminé et même Miss Kavanagh la trancheuse de couilles m’applaudit avec ferveur.

C’est maintenant l’heure de la remise des diplômes. Il y a près de 400 diplômes à remettre et, oh mon Dieu ! Son nom commence par la lettre ‘S’. Une heure plus tard, après avoir serré un nombre incalculables de mains et remis je ne sais combien de diplômes, j’entends enfin son nom. Mon cœur palpite. Je suis soulagé de la voir enfin. Mon regard se réchauffe mais je reste réservé. Elle vient vers moi, je tiens son diplôme. Dès que nos mains se touchent la décharge familière nous parcourt tous les deux.

« Félicitations Melle Steele » dis-je en lui serrant la main et en la pressant doucement. Je me penche légèrement, « Ton ordinateur est en panne ? dis-je tout en lui tendant son diplôme.

« Non. » elle fronce les sourcils, perplexe;

« Donc tu ignores mes messages? » je suis peiné, mais je repousse cette émotion et la cache bien.

« Je n’ai vu que celui concernant la fusion-acquisition en cours. » Qu’est-ce qu’elle raconte ? Je suis embrouillé ! J’y suis ! Elle parle du mail que j’ai envoyé hier soir. Donc elle n’avait pas vu mes autres mails.

Voyant que la file des étudiants s’allonge je lui dis « à plus » et elle avance. Une heure passe encore à serrer les pinces de mâles et femelles ébahis. Enfin tous les diplômes ont été remis et je prends garde à ne prêter aucune attention à Miss Steele. Elle va me désirer encore plus et me suppliera avant la fin de la nuit. Je quitte la tribune avec Kate Kavanagh et tous les professeurs sans jeter un regard vers Ana.

La cérémonie étant terminée je prends congé du Recteur et m’excuse un instant afin de m’entretenir avec Miss Kavanagh.

« Kate ! Il faut que vous alliez chercher Anastasia tout de suite ! » Elle me fusille du regard mais acquiesce et part à sa recherche. Pendant son absence je suis à nouveau accaparé par le Recteur et par deux professeurs qui piaffent d’envie de m’être présentés.

Je sens son regard dans mon dos alors qu’elle arrive avec sa copine. Je me tourne, elle est là.

« Veuillez m’excuser Messieurs. » Je souris à Kate et la remercie, et sans attendre une éventuelle réponse de sa part je saisis le coude d’Anastasia ayant épuisé toute la patience dont j’étais capable et je l’entraine hors de la foule à la recherche d’un endroit tranquille. Au final je jette mon dévolu sur le vestiaire des garçons, je la pousse à l’intérieur, m’assure qu’il n’y a personne et je verrouille la porte.

Puis je me tourne vers elle en la regardant sévèrement, j’ai accumulé trop de frustrations cette semaine.

« Pourquoi n’as-tu pas répondu à mes mails ni à mes SMS ? » Elle semble étonnée.

« Je n’ai allumé ni mon ordinateur ni mon téléphone aujourd’hui, j’étais occupée à me préparer. » Puis elle change de sujet, « En tout cas ton discours était très bien Christian. »

Just Another Day Without You - John Secata

« Merci. » dis-je par automatisme.

« Maintenant je comprends tes problèmes avec la nourriture. »

Je suis content que mes efforts aient portés leurs fruits mais à l’instant présent je m’en fous car je suis à moins de cinq centimètres d’elle et dans un état d’extrême nervosité. Je passe mes deux mains dans mes cheveux car je suis doublement exaspéré. N’est-elle pas fichue de comprendre combien j’étais inquiet de la voir conduire cette épave ? Elle n’a ni écrit ni téléphoné ni envoyé un SMS… Elle est irresponsable ! Je n’avais aucune prise sur elle et il a fallu que j’aille trouver Kate Kavanagh pour savoir si elle était vivante ! Elle me met sur le grill et elle me torture !

Je fais quelques pas dans l’espace réduit afin de me calmer et je me retourne vers elle une fois que j’ai repris le contrôle de mes nerfs. « Anastasia, je n’ai pas envie de parler de mon passé pour le moment. » Je ferme les yeux, je souffre de ne pas la posséder, de ne pas avoir mon mot à dire pour sa sécurité, qu’elle me défie et de ne rien pouvoir faire pour l’en empêcher et tout cela me tourmente énormément. Je la regarde sans chercher à dissimuler l’intensité de ma souffrance : « J’étais malade d’inquiétude Ana ! »

« Pourquoi? »

Voilà elle ne m’a pas écouté hier soir !

« Parce que tu roules dans une épave ! N’est-ce pas une raison suffisante ? »

« Quoi ? Wanda ! Ma voiture n’est pas une épave. José l’entretient régulièrement ! » De quoi de quoi ? L’apprenti violeur est aussi son garagiste ? Cet enculé qui m’a tourmenté dans mon cauchemar la nuit dernière ? Mes yeux deviennent aussi froids que des glaçons. J’ai du mal à me contenir. Je sens la jalousie m’envahir en quelques secondes.

« José ? Serait-ce le photographe ? L’apprenti violeur ? Dis-je en plissant les yeux.

« Oui c’est lui. Il connait parfaitement la voiture c’était celle de sa mère. » Elle a débité sa phrase à toute allure pour tenter d’apaiser ma colère qui monte en flèche.

« Bien sûr, c’est sans doute un héritage familial transmis depuis son arrière arrière arrière grand-mère ! Cette voiture est dangereuse ! Dis-je la voix cassée sous le coup d’une émotion inconnue.

« Christian tu dramatises, je conduis cette voiture depuis trois ans. Je suis sincèrement désolée de t’avoir causé autant d’inquiétude. Ce n’était pas mon intention. Pourquoi ne m’as-tu pas téléphoné ? »

Ca serait débile de m’asseoir là et de lui expliquer que j’ai téléphoné, envoyé des mails et des textos un nombre incalculable de fois. J’ai besoin d’avoir une réponse avant de m’embraser devant ses yeux. Je suis en train de perdre le contrôle. La situation m’échappe et elle est si proche que je ne suis pas sûr de tenir le coup. Je prends deux grandes inspirations en fermant les yeux pour retrouver mon équilibre. Il semble que je perde tout contrôle en sa présence. De toute façon son absence me fait le même effet. En pire ! Bon sang mais qu’est-ce qu’elle me fait ?

Je rouvre les yeux et la dévisage : « Anastasia, j’ai besoin que tu me répondes. Cette attente me rend fou. »

I'm on Fire - Bruce Springsteen

« Christian… écoute j’ai laissé mon beau-père tout seul et il m’attend. »

« OK, tu as jusqu’à demain. Je veux…, j’ai besoin d’avoir ta réponse d’ici demain. »

« D’accord tu auras ma réponse demain. »

Je veux être sûr qu’elle est sincère et pas en train de se moquer de moi. Je fais un pas en arrière et la regarde. Son attitude me laisse penser qu’elle dit la vérité ce qui me soulage. Instantanément je me relaxe, je ne m’étais même pas rendu compte que tout mon corps de mes orteils jusqu’aux épaules était tendu.

« Tu restes prendre un verre ? »

« Ca dépend de ce que Ray a envie de faire. » Pour la première fois depuis que j’ai commencé à me détendre je réalise que son beau père est là. J’aimerais le rencontrer, ça pourrait me permettre de mieux connaître Anastasia.

« J’aimerais que tu me le présentes. »

Elle tire la gueule. « Christian, je ne crois pas que ce soit une bonne idée. »

Sa remarque me blesse au plus profond de moi.

« Tu as honte de moi ? »

« Non ! »

« Alors pourquoi pas? »

« Christian je te présente comment ? ‘Papa je te présente l’homme qui a défloré ta fille et qui veut entamer une relation sado-maso avec elle. Voici mon éventuel futur dominant. ’ Et bien j’espère que tu cours vite. » J’aime bien être en colère après elle, mais je me surprends à esquisser un sourire que je suis incapable de dissimuler.

« Sache que je cours très vite en effet, » dis-je en souriant. « Pourquoi ne me présentes tu pas juste comme un ami ? »

Je déverrouille la porte et nous sortons. Je rejoins le Recteur, les trois Vice-Recteurs, quatre professeurs et Katherine. Nous sommes tous surpris de voir Anastasia passer en courant comme si elle avait tous les démons de l’enfer à ses trousses. Moins de cinq minutes plus tard je la vois marcher bras dessus dessous avec son beau-père. Mais tout d’un coup surgit de nulle part une espèce d’enculé qui la soulève de terre et la fait tournoyer dans ses bras. C’est un type blond, élégant et manifestement sûr de lui. Katherine remarque que j’observe la scène mais avant même qu’elle ait pu dire quelque chose je m’excuse et je fonce en direction d’Anastasia. Katherine est sur mes talons. Mon regard glacial est rivé sur Anastasia qui est enlacée par ce connard de blondinet. Si un regard pouvait tuer ce salopard serait déjà mort.

Kate m’a rejoint alors que j’approche du trio, mes yeux ne peuvent se décoller des mains qui enlacent Anastasia. Ce type peut la peloter comme il veut mais moi elle ne veut pas me présenter à son père !  Kate me surprend car elle va directement saluer Ray et l’embrasse sur les joues.

« Hello Ray ! » dit-elle chaleureusement. Puis elle lâche sa bombe « Vous connaissez le petit ami d’Ana ? Christian Grey ? »

La tronche d’Anastasia… Faut voir ça une fois dans sa vie ! Ca n’a pas de prix. Je sais ce qu’elle pense : « Quatre années d’université = 100.000 $, Robe et Chapeau pour la remise des diplômes = 200 $, ta meilleure amie présente ton éventuel futur dominant à ton père le jour de la remise de ton diplôme = ça c’est cadeau ! »

On dirait qu’elle hyper ventile, d’ailleurs elle n’a même pas pris soin de ramasser sa mâchoire qui dégringole jusque sur le gazon. Je pense que si Ray n’était pas là ça serait Katherine qui devrait courir vite. En fait je suis content d’être présenté comme son petit ami. Logiquement le connard devrait retirer ses mains mais il ne le fait pas.

« Monsieur Steele c’est un plaisir de faire votre connaissance. » dis-je en tendant la main à son beau père.

« Monsieur Grey. » il semble se remettre du choc qu’il vient de subir. Puis Katherine rouvre son bec : « Et voici mon frère, Ethan Kavanagh. »

Je le salue froidement puis je tends la main vers Anastasia « Viens bébé. » et je la tire pour l’éloigner des griffes de ce sale con. Involontairement sa sœur m’a filé un coup de main pour délimiter mon territoire et je suis étonnement satisfait du nouveau titre que je porte. Je me le répète dans ma tête histoire de voir la gueule que ça a : « Petit ami. Le petit ami d‘Anastasia. Voici le petit ami d’Anastasia. Son petit ami. » Ca me plaît bien ! Sans doute plus que ça ne devrait…

Je prends Ana dans mes bras. Comme par hasard Katherine dit : « Ethan, papa et maman voudraient nous parler » et elle entraine son frère qui se retourne pour nous observer Anastasia et moi.

Le beau père nous jette un regard inquisiteur et demande : « Alors les jeunes vous vous connaissez depuis longtemps ? » Il s’attache à garder un air impassible et taciturne mais je connais cette posture que j’ai appris à contrôler. Il a envie de poser des milliers de questions mais pour le moment il veut surtout savoir si sa fille est entre de bonnes mains.

Anastasia est lovée dans mes bras, elle a ôté sa robe d’universitaire, elle porte une robe dos nu. J’approuve ce choix, mes doigts caressent son dos. Je réponds calmement à son beau père : « Environ deux semaines, nous nous sommes connus quand Anastasia est venue m’interviewer pour le journal des étudiants. »

« Tu ne m’as jamais dit que tu travaillais pour le journal des étudiants Ana. » Il y a du reproche dans sa voix et il soupçonne un mensonge.

« Kate était malade, j’y suis donc allée à sa place. » Le beau-père acquiesce.

Puis il s’adresse à moi très aimablement : « Vous avez fait un très beau discours Monsieur Grey. »

« Je vous remercie Monsieur, » je décide de lui faire mon numéro de charme « J’ai cru comprendre que vous aimiez la pêche. » et c’est dans la poche, il accroche.

« Oui, j’adore la pêche ! » dit-il enthousiaste. « Vous êtes pécheur ? »

« Aussi loin que je me souvienne, mon père, mon frère et moi avons toujours été pécher. Vous savez… entre hommes… » Et il sourit, il comprend parfaitement. Nous parlons hameçons, appâts et eaux poissonneuses. Dans mon angle de vision je vois qu’Anastasia est étonnée de la tournure familière que prend cette conversation autour de la pêche mais aussi que ça l’emmerde copieusement. D’ailleurs elle s’excuse et file retrouver sa colocataire. Son absence me donne l’occasion de parler franchement avec son beau père.

« Monsieur, je vous en prie, je suis le petit ami de votre fille alors appelez moi Christian. » Il sourit d’une oreille à l’autre.

« Christian. » dit-il, un homme qui aime la pêche est un ami, appelez moi Ray ! » Je vois qu’il le pense vraiment et voilà c’est fait nous sommes potes.

« Je suis si content de vous rencontrer Monsieur. » dis-je avec sincérité.

« Pourrais-je vous parler de la sécurité d’Ana, il y a quelque chose qui me préoccupe. » il est tout ouïe.

« Sa sécurité ? Serait-elle en danger ? » Il est gagné par l’inquiétude.

« Je le pense, mais ce n’est pas ce que vous croyez. J’ai vu la voiture qu’elle conduit et je la juge dangereuse. Mais il semble qu’elle y soit attachée parce que c’est vous qui lui avez offert. Je pourrais facilement arranger cela car je ne me pardonnerais jamais qu’il lui arrive quelque chose. Aussi je vous demande si vous n’avez pas d’objection à ce que je remplace son véhicule actuel par un autre muni de tous les équipements modernes de sécurité. Cela me tranquilliserai et vous aussi j’en suis certain.
« Christian c’est une offre très généreuse, mais je ne pourrai pas vous rembourser… » Je lève la main pour l’interrompre.

« Monsieur, il ne s’agit pas d’un emprunt, mais d’un cadeau pour l’obtention de son diplôme. Je n’ai pas envie de lui acheter quelque chose dont elle n’a pas besoin quand je peux nous offrir à tous les deux la tranquillité de savoir qu’elle conduit en sécurité. Je me fais beaucoup de soucis pour elle, elle semble être très imprudente ce qui augmente mon anxiété quand je la sais dans cette voiture. »

Quand Ray m’entend évoquer les problèmes d’imprudence d’Anastasia il sait de quoi je parle et en souriant il répond : « En ce cas Christian vous avez ma bénédiction. Allez-y. Je serai plus tranquille aussi ! »

« Merci Monsieur, je vous serais reconnaissant de ne pas lui en parler car je veux lui faire la surprise. » Il me tape dans le dos en guise d’approbation.

Juste au moment ou nous terminons cette conversation, Ana réapparait. Son beau-père demande où sont les toilettes et Anastasia lui indique la direction. « Bon les enfants je vous rejoins plus tard. Amusez-vous bien. » Anastasia me regarde inquiète. Un photographe s’approche et nous demande s’il peut prendre un cliché. Je souris intérieurement. J’ai encore eu trois premières aujourd’hui. J’ai rencontré le père d’Anastasia - c’est la première fois que je rencontre le père d’une fille, d’une soumise ou d’une esclave, puis je lui ai demandé l’autorisation de lui acheter une voiture et maintenant nous avons été pris en photo ensemble. Jamais je n’avais été pris en photo en compagnie d’une femme.

« Je vois que tu as aussi fait ton numéro de charme à mon père.. » Je me concentre sur ce qu’elle n’a pas dit. L’ai-je charmé elle aussi ?

« Aussi ? » dis-je en haussant les sourcils Elle rougit. Intimidée. Mais ça n’est pas seulement ça. Elle rougit plus souvent parce que son désir pour moi a grimpé de plusieurs crans. Je soulève son menton et caresse sa joue.
« Je donnerais n’importe quoi pour savoir ce que tu penses ? » Nous nous regardons les yeux dans les yeux. Sa respiration s’accélère. Bien que la tente soit bondée tout d’un coup nous sommes inconscients de la présence des autres. Il n’y a plus qu’elle et moi.

« Pour le moment je pense que tu as une bien jolie cravate. » Je ris aux souvenirs que cette cravate évoque pour nous deux. « Oui elle est chouette et depuis peu de temps elle est devenue ma préférée. »

All I Want is You - U2

Elle devient écarlate. Elle est adorable ! Elle est à point, elle me veut, elle a envie de faire l’amour avec moi là tout de suite. Son regard et sa gestuelle en disent long comme le fait qu’elle ignore tout ce qui nous entoure. La tension entre nous devient palpable.

« Tu sais que ça sera bon toi et moi bébé non ? » Elle ferme les yeux et murmure : «  Mais je veux plus. » Je sais qu’elle veut plus. Je le vois dans mes rêves depuis des jours. Elle veut des fleurs et des cœurs.

« Tu veux des fleurs et des cœurs. » Elle hoche la tête.

« Plus. » dis-je. Ce mot a un goût bizarre dans ma bouche. Je l’ai déjà utilisé et je ne l’aime pas. Je l’ai toujours refusé. Mais je suis là pour faire des compromis avec Anastasia. Je ne peux pas échapper à son enchantement. Je ne sais pas si je suis capable de le faire. Je dois être franc avec elle.

Avec difficulté j’arrive à murmurer : « Anastasia, je ne sais pas faire ça bébé. »

« Moi non plus. »

Mon cœur fond. C’est mon bébé… je souris.

« Bébé tu ne connais pas grand-chose à l’amour. » Et le peu qu’elle sait elle l’a appris dans les bras de votre serviteur.

« Et ce que tu connais ce sont les mauvaises choses. » Pourquoi pense-t-elle ça ?

« Mauvaises ? Elles ne sont pas mauvaises pour moi, je t’en prie essaye. » Je penche ma tête de côté et je lui décroche le sourire spécial Anastasia. Je la mets au défi d’oser franchir le pas.

Elle soupire puis me regarde intensément. J’ai peur qu’elle dise « Non ! » et qu’elle parte en courant. Mais je manque de faire un infarctus quand je l’entends dire :

« D’accord »

Je n’en crois pas mes oreilles ! J’essaye de lire dans ses yeux pour être sûr de ne pas me méprendre. Elle déglutit.

« Hein ? Quoi ? »

« J’ai dit d’accord… je vais essayer. »

Je n’ai jamais été aussi heureux de toute ma vie. Mais je ne veux pas me faire de fausse joie au cas où j’aurais mal compris. Mon cœur n’y résisterait pas !

« Tu acceptes notre accord? » Il y a  de l’incrédulité dans ma voix.

« Oui, sous réserve des limites à négocier. Mais oui, j’essaierai. » dit elle d’une petite voix.

La troisième fois c’est la bonne ! J’exulte. C’est mon anniversaire, c’est Noël, c’est un cadeau à la fois inattendu et désiré. Je la prends dans mes bras et je ferme les yeux.

« Mon Dieu Ana, tu es imprévisible. Tu me coupes le souffle. » Je suis en admiration devant elle. Je ne sais pas si je dois la garder dans mes bras, l’embrasser ou tout simplement l’emmener loin d’ici pour être seul avec elle. Il n’y a pas de mot pour exprimer mon bonheur. Je suis comblé.

Take my Breath Away - Berlin

Son beau père réapparait alors que je suis empêtré dans mes pensées. Je suis si content que je suis incapable de cacher mes sentiments et même si le pape débarque en personne pour me houspiller je m’en fiche. Mes yeux brillent avec l’éclat d’un bonheur non dissimulé.

« Annie, on pourrait manger quelque chose? Je meurs de faim. »

« D’accord. » dit-elle en tentant de recouvrer ses esprits. Ray s’adresse à moi et me propose de me joindre à eux pour déjeuner.

Anastasia me jette un regard affolé à l’idée de se retrouver sous la surveillance des deux hommes de sa vie. Cette pensée me rend encore plus heureux. C’est moi l’homme de sa vie maintenant ! Moi ! Putain ! Je ne crois pas qu’un empereur victorieux puisse être aussi  fier et heureux que je le suis en ce moment. Donc je vais te laisser seule avec ton père Miss Steele. A partir de maintenant je peux accepter de me passer un peu de toi sachant que tu reviendras dans mes bras, là où est ta place…

« Je vous remercie Monsieur Steele, mais je suis déjà pris. J’ai été honoré de vous rencontrer. »

« Moi de même Christian, prenez soin de ma petite fille. » dit-il avec un regard de conspirateur.

Ca me fait sourire. « J’en ai bien l’intention Monsieur Steele. » On se serre la main puis je regarde Anastasia. Elle me coupe le souffle. Je prends sa main et la porte à mes lèvres. Je murmure à son oreille : « A plus tard Miss Steele, » d’une voix chargée de promesses que j’ai la ferme intention de tenir.

Just Died in Your Arms - Cutting Crew

*****

Comme toujours, quand il est temps de partir, Taylor vient me trouver. Il me regarde, son visage reste parfaitement impassible mais je l’entends pousser un discret soupir de soulagement puis murmurer « Félicitations Monsieur ! » Comme si j’avais réussi une mission périlleuse sans la moindre égratignure. Je hoche la tête en guise de réponse, je suis encore complètement sonné.

« Où allons-nous Monsieur ? »

« Ramenez-moi à l’hôtel Heathman. » J’ai besoin de déjeuner et de travailler maintenant que j’ai réussi à la conquérir.

Je passe la commande et je me mets au boulot.  Dans la soirée nous sortons courir avec Taylor qui a retrouvé sa bonne humeur. Bon sang ! Cette femme n’a qu’à remuer le petit doigt pour faire perdre la tête aux hommes. Elle va me tuer, ma jolie sorcière… En rentrant je prends une douche. J’enfile rapido mon tee-shirt blanc et un jean puis je me propulse sur mon portable pour envoyer un mail à Anastasia.
_______________________________________________
De: Christian Grey
Objet: Limites à négocier
Date: 26 Mai 2011 17:23
À: Anastasia Steele

Que puis-je dire de plus que ce que j’ai déjà dit ? Je serai ravi d’en discuter quand tu voudras. Tu étais ravissante aujourd’hui.

Christian Grey
PDG, Grey Enterprises Holdings Inc.
_______________________________________________

Putain j’ai du mal à me contrôler. Sa réponse est instantanée. Je clique dès que j’entends le signal d’arrivée de l’email. Mes mains tremblent.
_______________________________________________

De: Anastasia Steele
Objet: Limites à négocier
Date: 26 Mai 2011 17:24
À: Christian Grey

Je peux passer ce soir pour en discuter si tu veux.
Ana
_______________________________________________

Si je veux ? Bébé, de toi j’ai attendu depuis un bout de temps un simple hochement de tête ! J’ai été privé de ton affection. Si elle ne sait pas se servir du sexe pour punir ou s’il elle n’a pas un don inné pour le faire je veux bien changer mon nom ! Je suis prêt à exploser.

Mais primo je ne veux pas qu’elle conduise son tas de ferrailles et secondo si elle vient avec, elle pourra partir quand bon lui semblera. Je veux poser mes conditions. Je lui envoie une réponse.
_______________________________________________

De: Christian Grey
Objet: Limites à négocier
Date: 26 Mai 2011 17:28
À: Anastasia Steele

Anastasia, c‘est moi qui vais venir. S’il te plait crois-moi quand je dis que j’ai peur que tu conduises cette voiture. J’arrive tout de suite.

Christian Grey
PDG, Grey Enterprises Holdings Inc.
_______________________________________________

« Taylor ! »

« Oui Monsieur. »

« Deux choses : Appelez le bar et demandez leur une bouteille de Bollinger grande année rosé 1999, le champagne doit être frais. Que la SUV soit prête dans dix minutes pour me conduire chez Mademoiselle Steele. Vous me déposez et passerez me reprendre à 21 heures.

« Oui Monsieur. »

J’imprime une copie de l’email d’Anastasia et une copie du contrat. Je plie les documents et les glisse dans ma poche. Quelle drôle de petite bonne femme tu es Anastasia ! Tu mets les hommes à genoux d’un simple regard et tu ne t’en rends même pas compte !



She's Always a Woman - Billy Joel

Je ferme la porte de ma suite et je descends rejoindre Taylor.



17 comments:

Julie RION said...

Oh c'est déjà terminé ;-( On ne se lasse pas de Mr Grey...

A quand la suite en anglais ?

Bon we...

elisabeth ze translator said...

hello julie

Pour la suite en anglais je ne sais pas, mais je promets pour la semaine prochaine un chapitre bonus absolument fabuleux.
bizz

Eminé Fougner @ Cowboyland said...

Bonjour Julie!

Le nouveau chapitre sera publié en Anglais ce soir à 8:00. (PST - California time)

Anonyme974 said...

Bonsoir Eliabeth, bonsoir Émine
De plus en plus j'ai hâte de lire un nouveau chapitre.Les discours completent parfaitement le personnage de Christian. Je veux vous remercier c'est un travail de fourmi fabuleux. Merci de nous faire cette faveur. Mes collègues avec qui je partage ces chapitres sont toutes aussi fascinées. Néanmoins c'est dure d'attendre le vendredi même si de temps en temps je lis les chapitres en anglais.
Merci.
Ps: je suis une réunionnaise pour vous dire que votre site est lu au delà des océans.

Elisabeth ze translator said...

Coucou les veinardes de la Réunion !
Merci merci de ces compliments que je vais transmettre à Eminé séance tenante. Je me doute bien qu'attendre le vendredi est un peu frustrant. De mon côté j'ai la chance d'avoir un boulot donc je ne peux traduire que le soir et ça me prend pas mal sur mes loisirs. Par ailleurs, une semaine n'est pas de trop pour obtenir un résultat sans répétitions et sans fautes et, il me semble, dans un français agréable. Donc il n'y à pas que la traduction mais aussi l'adaptation et une bonne vingtaine de reléctures pour vous proposer un chapitre "propre". Pour une fois je suis moi aussi impatiente d'être à vendredi prochain car le prochain chapitre est un "bonus" complètement inédit et FABULEUX;, j'ai adoré le traduire et l'adapter. Je suis toute émoustillée à l'idée de recueillir vos réactions la semaine prochaine. Si ça ne vous plait pas je ferai une dépression nerveuse...
merci du commentaire
profitez bien du soleil car il pleut à Paris
à vendredi
bizz
Elisabeth

Julie RION said...

Bon et bien merci pour cette révélation concernant ce chapitre surprise ;-)

Vivement vendredi alors ;-)

Je comprends parfaitement que cela prenne un temps fou étant moi-même "auteur", je suis dans le cas, en proposant qqes pages de mon roman par jour, la correction et la rererelecture (lol) étant un gros travail...

A vendredi ;-)

Steph said...

Je dépose un commentaire seulement maintenant tellement j'étais captivée par les chapitres précédents. J'étais désespérée en lisant le Tome 3, de savoir qu'il n'y aurait pas de suite concernant le POV de Christian. Imaginez ma joie en découvrant ce blog !!!
Mille mercis pour cet énorme travail ! J'attends la suite avec une impatience folle. Mais n'étant pas patiente de nature, je crois que j'irai fouiner en anglais d'abord. Ca me tente cette idée de chapitre bonus.
MERCI ENCORE !!!!

elisabeth ze translator said...

Madame James est bien gentille mais ses romans sont truffés d'énigmes. Eminé s'est chargée de combler les lacunes. Au moins nous allons comprendre comment Christian en est arrivé là. Et puis ça me plaît bien de savoir ce qu'il à dans la tête, à vous aussi non?
à vendredi donc!
EM

Anonymous said...

Coucou tout le monde !
J'ADORE ton site et les lectures même pas j'en parle...
J'ai lu les 3 tomes en 1 semaine alors les impressions de Christian, j'attends avec impatience la suite.
Merci encore pour ton travail que j'adore...
A trés vite.
Nora

Ali Pin said...

Pure bonheur de vous lire!!! J'ai hate d'être a demain!!! J'ai dévoré vos chapitres en français en une soirée!!!!

Ali Pin said...

Génial!! Vivement demain!!!

elisabeth ze translator said...

Ben pour le coup moi aussi je suis toute excitée d'être à demain. J'espère que vous allez aimer le chapitre bonus
des bizz

Renée Rodrigue Thibodeau said...

Bonjour !
Je m'appelle Renée,
Je suis du Quebec(Canada),votre blog fait fureur ici... Est ce qu'il va y avoir d'autre chapitre en français ?

Eminé Fougner @ Cowboyland said...

Bonjour Renée!
Nouveau chapitre vient le vendredi.
Chapitre suivant (Chapitre Bonus): LA REDEMPTION DE CHRISTIAN
le lien: http://eminethe1st.blogspot.com/2013/03/la-redemption-de-christian-chapitre.html

Nueveau chapitre: Chapitre XIV (Vendredi)

Merci!!

elisabeth ze translator said...

bonjour renee,
il y a un nouveau chapitre publie chaque vendredi

emine est ravie de faire fureur au quebec
bizz

PS desolee pour l absence d accent je suis a londres et les claviers qwerty ne sont pas ma cup of tea...

Anonymous said...

bonjour

Je vous remercie de traduire cela pr nous c très gentil ,j’attende la suite avec impatience g hâte de lire la suite !!mes collègue et amie de nouvelle Calédonie vs remercie !!
a quand les prochain chapitre???

Anonymous said...

bonjour

Je vous remercie de traduire cela pr nous c très gentil ,j’attende la suite avec impatience g hâte de lire la suite !!mes collègue et amie de nouvelle Calédonie vs remercie !!
a quand les prochain chapitre???