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Friday, March 22, 2013

Livre I en Français - Chapitre XV - Christian Grey et Anastasia Steele


CINQUANTE NUANCES DE FOLIE

Chapitre 15

Traduit par: Elisabeth Mazaltov
Edité parHélène B. et Elisabeth Mazaltov



Après l’extase, nous reprenons nos esprits. Je suis en complète admiration devant cette femme que je me suis approprié dans tous les sens du terme. Et elle n’a couché qu’avec moi. C’est une sensation incroyable pour un mégalomane ! Je viens seulement de prendre conscience de l’importance que ça a à mes yeux. En réalité je n’avais pas entièrement compris à quel point c’était important pour moi jusqu’à ce qu’elle me grimpe dessus, tâtonnant maladroitement pour me mettre la capote. Là j’ai réalisé qu’elle n’avait jamais fait ça à un autre homme. Qu’elle ne s’était jamais mise à califourchon sur un autre homme. Qu’elle n’avait jamais donné du plaisir à un autre. Qu’elle n’avait jamais été possédée par un autre. Elle est à moi dans tous les sens du terme… Complètement, absolument et irrévocablement ! A moi…

Elle est allongée sur mon, corps. Sa tête repose sur ma poitrine. Je sens des effluves de vanille, de savon, de grand air et de sexe sur ma femme : Il n’y a rien de plus enivrant, de plus excitant que d’avoir votre femme allongée sur vous rassasiée et comblée alors que vous êtes encore en elle, la tête dans les étoiles… Je ferme les yeux savourant cette sensation. Je ne me suis jamais senti comme ça avant. Jamais !

Alors que mes yeux sont clos, elle passe sa main sur ma poitrine. Bien que j’aie désespérément besoin et envie qu’elle me touche, je ne peux pas le supporter. Par réflexe ma main s’empare de la sienne. Elle semble contrariée. Mais son regard adoucit le mien, je porte sa main à mes lèvres et j’embrasse chacun de ses doigts. Puis je me tourne de façon à être sur elle.

« Ne fais pas ça. »  Je dépose un petit baiser sur ses lèvres.

« Pourquoi ne veux-tu pas être touché ? »

Comment pourrais-je lui dire que mes débuts dans la vie ont été horribles, que personne ne sait qui est mon père, que ma mère était une pute camée, que j’ai été martyrisé par son souteneur et qu’elle n’a pas bougé le petit doigt pour me protéger ? Et aussi que ma mère s’est suicidée quand j’avais quatre ans et que j’ai vais vécu à côté de son cadavre, dormi à côté de son cadavre en essayant de la réveiller pour qu’elle me console, me nourrisse et s’occupe de moi et ça pendant quatre jours ! Comment lui dire que je suis irrémédiablement esquinté et timbré ? Au lieu de ça je réponds : « Parce que je suis 50 nuances de folie Anastasia. »

Elle cligne des yeux. « J’ai eu des débuts très durs dans la vie Anastasia. Je ne veux pas t’imposer les détails. Mais ne me touche pas c’est tout. » Je frotte mon nez contre le sien. Je me retire d’elle et je m’assieds.

« Je pense qu’on à couvert les basiques. C’était comment? » Dis-je en changeant de sujet. Après tout le sexe avec Anastasia est mon sujet préféré. Je suis ravi d’être son premier et unique instructeur.

Elle semble contrariée mais n’en dit rien. Je distingue  une émotion sur son visage sans pouvoir la définir est ce de la  tristesse, de la curiosité, du désir ? Elle veut me découvrir, elle veut en savoir plus mais comment lui parler sans éveiller sa curiosité à en savoir encore d’avantage sur ma montagne de problèmes.

Je la perdrais pour toujours… Si elle découvrait la véritable nature de  mes préférences. Je ne pourrais jamais lui en parler. Jamais ! Elle partirait en courant pour ne jamais revenir. Je ne peux pas la perdre. Elle penche sa jolie tête de côté comme je le fais souvent et se force à sourire.

« Ne t’imagine pas un seul instant que je t’ai cru quand tu as dit que tu me laissais prendre les commandes. Tu oublies que j’ai eu une mention excellent. » Dit-elle en me souriant timidement. « Mais merci de m’en avoir donné l’illusion. »

Elle est intelligente et alors que je pense avoir réussi à détourner son attention elle dit ou fait quelque chose d’inattendu. « Miss Steele vous n’êtes pas que jolie, mais vous avez déjà eu six orgasmes et vous me les devez tous. » Je m’en vante parce que je suis tout content de moi. Sur le coup son visage marque la surprise en découvrant que j’ai fait les comptes !

Elle rougit et cligne des yeux en même temps. Je l’observe en haussant les sourcils. Je viens de comprendre qu’elle me cache quelque chose. La jalousie s’empare de moi. Est ce qu’un autre lui a donné un orgasme et je ne serais pas au courant ? Non je refuse d’y croire. Elle est à moi. Se serait-elle masturbée? La curiosité vient s’ajouter à la jalousie :

« Tu as quelque chose à me dire ?” Mon ton est sévère.

Elle semble gênée et vire écarlate.

« J’ai fait un rêve ce matin. » Elle murmure ne sachant pas comment je vais réagir.

« Ah ? »

Honteuse, elle se met un bras devant les yeux et ajoute : « J’ai jouis en dormant. » Je suis plus que soulagé de l’apprendre. Je suis surtout soulagé que nul autre ne l’ait touchée. Elle est entièrement à moi ! Elle ne s’est pas touchée non plus, elle a respecté mes règles. Je suis silencieux à la fois tranquillisé et amusé. Comme une gamine elle passe sa frimousse sous son bras pour m’observer, elle voit que je souris.

« En dormant ? »

« Oui, ça m’a réveillé. »

« Je m‘en doute. » dis-je sachant oh combien ça peut être troublant. Si seulement elle savait qu’elle m’a provoqué le rêve le plus érotique de ma vie lorsqu’elle se tenait à distance.

«Tu rêvais de quoi ? » Je veux savoir ce qui lui a provoqué un orgasme. J’espère qu’elle rêvait de moi, car  elle est dans tous mes rêves et parfois quand je rêve qu’elle me quitte elle est dans mes pires cauchemars.

«De toi. »

Je suis ravi ! Elle a rêvé de moi, un rêve si érotique qu’elle en a eu un orgasme !

« Et je faisais quoi ? » Maintenant elle met ses deux bras devant ses yeux. Elle est si embarrassée qu’on dirait une petite fille effarouchée. Bon, ce n’est pas ça qui va m’empêcher de creuser la question. Pour une nouvelle c’est une bonne nouvelle ! Il faut que je sache ce que je faisais.

« Anastasia je faisais quoi ? Je ne me répéterai pas.»

“ Tu avais une cravache.” Elle enfouit son visage dans ses bras. Oh que je suis content d’apprendre cela. Non seulement elle me désire mais elle a tellement envie d’essayer les accessoires qu’elle en rêve la nuit ! Je repousse ses bras doucement.

« Vraiment ? »

“Oui.” Là voilà qui rougit à nouveau.

« Alors il y a de l’espoir. » je suis vraiment rassuré. « J’ai plusieurs cravaches. » Je me dis qu’on pourrait peut être en essayer une dimanche.

« En cuir marron tressé ? » J’éclate de rire. Si c’est le phantasme de son rêve je vais m’en procurer une. « Non, mais je vais en acheter une.” Mes yeux brillent d’excitation et d’impatience. Je me penche pour lui donner un petit baiser puis j’attrape mon boxer… Elle fait la moue. Taylor doit m’attendre dehors, je dois rentrer à l’hôtel. Elle tourne la tête pour regarder l’heure sur le radio réveil. Il est 21 h 40. Elle sort rapidement du lit, attrape son pantalon de survêt et son débardeur et les enfile. Puis elle se rassied en tailleur sur le lit et me regarde.

Je pense à dimanche prochain et combien j’ai toujours envie d’être en elle. Mon Dieu ! Je pourrais y passer ma vie ! Une pensée en amenant une autre je me demande si elle utilise une méthode contraceptive. Maintenant que nous avons entamé une relation nous devons choisir une contraception.  J’ai envie de passer du bon temps avec elle et je déteste les capotes. Pour dire la vérité, je suis carrément impatient d’en être débarrassé.

« Tes prochaine règles c’est pour quand ? »

“Quoi?” dit-elle en secouant la tête pas du tout sur la même longueur d’ondes que moi.

« Je déteste ces trucs. » Je rouspète en brandissant le préservatif que je jette par terre pour enfiler mon jean. Elle n’a pas encore répondu. Elle est plongée dans ses pensées.

«Alors ? » J’insiste et elle ne me répond toujours pas. Soudain elle semble mal à l’aise.  Elle est gênée avec moi ! Mais elle ne devrait pas être mal à l’aise avec moi, pas après tout ce qu’on a fait ensemble.

« La semaine prochaine. » dit-elle en contemplant ses mains.

« Il te faut une contraception. » Je ne veux pas la brusquer mais il est très important qu’on règle ce problème. J’ai l’intention de passer beaucoup de temps avec elle. Elle me regarde l’œil glauque  comme si je parlais en Grec. Euréka j’ai pigé ! Elle est très jeune et n’a jamais eu de relations sexuelles avant moi. Si ça se trouve elle n’a même pas de gynéco.

Je me rassieds sur le lit pour enfiler mes chaussettes et mes chaussures.
«Tu as un médecin? »  Elle secoue négativement la tête. C’est bien ce que je pensais.

« Si tu veux je peux demander à mon médecin de passer te voir dimanche matin avant que tu viennes me voir. Ou il peut passer chez moi. C’est comme tu veux. »

Elle réfléchit. Finalement elle préfère qu’il vienne chez moi.

« D’accord je te dirai à quelle heure il viendra. » Je dois penser à demander à Andrea de prendre le rendez vous. »

« Tu pars ? » demande t’elle étonnée avec un fond de tristesse dans la voix.

« Oui. »

« Comment vas-tu rentrer ? »

« Taylor va me récupérer. »

« Je peux te raccompagner si tu veux. J’ai une nouvelle voiture magnifique. » J’en reste sans voix, car sa première réaction était plus que désagréable. Elle ne cesse de m’étonner. Je la regarde incapable de cacher ma satisfaction.

« Voilà j’aime mieux ça. Mais je pense que tu as un peu trop bu. » Je ne veux pas qu’elle se mette en danger en me raccompagnant à moitié ivre.

En fine observatrice elle me demande : « Tu m’as fait boire exprès ? »

Je lui réponds honnêtement que oui. Je m’efforce toujours d’être loyal avec elle.

« Pourquoi ? »

« Parce que tu as tendance à trop penser, tu décortiques tout mais aussi parce que je suis convaincu que tu es taciturne comme ton beau père. En revanche, dès que tu ingurgites une goutte de vin tu te lâches et tu parles librement. J’ai besoin que tu communiques franchement avec moi bébé. Sinon tu es fermée comme une huitre, et je ne sais pas ce que tu penses. In vino veritas Anastasia. »

“Et tu trouves que tu es toujours honnête avec moi ? »

Je lui réponds que j’essaye de l’être. Il faut qu’elle comprenne qu’une relation de la nature de celle que nous entamons est basée sur la franchise. « Ca ne peut marcher que si nous sommes honnêtes l’un envers l’autre. »

Soudain elle semble triste. Son visage exprime une émotion qu’elle ne veut pas que je vois. Finalement elle prend son courage à deux mains et elle brandit la deuxième capote en disant : «  J’aimerais que tu restes et que tu utilises celle là. » ça me fait marrer. J’aimerais beaucoup rester et faire bon usage de cette capote mais je suis en train de transgresser trop de règles. Je ne dois surtout pas perdre le contrôle il est impératif que je garde la main. Je laisse cette ravissante et captivante jeune femme obtenir le meilleur de moi.

« Anastasia, j’ai enfreint trop de règles ce soir. Je dois partir. On se verra dimanche. J’aurai modifié le contrat et nous pourrons commencer à jouer.

« Jouer ? » Elle à l’air anxieuse.

Oui bébé on va jouer.

« J’aimerais jouer une scène avec toi. Mais pas avant que tu aies signé le contrat, pour moi ça sera la preuve que tu es prête. » Dis-je en guise d’explication.

« Donc si je ne signais pas je pourrais faire durer ce qui se passe entre nous ? Demande- t’elle sur le ton de la plaisanterie. Je la regarde pour jauger son comportement. Mon bébé veut jouer. Ca tombe bien moi aussi. Je souris.

« Eh Bien je pense que tu pourrais en effet, mais je risque de craquer. »

« Craquer? Comment ça? » Demande t’elle innocemment. Je hoche la tête en esquissant un sourire grimaçant.

« Ca pourrait se gâter méchamment. »

« Se gâter? Comment ?»

« Oh explosions, poursuites en voiture, kidnapping, incarcération. » dis-je nonchalamment.

« Tu me kidnapperais? »

« Oh oui. » Ne comprend t’elle pas à quel point je la désire? J’ai pourtant été à deux doigts de craquer pour elle.

« Tu me retiendrais contre ma volonté? » dit-elle dans un souffle. Je sens que la température est en train de grimper à toute allure.

« Oh oui. Et là on parle TPE 24/7. » Elle me regarde ébahie.

« Je suis paumée. » Elle parle d’une toute petite voix, elle est si proche que je pourrais entendre battre son cœur…

Elle ne sait pas si je suis sérieux ou pas. Que ferait-elle si elle savait que je suis vraiment sérieux?

« Total Power Exchange, relations maître-esclave 24 h sur 24. » mes yeux brillent d’excitation et le désir s’empare de moi.

« Tu vois tu n’as pas le choix bébé. »

« De toute évidence. » dit-elle en levant les yeux au ciel !

Oh merci mon Dieu ! Bébé j’ai tellement attendu ce moment pour te donner une leçon. Je suis plus qu’excité et enthousiaste à l’idée de la punir.

« Anastasia Steele, n’auriez vous pas levé les yeux au ciel devant moi? » Elle semble hésitante.

« Heu non. »

« Oh si tu l’as fait. Qu’avais-je dit que je ferais si tu levais encore les yeux au ciel? » J’affiche une mine triomphante.

Je m’assieds sur le bord du lit, attendant de recevoir mon prix qui se trouve être son joli cul.

« Viens ici. » dis-je doucement. Elle blêmit. Elle est immobile,  me regarde fixement en essayant de discerner si je suis sérieux ou pas.

« Je n’ai pas signé. » murmure t’elle.

« Je t’avais dit ce que je ferais Anastasia. Je suis un homme de parole. Je vais te donner la fessée, puis je vais te baiser très vite et très brutalement. Il semble que nous aurons besoin de cette capote en fin de compte» Mes yeux sont fixés sur elle, ma voix est à la fois douce et menaçante.

Bad Things - Jace Everett

Elle reste clouée sur place, je vois qu’elle est indécise tiraillée entre différents sentiments. L’envie, le besoin, la peur. Je ne la lâche pas du regard attendant qu’elle bouge, mes yeux sont fiévreux, mes paumes se contractent dans l’expectative. Elle hésite puis décroise ses jambes. Elle regarde la porte évaluant ses chances de pouvoir s’échapper. Elle cogite en pesant le pour et le contre.

« J’attends, je ne suis pas un homme patient. » Je la mets en garde avec une voix forte et un air sévère. Elle est effrayée, sa respiration est rapide mais elle semble aussi incroyablement excitée, juste comme j’aime. Lentement, les jambes tremblantes, elle rampe sur le lit jusqu’à moi. Intérieurement je soupire de soulagement.

« Gentille fille, maintenant debout. »

Elle se lève maladroitement. Je tends ma main et elle y  dépose le préservatif. Je suis si impatient à la fois de la punir et de la baiser qu’avec la vitesse d’un cobra je l’attrape et la renverse sur mes genoux. J’avais envie de ça depuis le jour ou elle m’a demandé si j’étais PD.

D’un mouvement souple je place mon corps de manière à ce que son torse repose sur le lit à côté de moi.  J’emprisonne ses jambes en plaçant ma jambe droite en travers des siennes puis j’immobilise le reste de son corps en mettant mon avant bras gauche au creux de son dos. Elle ne peut plus bouger.

C’est un putain de beau spectacle. Je suis plus qu’excité. J’ai du mal à me retenir de lui délivrer sa punition pour sa désobéissance qui a commencé du jour ou je l’ai rencontré.

« Pose tes mains de chaque côté de ta tête. » Elle obéit immédiatement.

Voilà enfin le moment d’énoncer le crime et de prononcer la sentence pour ses transgressions.

« Pourquoi je fais ça Anastasia? »

« Parce que j’ai levé les yeux au ciel » sa voix est presque inaudible.

« Tu trouves ça poli? »

« Non. »

« Tu vas le refaire? » Elle n’osera même pas tenter de le refaire après avoir goûté à cette punition.

« Non. » répond-elle instantanément.

« Je te donnerai la fessée à chaque fois que tu le feras. C’est compris? » Puis j’abaisse son pantalon très lentement histoire de faire durer le plaisir.

Souviens t’en bébé! J’adore ça. Je suis excité et heureux, mes paumes me démangent à l’idée de frapper son cul et de lui administrer de la douleur et du plaisir. Je sens les battements de son cœur.

Je pose ma main sur son cul d’albâtre, délectable et nu. Il est si beau, si mignon, si doux et bientôt il sera écarlate. Cette perspective m’excite au plus haut point.

Doucement je caresse son cul du plat de la main, afin de couvrir le plus de surface possible mais aussi d’infliger le plus de douleur. Puis, rapide comme un serpent je soulève ma paume puis claque son cul aussi fort que je le peux.¨

« Aïe ! » Elle essaye de se relever après le premier coup, elle se tortille. Je déplace ma main entre ses omoplates en la plaquant fermement contre le lit. Je la caresse à l’endroit où le premier coup s’est abattu. Ma respiration est haletante. Pour moi c’est comme le sexe, ça me fait le même effet. C’est un précurseur à l’orgasme mais c’est aussi plus fort, plus intense à cause de la douleur que j‘inflige. Je la frappe encore et encore  en cadence. Elle n’a plus émit un son après « aïe.» Elle se tortille en essayant d’échapper aux coups mais elle ne dit rien. Je sais que ça fait mal parce que ma paume est douloureuse et que ça me surexcite.

« Tiens toi tranquille ou je vais te fesser plus longtemps. »

Je la caresse pour que le sang qui remonte à la surface de la peau se répartisse harmonieusement comme ça, son cul diaphane devient parfaitement écarlate.  J’ai mis au point cette technique après des années d’entraînement : caresser, frapper fort. Et on recommence : caresser, frapper fort. Elle n’a toujours pas émis un son depuis son « aïe » de surprise ce qui m’enflamme encore plus. Je suis épaté par son endurance. Je ne la frappe pas deux fois de suite au même endroit car le reflexe naturel du corps est de libérer des hormones qui engourdissent la zone douloureuse. C’est la raison pour laquelle je caresse pour répandre la sensation et je ne frappe pas immédiatement au même endroit c’est comme ça que c’est le plus douloureux. Au dixième coup elle crie : « Aaaah ! »

« Ce n’est qu’un échauffement. » dis-je en la frappant à nouveau puis en la caressant. Le résultat est double : la claque provoque la douleur escomptée mais éveille des sensations à l’intérieur qui sont amplifiées par la caresse. C’est stupéfiant. Je la frappe encore… Je fais le compte dans ma tête et je me régale. Ca satisfait l’appétit de la bête qui sommeille en moi ! Je la caresse doucement puis je la frappe.  Cette fois ci elle crie à nouveau.

« Il n’y a personne pour t’entendre bébé. Sauf moi. » Et les claques pleuvent encore et encore. Claque, caresse et on recommence. Onze. Douze. Treize. Je compte dans ma tête. Je continue à mon rythme, implacable. Elle crie à chacune des claques suivantes ce qui me rend encore plus désireux de la baiser. Ma dernière claque est la dix huitième.

Ma main me fait mal et je finis par dire : « Assez. »

Je suis étonné de la façon dont elle a enduré sa punition sans pleurer. « C’est bien Anastasia. Maintenant je vais te baiser. » Je caresse son cul avec tendresse. Il est rose framboise bordé de rouge. Mission accomplie ! Puis j’insère deux doigts en elle la prenant complètement par surprise. Elle halète parce que cela lui procure du plaisir après la bonne fessée qu’elle a reçue. Je la découvre excitée et mouillée comme j’espérais qu’elle le soit ce qui me ravi.  Mon désir monte en flèche.

« Sens ça. Vois comme ton corps aime ça Anastasia. Tu mouilles rien que pour moi. » Je suis admiratif et ça s’entend dans ma voix. Elle ne cesse de m’étonner. Je fais aller et venir mes doigts rapidement. Elle gémit. Puis je les retire sachant qu’elle est prête… pour moi.

« La prochaine fois je te ferai compter les coups. Bon elle est où cette capote ? »

Je la soulève en douceur  pour l’allonger sur le ventre. Je descends ma fermeture éclair, déchire l’emballage de la capote puis je la déroule sur mon sexe. Je lui ôte complètement son pantalon de survêt et je lui demande de s’agenouiller. Je caresse son cul endolori avec un désir accru.

« Maintenant je vais te prendre. Tu as le droit de jouir. » Et je la pénètre d’un coup de rein brusque. Elle gémit bruyamment. Je me retire puis m’enfonce à nouveau en elle puis je la pistonne à un rythme rapide. A chaque poussée je claque intensément son cul dont la couleur soutenue me surexcite.

Sa tête est penchée, ses gémissements indiquent qu’elle ne va plus tarder à jouir. Ses mains se contractent en empoignant les draps. Cette vision me transporte, mes muscles se tendent et nous explosons ensemble dans un orgasme intense.

Je crie son nom en jouissant, la tenant fermement alors que je me déverse en elle. Je m’effondre à ses côtés puis j’enfouis mon visage dans ses cheveux en la tenant contre moi. Je suis repu et heureux. J’ai trouvé ma partenaire. Celle qui peut  pleinement me satisfaire et qui peut prendre possession de moi. 

« Oh bébé, bienvenue dans mon monde » Nous restons allongés, haletant tous les deux, attendant de retrouver une respiration normale. Je suis en admiration devant cette femme qui est dans mes bras. Elle est ma partenaire parfaite dans tous les sens du mot. Comment pourrais-je la laisser s’en aller ? Je caresse ses cheveux tandis qu’elle est encore allongée sur mon torse complètement épuisée juste comme j’aime.

Je sens encore ses cheveux en inspirant profondément.

Je murmure à son oreille : « Bravo bébé. » il y a de la joie dans ma voix. Je tire sur une bretelle de son débardeur. Avec tendresse je lui demande : « C’est avec ça que tu dors ? »

« Oui. » chuchote t’elle sommeillante.

Elle mérite mieux que ça. J’ai envie de lui acheter des vêtements. « Ma beauté, tu devrais porter de la soie et du satin. Je vais t’emmener faire du shopping. »

« J’aime mon sweat. » dit-elle d’un air mécontent ce dont je ne suis pas dupe. Elle essaye encore de me défier. Je l’embrasse sur le front. « On verra. » On va aller faire les boutiques et lui acheter de jolis vêtements. Nous restons allongés encore quelques minutes, elle somnole dans mes bras.

« Je dois y aller, est-ce que ça va ? » Elle réfléchit un instant puis m’assure qu’elle va bien. Je sors du lit.

« Où est la salle de bains ? »

« Au bout du couloir à gauche. »

Je ramasse l’autre préservatif et me dirige vers la salle de bains. Je jette la capote dans la poubelle puis je fais un brin de toilette. Je regarde dans  l’armoire à pharmacie et y trouve une bouteille d’huile pour bébé. Ca ira pour soulager ses fesses endolories. En retournant dans la chambre je la trouve rhabillée de son survêtement, la tête dans les mains. Elle ne me regarde pas, elle fixe ses mains.

« J’ai trouvé de l’huile pour bébé. Laisse-moi t’en mettre sur les fesses. »

« Non ça ira. »

« Anastasia ! » C’est un avertissement. Elle finit par se lever face au lit. Je m’assieds à côté d’elle, je descends son pantalon. Je verse de l’huile dans ma main puis j’enduis ses fesses avec précaution.

Pour une raison que je ne m’explique pas je considère son cul comme un objet sacré dont je n’arrive pas à détacher mes mains.

« J’aime te toucher. » Elle hoche la tête.

« Voilà. » dis-je en remontant son pantalon.

« Je m’en vais maintenant. » Taylor m’attend depuis un bon moment.

Elle regarde l’heure sur la table de chevet. Il est 22 h 30.

« Je te raccompagne. » dit-elle sans me regarder. Je prends sa main et la conduit vers la porte d’entrée.

« Tu ne dois pas appeler Taylor ? » elle évite toujours de me regarder, je sais que c’est à cause de la punition.

« Taylor est là depuis 21 heures. Regarde-moi. »  Elle a du mal à lever les yeux, quand finalement nos regards plongent l’un dans l’autre mes yeux sont éclatants. Elle m’émerveille, je suis en admiration devant elle.

« Tu n’as pas pleuré. » Elle est mon soleil. Une pulsion me pousse à l’enlacer et à l’embrasser passionnément.

Sur ses lèvres je murmure « à dimanche. » C’est à la fois une promesse et une menace. Je la quitte à la porte, elle me regarde descendre l’allée et monter dans l’Audi SUV.

Taylor me salue. Je hoche la tête dans l’obscurité. « A l’hôtel heathman ? »
« Oui. » Anastasia occupe mes pensées tout le long de la courte distance vers l’hôtel.

« Taylor, je veux que vous vous assuriez que le Blackberry soit bien livré demain à Mademoiselle Steele sur son lieu de travail. Qu’ils le fabrique si nécessaire je m’en fous. »

« Oui Monsieur. » dit-il fermement. Connaissant Taylor je sais qu’il est en train de virer rouge tomate parce qu’il déteste l’incompétence et ce truc simple que j’ai demandé n’est toujours pas fait. Je dois pouvoir contacter Anastasia à chaque instant. Je ne peux pas laisser je ne sais quel enfoiré se pointer et l’emmener. Je ne le supporterais pas. Surtout pas maintenant que j’ai pris possession d’elle comme nul autre auparavant. Ca me tuerais qu’un autre la cajole, l’enlace, la baise… Cette pensée me fait froncer les sourcils et serrer les dents.

« Taylor, il faut vous en assurer ! » Il sait ce qui est important car il a la capacité de lire en moi. Ce n’est pas sans raison qu’il est mon homme de confiance, nous pouvons nous comprendre sans échanger un mot. Il sait ce qui doit être fait sans qu’il soit besoin de le lui dire et il suit les instructions à la lettre.

« Oui Monsieur ! Elle le recevra demain dussé-je le fabriquer moi-même ! »
« Bien. » Je me sens mal à l’aise. Partir en la laissant triste ne me plaît pas. Mais je ne peux pas contrevenir à mes propres règles. Pourquoi ai-je soudain l’intuition que quelque chose ne va pas ou bien qu’elle va se barrer ? Elle occupe toutes mes pensées le jour et la nuit. Comment quelqu’un d’aussi inexpérimentée, innocente, rebelle et pourtant timide peut elle être si captivante ? Comment à t’elle pu me séduire en seulement quelques semaines. Je secoue la tête comme pour l’évacuer de mes pensées. En arrivant à l’hôtel Taylor et moi sortons de la voiture, il tend les clés au voiturier. Nous montons directement dans ma suite.

Nous consultons le planning de demain. Nous retournerons à Seattle après une semaine passée à Portland.

Il va falloir que j’organise une journée sans Anastasia samedi prochain.

Du coup j’insiste auprès de Taylor pour que ce satané téléphone soit livré, même s’il doit l’inventer il faut qu’elle le reçoive. Il part dans sa suite qui jouxte la mienne et j’ouvre une bouteille de vin. Je me sers un verre et je vais m’asseoir devant mon portable pour écrire un mail à Anastasia et prendre connaissance des messages arrivés pendant mon absence.

Il y a  un message de ma sœur, Mia qui m’indique l’heure de son arrivée demain. Je lui confirme que je viendrai la récupérer puis j’écris un mail à Anastasia :

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De: Christian Grey
Objet: Toi
Date: 26 Mai 2011 23:15
À: Anastasia Steele

Chère Miss Steele,

Vous êtes tout simplement exquise. Vous êtes la femme la plus belle, intelligente, spirituelle et courageuse que j’aie rencontrée. Prends un Advil- c‘est un ordre. Et ne reconduis plus jamais ta coccinelle. Je le saurai.

Christian Grey PDG, Grey Enterprises Holdings Inc. _____________________________________________

D’un côté je voudrais qu’elle aille se coucher parce qu’elle travaille demain, mais d’un autre côté j’ai envie qu’elle me réponde, comme ça je saurais qu’elle est chez elle dans son petit appartement, seule, et pas en train de traîner je ne sais où avec je ne sais qui. J’ai conscience  que c’est complètement con mais je ne peux pas m’en empêcher.

Ma boite mail sonne annonçant sa réponse ¼ d’heure plus tard. Je suis angoissé comme un gamin qui attend un mot de son premier flirt.
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De: Anastasia Steele
Objet: Flatterie
Date: 26 Mai 2011 23:21
À: Christian Grey

Cher Monsieur Grey,

La flatterie ne vous mènera nulle part, mais comme vous avez déjà été partout ça ne sert plus à rien de le dire. Il faudra bien que je conduise ma coccinelle jusqu’à un garage pour la vendre - en conséquence, je ne puis donner une suite favorable à votre remarque complètement sotte au demeurant. Entre l’Advil et le vin rouge je préfère le vin.

Ana

PS: La canne est une limite à ne pas franchir pour moi
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Je suis dépité par sa réponse. Pourquoi n’est-elle pas fichue d’accepter un compliment ? A t’elle une si piètre opinion d’elle-même ? Qu’est-ce qu’elle fait encore debout? Elle doit se coucher, elle a besoin d’une nuit complète de sommeil. Je me dépêche de taper une réponse.
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De: Christian Grey
Objet: Les femmes énervantes qui ne savent pas accepter un compliment
Date: 26 Mai 2011 23:27
À: Anastasia Steele

Chère Mademoiselle Steele,

Je ne vous flatte pas. Je ne faisais qu’exprimer ce que je pense de vous. Vous devriez vous coucher.  J’accepte votre ajout aux limites à ne pas franchir. Ne buvez pas trop. Taylor s’occupera de votre voiture et en obtiendra un bon prix.

Christian Grey PDG, Grey Enterprises Holdings Inc.
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Je soupire et j’envoie le mail. Sa réponse est instantanée, cette fois ci c’est exaspérant. A quoi joue t’elle ?
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De: Anastasia Steele
Objet: Taylor – Est-il l‘homme de la situation?
Date: 26 Mai 2011 23:39
À: Christian Grey

Cher Monsieur,

Je trouve étrange que vous laissiez votre bras droit prendre le risque de conduire ma voiture, mais pas une femme que vous baisez de temps en temps. Comment puis-je être sûre que Taylor obtiendra le meilleur prix pour ladite voiture ? Par le passé, c’est-à-dire avant de vous connaître, j’ai remporté des négociations serrées.

Ana
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Ce message me rend furieux, et je suis prêt à prendre ma bagnole pour me rendre chez elle et lui rendre la monnaie de sa pièce. J’ai conscience qu’elle a bu trop de champagne et ensuite du vin rouge pour apaiser son cul douloureux. C’est la seule raison pour laquelle je ne bouge pas de l’hôtel. Je lui écris une réponse séance tenante. _____________________________________________
De: Christian Grey
Objet: Attention!
Date: 26 Mai2011 23:43
À: Anastasia Steele

Chère Mademoiselle Steele,

Je suppose que c’est le VIN ROUGE qui parle et le fait que vous ayez eu une  longue journée. Toutefois, je suis tenté de revenir pour m’assurer que vous ne pourrez pas vous asseoir pendant une semaine au lieu d’une soirée. Taylor est un ancien militaire qui peut conduire n’importe quel véhicule aussi bien une moto qu’un tank Sherman. Votre voiture ne présente donc aucun risque pour lui. Par ailleurs, je vous prie de ne pas vous considérer comme une femme que je baise de temps en temps parce que cela me rend FURIEUX et vous ne m’aimeriez pas lorsque je suis en colère.

Christian Grey PDG, Grey Enterprises Holdings Inc.
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Je suis toujours furibard quand sa réponse arrive, mon cœur bondit dans ma poitrine en lisant ce qu’elle a écrit. Mes craintes étaient fondées.
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De: Anastasia Steele
Objet: Attention vous-même
Date: 26 Mai 2011 23:57
À: Christian Grey

Cher Monsieur Grey,

Je ne suis pas sûre de vous aimer de toute façon, surtout en ce moment.

Mademoiselle. Steele
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Quoi ? Elle ne m’aime pas ? Pourquoi elle ne m’aime pas? Je tape une réponse.
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De: Christian Grey
Objet: Attention vous-même
Date: 27 Mai 2011 00:02
À: Anastasia Steele

Pourquoi tu ne m’aimes pas?

Christian Grey PDG, Grey Enterprises Holdings Inc.
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J’attends sa réponse avec angoisse. Je regarde passer les minutes et les secondes sur le radio réveil. Ma boite mail sonne.
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De: Anastasia Steele
Objet: Attention vous-même
Date: 27 Mai 2011 00:09
À: Christian Grey

Parce que tu ne restes jamais avec moi.
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Je regarde fixement l’écran pendant une minute. Je l’ai chamboulé ! Elle a finit par cracher ce qui la tracassait. Je savais que quelque chose n’allait pas. J’en avais le pressentiment, et malgré ça  je suis parti. Mais elle ne voulait rien dire. Elle a dit qu’elle allait bien ! A t’elle tellement peur de moi pour ne pas oser exprimer ce qu’elle ressent ? Sauf quand elle est ivre et qu’elle correspond par mails ! J’ai besoin qu’elle communique clairement et honnêtement avec moi.

Je m’étais changé pour me coucher mais je me rhabille aussi sec, j’enfile ma veste à rayures et je prends les clés de la voiture. J’envoie un texto à Taylor pour le prévenir  que je file chez Miss Steele et que je passerai la nuit là bas.

Je conduis en pensant à elle, mon esprit est troublé je me fais du souci pour Ana. Je me gare et me propulse hors de la voiture. Je remonte l’allée de pierres jusqu’à son immeuble et monte les marches deux par deux. Je frappe fermement à la porte, une succession de coups rapides.

You're Always on My Mind - Michael Buble

C’est Kate, la colocataire trancheuse de couilles qui ouvre la porte. En me voyant son visage se décompose et elle m’agresse prête à m’exploser la gueule. « C ‘est quoi ce bordel ? Qu’est-ce que vous foutez là ?

« Je viens voir Anastasia. »

« Vous ne pouvez pas la voir ! »

Mon cœur s’emballe. Anastasia refuse t’elle de me voir ? A-t-elle changé d’avis ?  Est-ce qu’elle pense que notre relation est nuisible pour elle ?

« Pourquoi ne puis-je pas la voir? »

« Bordel de merde qu’est-ce que vous lui avez encore fait? »

« Que voulez vous dire ? »

« Depuis qu’elle vous connait elle pleure tout le temps. »

Ca me brise le cœur. Je ne veux pas qu’Anastasia pleure. Je suis terrorisé qu’elle me file entre les doigts parce qu’elle ne communique pas avec moi et parce que je suis trop dépravé et trop dur avec elle. Il faut que je la voie !

« Kate ne m’obligez pas à entrer par la force. » dis-je fermement en la fusillant du regard. « Je dois entrer et savoir ce qui ne va pas. » Je pousse la porte et j’entre.

« Vous ne pouvez pas entrer ici ! » Elle crie en me suivant.

Je traverse le salon comme un dingue et je fonce vers la chambre d’Anastasia. J’allume le plafonnier et je la découvre pleurant à chaudes larmes dans son oreiller. Elle se retourne et cligne des yeux J’ai juste eu le temps d’apercevoir ses yeux rouges de larmes !

« Mon Dieu Ana. » Je referme la lumière et je me rue à côté d’elle.

« Qu’est-ce que tu fais là? » bredouille t’elle en sanglotant. Elle ne peut pas s’arrêter de pleurer. J’allume la lampe de chevet. Elle  cligne à nouveau des yeux, éblouit par la lumière. Katherine se pointe et se tient dans l’encadrement de la porte.

« Est-ce que tu veux que je vire ce trou du cul ? » demande t’elle à Anastasia en irradiant une hostilité thermo nucléaire.

Je fronce les sourcils. Je connais peu de gens qui parlent de moi en ces termes, et carrément personne qui me le fiche en pleine gueule même s’il est vrai, et j‘en conviens, que je suis un connard.

Son hostilité farouche laisse entendre que j’ai fait quelque chose d’horrible à Anastasia, mais je ne sais pas quoi. Ana lui fait non de la tête et la coloc lève les yeux au ciel.

« Tu appelles si tu as besoin de moi. » lui dit-elle gentiment, puis elle se tourne vers moi le regard mauvais et crache « Grey, je vous ai à l’œil ! » elle pointe son index impeccablement manucuré dans ma direction. Puis elle part en laissant la porte entre baillée. Je suis bouleversé car j’ai manifestement fait du mal à quelqu’un qui compte pour moi et je n’ai pas la moindre idée de ce que ça peut être ! Je baisse les yeux vers Anastasia, le regard grave, le visage livide.

Je fouille dans la poche intérieure de ma veste à la recherche de mon mouchoir que je lui tends.

« Qu’est-ce qui se passe? »

« Qu’est-ce que tu fais là? » demande t’elle en ignorant ma question. Les larmes cessent de couler mais elle est si bouleversée que son corps est pris de tremblements. Je suis ravagé de la voir comme ça et curieux de savoir ce que j’ai bien pu faire et comment me faire pardonner.

« Je dois veiller à ton bien être, ça fait partie de mon rôle. Tu as dit que tu voulais que je reste alors je suis là. Et je te trouve dans cet état. » Je plisse les yeux complètement abasourdi.

« Je suis sûr que c’est de ma faute mais je ne sais pas pourquoi. Est ce parce que je t’ai frappé ? »

Elle se redresse dans son lit. Elle grimace ce qui ne m’échappe pas. Elle s’assied face à moi.

« As-tu pris de l’Advil ? » Elle fait non de la tête. Fera- t’elle un jour ce que je lui demande ? Je me lève et pars lui chercher de quoi calmer la douleur.

Kate est occupée à finir ses cartons dans le salon et je lui demande des comprimés pour Anastasia. Elle me regarde en plissant les yeux. Si un regard pouvait tuer je serais déjà mort.

« Il y en a dans l’armoire de la salle de bain » me dit-elle puis sans me quitter du regard elle ajoute:  « Souvenez vous de ma menace Grey.. Vous feriez bien de vous tenir à carreau ! »

« Je m’en souviendrai. » dis-je en remplissant une tasse d’eau, je vais chercher deux Advil et je retourne dans la chambre.

« Prends ça. » dis-je avec fermeté puis je vais m’asseoir discrètement au bout du lit comme si je ne voulais pas la déranger.

Elle avale les deux comprimés.

« Parle- moi. » Il faut qu‘elle s’exprime pour mettre fin à mon angoisse.

« Tu as dit que tu allais bien. Je ne t’aurais jamais laissé si j’avais su que tu te mettrais dans un état pareil. » Dis-je en la regardant dans les yeux cherchant à y lire les raisons de son état. Elle fixe ses mains. Qu’est-ce qui ne va pas ?

Elle ne répond pas.

« Donc quand tu as dit que ça allait, ça n’allait pas » Il semble que je viens d’enfoncer le clou car elle rougit violemment.

« Je pensais que ça allait. » elle a chuchoté sans cesser de regarder ses mains.

« Anastasia tu ne dois pas me dire ce que tu crois que j’ai envie d’entendre. Ce n’est pas très honnête. » Je la gronde un peu.

Toutes les relations sont basées sur la confiance et particulièrement une relation comme la nôtre. Sinon ça ne marchera pas.

« Comment puis-je croire tout ce que tu m’as dit? »

Elle se décide à relever son museau perdu au milieu de sa cascade de cheveux châtains. Je la regarde l’œil sombre. Frustration, inquiétude, la voir dans cet état fait grimper mon anxiété et je passe mes deux mains dans mes cheveux.

« Tu t’es sentie comment pendant que je te donnais la fessée ? Et après ? »

« Je n’ai pas aimé cela. Je préférerais que tu ne recommences pas. » Dit-elle d’une voix douce.

« Tu n’étais pas censée aimer cela. »

« Et toi pourquoi aimes tu ça ? »

Sa question me prend de court. C’est en partie à cause du monstre qui dort en moi et qui se réjouit de la voir dans cet état, ça me prouve que j’exerce un contrôle total sur elle, et ça satisfait un besoin en moi, ça m’excite.

« Tu veux vraiment le savoir? » Elle n’aimera pas ce que je vais dire.

« Crois moi je trouve ça fascinant. » dit-elle avec sarcasme.

Je plisse les yeux : « Attention ! » Elle blêmit.

« Est-ce que tu vas encore me frapper? »

« Non, pas ce soir. » Je ne veux pas lui faire de mal… Pas maintenant.

« Alors ? »

« J’aime la sensation de contrôle que ça me procure Anastasia. Je veux que tu te comportes d’une certaine manière et si tu ne le fais pas je te punirai et tu apprendras à te comporter comme je le désire. Je prends du plaisir à te punir. J’avais envie de te donner la fessée depuis le jour où tu m’as demandé si j’étais gay. » Elle rougit. Je me souviens combien elle était gênée après avoir posé cette question en réalisant ce que sa colocataire avait écrit.

« Donc tu ne m’aimes pas comme je suis. » dit-elle tristement. Ce n’est pas vrai ! Je l’aime comme elle est. En réalité elle est une bouffée d’oxygène dans ma putain de vie. Je la regarde fixement, à nouveau désorienté. « Je trouve que tu es très bien comme tu es. » Je suis sincère.

You're in my Heart by Rod Stewart

« Alors pourquoi essaies-tu de me changer? »

« Je ne veux pas de te changer. J’aimerais que tu sois courtoise, que tu respectes mes règles et que tu cesses de me défier. C’est pourtant simple. »

« Mais tu aimes me punir ? »

« Oui, en effet. »

« C’est ça que je ne comprends pas. »

Je soupire et passe mes deux mains dans mes cheveux complètement exaspéré.

« Je suis fait comme ça Anastasia. J’ai besoin de te contrôler. J’ai besoin que tu te comportes d’une certaine façon. J’aime regarder ta peau diaphane rosir et s‘échauffer sous mes mains. Ca m’excite. »

Elle écarquille les yeux. Son regard exprime autant la peur que la réticence.

« Donc ce n’est pas pour me faire mal ? » Je déglutie. En fait ça a beaucoup à voir avec cela. Ca satisfait mon besoin de lui faire du mal.

« C’est un peu pour voir si tu supportes mais pas uniquement. C’est le fait que tu sois à moi, que je puisse faire de toi ce que bon me semble, te contrôler complètement. Ca m’excite. Ca m’excite beaucoup. Ecoute, je ne m’explique pas très bien… Je n’ai jamais eu à le faire. Je n’y ai jamais réfléchi. J’ai toujours fréquenté des gens comme moi. » Je hausse les épaules en m’excusant presque.

« Tu n’as toujours pas répondu à ma question. Qu’as-tu ressenti après la fessée ? »

« De la confusion. »

« Ca t’a excité sexuellement Anastasia. » Je ferme les yeux en y repensant et je sens ma libido se réveiller. Quand je rouvre les yeux, je la regarde passionnément. Ca lui fait quelque chose, je la sens réceptive. Elle aussi aime ça.

Le désir est palpable entre nous, ses yeux sont fixés dans les miens exprimant à la fois désir et passion.

« Ne me regarde pas comme ça. » dis-je. Elle fronce les sourcils.

« Je n’ai plus de préservatifs Anastasia et tu sais que tu es bouleversée. Contrairement à ce que pense ta coloc, je ne suis pas un monstre atteint de priapisme. Donc tu as éprouvé de la confusion ? » Elle se tortille sous l’intensité de mon regard.

« Tu n’as aucun mal à être honnête avec moi par écrit. Tes mails expriment toujours exactement ce que tu ressens. Pourquoi ne peux-tu faire de même quand on discute ? Est-ce que je t’intimide autant que ça ? »

Elle fixe un angle de la chambre. Sans me regarder elle murmure: « Je suis sous le charme Christian. Tu m’éblouis complètement. J’ai l’impression d’être Icare et de voler trop près du soleil. »

J’ai la gorge nouée par sa réponse. « Et bien je pense que ton analyse est de traviole, parce que c’est l’inverse. »

« Comment ça? »

« Oh Anastasia c’est toi qui m’a ensorcelé corps et âme. N’est-ce pas évident? » Je soupire avant d’ajouter :

« Tu n’as toujours pas répondu à ma question. Ecris- moi un mail s’il te plait. Mais maintenant il faut vraiment que je dorme. Puis je rester? »

« As-tu envie de rester? » Elle pose la question pleine d’espoir.

Je me contente de répondre : «Tu voulais que je reste. » Même si je sais quelle est la réelle signification de sa question. La réponse est oui, j’ai envie de rester. En fait il n’y à pas d’autre endroit sur terre ou j’aimerais être plus que dans la minuscule chambre de ce petit appartement qu’elle partage avec sa trancheuse de couilles de colocataire.

« Tu n’as pas répondu à ma question. » Elle insiste.

Je marmonne nerveusement : « Je t’enverrai un mail. » Je me lève et retire de mes poches mon blackberry, mes clés, mon portefeuille et de la monnaie.  J’ôte ma montre, mes chaussures, mes chaussettes et mon jean que je pose sur une chaise. Je me dirige de l’autre côté du lit et me glisse à côté d’Anastasia. C‘est l‘endroit que je préfère.

« Allonge- toi. »

Tout en me regardant, elle se glisse doucement sous la couverture en grimaçant. Elle est commotionnée mais visiblement heureuse que je sois dans son lit et que je reste avec elle. Comment puis-je lui échapper? Ne voit-elle donc pas que je suis accro ? Je me tiens sur un coude et je la regarde.

« Si tu veux pleurer fais le devant moi. S’il te plait. J’ai besoin de savoir. » Ainsi je pourrai la consoler.

« Tu veux que je pleure ? » demande t’elle interloquée.

« Pas spécialement. Je veux juste savoir ce que tu ressens. Je ne veux pas que tu me files entre les doigts. Ferme la lumière. Il est tard et nous travaillons tous les deux demain. »

Elle éteint la lampe de chevet et s’allonge sur le dos.

« Allonge- toi sur le côté en me tournant le dos. » Doucement je me rapproche, l’enlace et l’attire contre moi. La sensation est exquise. Elle est à moi. Je chuchote: « Dors bébé. » J’inspire profondément pour inhaler son parfum délicieux. Puis nous sombrons tous les deux dans un sommeil paisible.

Lullaby - Dixie Chix




2 comments:

Julie RION said...

Merci pr ce chapitre, même si c'est un passage que je n'apprécie pas trop ds le roman, lorsque Christian "frappe/punit" Ana... Mais bon, cela n'enlève rien à l'écriture et à l'histoire ;-)

A vendredi prochain ;-)

Julie
http://lejardindelapetitelune.blogspot.com

Elisabeth ze translator said...

coucou Julie,
Je suis bien d'accord avec toi et je pense que personne n'apprécie vraiment ces passages. Ceci dit ils font partie intégrante du livre. Sans le côté désaxé de Christian l'histoire ne serait qu'une bluette de plus.
Je file sur ton blog
A vendredi !