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Saturday, September 14, 2013

Tome II en Français - Chapitre I - Christian Grey et Anastasia Steele

RETOUR DE L’ENFER

Traduit par: Elisabeth Mazaltov
Edité par: Hélène B.


Tome 2 – Chapitre 1


« Maman, j’ai faim ! » dis-je en la cherchant. Mais maman n’est pas là.

« Maman ! Maman ! » Maman est dans la chambre. Je suis devant la porte. Je n’ai pas le droit d’entrer quand la porte est fermée mais j’ai trop faim. La porte est très sale, elle est couverte de taches. J’attrape la poignée. Il y à du bruit à l’intérieur. Maman pleure. Est-ce qu’elle s’est fait mal ? Il est là. Je n’ai pas le droit d’entrer quand il est là. Mais j’ai trop faim. J’ouvre doucement la porte. Je jette un œil dans la pièce. Maman est penchée, elle agrippe le pied de lit métallique. Elle est nue. Le sale type est derrière elle. Il est torse nu mais il porte son pantalon. Je ne le vois que de dos. Il pousse maman. Maman pleure : « Non ! S’il te plait non ! Arrête ! »

« Tu m’appartiens ! Si je veux ta chatte je la prends. Tu n’es qu’une pute ! »

« Le gosse est dans l’appartement, arrête je t’en supplie ! »

Le gosse c‘est moi et j‘ai peur.

« Maman j’ai faim … »

Maman crie : « Jésus ! »  Elle a l’air bouleversé. « S’il te plaît laisse-moi ! Mon gosse … » Sa voix est faible et apeurée.

D’un geste il arrache sa ceinture et  frappe maman.  Elle hurle. Il est très en colère. Il se tourne vers moi, son zizi pendouille. Je cours vers la cuisine. Il n’y à aucun endroit où se cacher. Je me planque sous l’évier. Il me cherche. Je cache mon visage avec mes petites mains tremblantes. Peut être qu’il ne me verra pas. Mais il me trouve toujours. Il m’attrape par le coude et me soulève hors de ma cachette.

Il m’a griffé le bras, ma tête cogne contre l’évier. J’ai peur de me mettre à pleurer car quand je pleure, il me frappe encore plus fort. Si je ne fais pas de bruit peut être qu’il ne me battra pas jusqu’au sang.

« Tu m’a gâché mon plaisir ptit merdeux ! » Il me tire et me retourne. Il baisse mon short et il me tape, tape, tape. J’ai mal.

Je crie : « Maman, maman j’ai mal ! Maman au secours ! »

Soudain il se souvient qu’il a laissé sa ceinture dans la chambre de maman. Il se redresse et me tire par le bras jusqu’à la chambre. Il me jette sur le lit. Il s’empare de la ceinture et me frappe. Je hurle. J’ai trop mal ! Maman est recroquevillée sur le sol. Quand je crie elle pleure encore plus. Mais elle n’essaye pas de l’arrêter. Il me fait tomber par terre. Il soulève son pied et shoote. Je pirouette sur le sol jusqu’au moment ou je me cogne contre le mur. Je pleure en silence. Je mets mes mains devant ma  bouche pour ne pas faire de bruit.

Il hurle : « Quel tableau ! La pute et son bâtard ! » Il se tourne. J’entends ses pas qui s’éloignent. J’ai trop peur pour regarder. Est-il parti ? J’ai mal. Ma tête saigne un peu. Maman rampe lentement. Elle attrape sa vieille chemise sur le sol et l’enfile. Ses mains tremblent. Elle ne me regarde pas. Elle se traîne jusqu’à la salle de bains. Je la vois qui pleure doucement. Elle sort de la salle d’eau. Ses yeux sont rouges et terrifiés. Dans sa main elle tient une petite bouteille. Maman ne me regarde pas. Elle va dans la cuisine. Je la suis lentement. Elle ouvre le robinet. Elle remplit une tasse sale. Elle va s’asseoir tremblante sur le canapé. Elle pleure toujours en silence, pas un bruit,  juste des larmes qui coulent sur ses joues.

Maman remue la bouteille et l’ouvre. Ses yeux tristes oscillent  successivement entre la  bouteille et moi. Elle pleure encore. Elle porte la bouteille à ses lèvres et avale le contenu puis elle boit l’eau.  Je me dis que moi aussi j’ai faim, mais je ne le dis que dans ma tête parce que maman est triste. Elle s’allonge sur le canapé.

« Viens ici Christian, viens t’allonger à côté de maman. » je grimpe sur le canapé et je me couche à côté d’elle. Elle me serre contre elle. J’ai faim. Maman me serre contre elle, j’aime bien quand elle me tient comme ça. Les yeux de maman pleurent encore plus mais elle ne fait aucun bruit. Elle m’embrasse sur le front puis elle dit : « Au revoir Christian. » Maman est fatiguée. Elle va dormir. « Bonne nuit maman. » Maintenant on va s’endormir tous les deux.

 **** ❦  ♡  ❧ *****
Je me réveille. Je pousse maman. Il fait nuit.

« Maman j’ai faim. » Mais elle ne se réveille pas.

La petite bouteille est à côté d’elle. Elle a avalé ce qu’il y avait dedans. Je m’en empare. Il y a un truc dedans. C’est petit. Un jouet ? Ca se mange ? Je fais glisser le truc dans ma main. Je pourrais le manger même si c‘est à maman, peut être qu‘elle s‘en fiche.  J’ai vraiment trop faim. Je le mets dans ma bouche et je le mâche. C’est mauvais, c’est amer. Je le crache.

« Maman ! J’ai soif ! » Mais maman est si fatiguée qu’elle ne bouge pas. Je marche sur la moquette verte toute poisseuse. Je vais dans la cuisine. Je fais glisser la chaise jusqu’à l’évier. J’ai soif et ma bouche est en feu. Il y a une tasse sale dans l’évier. La tasse est gluante et il y a des taches marrons au fond. J’ouvre le robinet et je bois. Berk !

Je retourne me coucher à côté de maman. Peut être qu’elle me donnera à manger quand elle se réveillera. Maman est toute froide. J’ai ma petite couverture doudou alors je la mets sur maman puis je pose ma tête sur son bras. « J’ai mal au ventre maman … » Je pleure. J’ai faim. Mes larmes coulent sur la chemise de maman.

« Maman, tu me donneras à manger quand tu te réveilleras ? S’il te plaît. »
Je pleure beaucoup mais maman ne m’entend pas.

Je suis réveillé par mes cris. Je me dresse dans mon lit. Il fait nuit mais les lumières de la ville éclairent ma chambre du sol au plafond au travers de la baie vitrée. Je distingue la space needle au loin.

Merde ! Mes cauchemars sont revenus.


DIMANCHE

C’est reparti pour des nuits interminables avec mes insomnies pour seules compagnes. Je me lève. La maquette du Blahnic L23 trône désormais sur ma table de nuit. J’ai bossé jusque tard dans la nuit pour finir de la monter. Je l‘effleure. C’est un cadeau de mon premier amour. Premier amour que j’ai royalement foutu en l’air hier ! Nous étions à deux doigts de baiser sur mon piano puis nous avons rompu tout ça en quelques heures à peine. Comment est-ce possible ? Elle me hait … Quand j’y pense ma respiration part en vrille. Je lis à nouveau le mot qu’elle m’a laissé. 

Always on My Mind - Michael Buble

« Ca m’a rappelé un bon moment. » Mes yeux sont inondés de larmes qui menacent de couler. Je frotte mes yeux avec mes poings. Les larmes roulent sur mes joues …

J’ai vraiment merdé !

Il y a un trou béant dans mon âme, comme si quelque chose me ronge de l’intérieur. Quelle est cette douleur que je ne connais pas ? C’est comme si une partie de moi était morte. En fait j’ai le sentiment d’être mort. Je regarde le réveil il est à 3 h 13. Je pourrais aller chez Anastasia et lui demander pardon. Comment vivre avec cette douleur lancinante? J’ai l’impression qu’un lion est enfermé en moi et qu’il me dévore le cœur. Je subis les mêmes tortures que Prométhée. Et mon putain de cœur renaît encore et encore afin que ce lion me torture, qu’il s’en régale en m’infligeant une douloureuse morsure à chaque coup de croc.

J’ai perdu ma raison de vivre …

Tu l’aimes. Oui tu l’aimes, pauvre con ! Tu as trouvé le moyen de tomber amoureux d’un ange et de l’entrainer dans ton enfer ! Je me repasse la scène encore et encore. J’ai honte de moi. J’ai aimé la voir souffrir. Ca m’excitait. Mon Dieu pardonne moi. Bien sûr qu’elle me hait… Elle m’a demandé de la frapper pour me faire plaisir mais elle ne pouvait pas le supporter. Est-ce que je ne serais pas mieux avec une fille dont je me fiche ? Juste pour la baise ? Comme je faisais avant de connaître Anastasia ? Et elle ? N’est-elle pas mieux sans moi ? Je ne lui apporte que du malheur, Kate elle-même l’a dit … « Elle pleure tout le temps depuis qu’elle vous connait ! » Ca prouve bien qu’elle était heureuse avant de me connaître. J’ai entrevu sa joie quand on faisait du planeur en Georgie… Ca a été un moment de bonheur. Mais si je la laisse tranquille c’est sûr qu’un connard va rappliquer et me piquer ma place. C’est hors de question ! De toute façopn j’en mourrais … et je dézinguerais le connard ! L’amour c’est bien tout donner sans rien attendre en retour ?

Je donnerais ma vie pour elle. Si elle demandait mon cœur je me l’arracherais moi-même à la seconde. Mais ça me détruirait d’apprendre qu’elle sort avec quelqu’un d’autre. Tout en moi hurle que je ne suis pas celui qui lui faut. Elle serait malheureuse avec moi. Mais… Je veux qu’elle revienne. Elle est à moi et rien qu’à moi ! Je suis un sale égoïste. Je ferai absolument tout pour qu’elle revienne. Je deviendrai exactement celui qu’elle veut que je sois.

Anastasia m’aime. Maintenant c’est clair, je me le suis bien enfoncé dans le crâne. Pourtant j’ai été abasourdi quand elle me l’a dit surtout quand elle l’a répété éveillée et consciente.

« Je suis tombée amoureuse de toi Christian ! Je suis tombée amoureuse de toi Christian ! Je suis tombée amoureuse de toi Christian !  Je suis tombée amoureuse de toi Christian ! » Ses paroles résonnent dans ma tête encore et encore. Je ferai tout pour la récupérer et la rendre heureuse. Comment pourrais-je renoncer en sachant pertinemment qu’elle m’aime et que je l’aime aussi ? Ce sont mes conneries qui nous séparent, rien d’autre. Le Dr Flynn dit qu’un amour réciproque d’une telle force ne se rencontre qu’une seule fois dans sa vie. Une seule fois ! Je ne veux pas que ça foire ! 

I Never Told You by Colbie Caillat

Elle avait pourtant dit qu’elle détestait être frappée autant que moi je déteste qu’on me touche ! Alors pourquoi j’ai accepté de la frapper ? Et pourquoi n’a-t-elle pas prononcé le mot d’alerte ? Je jure devant Dieu que du jour ou je l’aurai reconquise, plus jamais je ne l’amènerai dans ma salle de jeux même si elle me supplie. Je m’en veux à mort ! Je n’aurais pas dû l’écouter quand elle a demandé pour voir. Je me suis comporté comme un abruti ! Déterminé, je sors du lit et je prends la clé de la salle de jeux. Je l’ouvre et jette un regard circulaire sur l’alignement de ceintures, de fouets et autres objets de punitions. Je les décroche du mur un par un. Je les amasse dans mes bras. Je retourne dans le salon et les empile dans l’immense cheminée. Madame Jones ne va pas apprécier de nettoyer tout ça mais il faut que je brûle toutes ces merdes … Purifier un peu de mon âme par le feu… C’est ces saletés ou moi !  Tout ce que je fais la blesse ! Je veux … Non j’ai besoin de la rendre heureuse. Mon putain de monde est en train de s’effondrer sous mes yeux. Elle a refusé que je la touche. Mon Dieu que je suis malheureux … Maintenant elle déteste même l’idée que je puisse la toucher. Comment pourrais-je m’en remettre ? Les flammes commencent à lécher doucement les ceintures, les fouets et les martinets, puis semblant en apprécier la saveur, le feu, tel un ogre affamé, engloutit tous ces objets de supplice. Indifférent, je les regarde se consumer. Je brûle une partie de mon passé. Je donne en offrande au brasier un peu de mon âme sombre.

Le feu à maintenant détruit une part de mes pêchés, lentement je me rends dans mon bureau. Depuis qu’hier Anastasia m’a quitté, la douleur est constante et d’une intensité que je n’avais jamais connue auparavant. Je ferme la porte. J’allume mon portable. Je veux lui écrire une déclaration d’amour, ma déclaration. Mais elle sait que je suis cinglé, ça va lui foutre la trouille et je vais lui faire encore plus de mal. Je fais une recherche dans « Google images » avec mon nom. Je trouve la photo de nous deux prise le jour de la remise de son diplôme. Je l’enregistre et contemple son image. Ce cliché a été pris il y a si peu de temps et pourtant Anastasia m’a emprisonné corps et âme. C’était le jour ou elle a accepté de rester avec moi dans un contexte tellement opposé à celui auquel j’aspire aujourd’hui. Que m’as-tu fait Anastasia ? Sans toi je suis un homme brisé, perdu … désœuvré … sans but… Tu es ma bouée de sauvetage.

Je dois faire quelque chose. C’est pas mon genre de rester assis là sans rien faire alors que je suis mal, que ma petite amie est mal et qu’on souffre chacun de notre côté.

Je ne suis rien sans elle. A tous les coups un type va tenter sa chance, ça sera l’arrêt de mort de ce con et le mien. Merde !

Je vais prendre une douche vite fait, cette putain de douche me rappelle trop de souvenirs d’Anastasia et je ne peux pas m’y éterniser sous peine de me faire du mal physiquement et moralement. J’ai atteint mes limites et je suis incapable d’en supporter d’avantage. Machinalement je me lave les cheveux, me savonne et me rince. Mon torse est encore rouge et douloureux mais cette souffrance me fait du bien. C’est la seule chose concrète qui témoigne qu’Anastasia faisait partie de ma vie. Je me sèche et enfile mon sweat et mes chaussures de sport. Quand je retourne dans le salon, Madame Jones est affairée en cuisine. Elle m’observe attentivement puis constatant que j’ai meilleure allure qu’hier elle propose de me préparer mon petit déjeuner.

« Oui. Merci Madame Jones. »

« Une omelette ça ira ? »

« Et des fruits s’il vous plaît. » Elle est surprise et lève les yeux en me souriant de bon coeur.

« Bien sûr Monsieur. »

Elle me tend ma tasse de café. Mon petit dej est devant moi à peine quelques minutes plus tard. Je mange comme un automate, pas par envie, ni besoin mais par habitude. Taylor entre et se poste à l’entrée comme il le fait toujours. Je me tourne pour lui faire un léger signe de tête. Aussitôt il s’avance vers moi. Son regard est indéchiffrable. Rien n’y transparait de l’épisode d’hier lorsque je me suis effondré en sa présence et en celle de Madame Jones.

« Taylor je vais courir. »

« Je vais vous accompagner Monsieur. »

« Non, ce n’est pas nécessaire. Je vais juste courir jusqu’au cabinet du Dr Flynn. » Il hausse un sourcil, mais aussitôt son visage reprend son expression habituelle, calme et sereine.

« Voulez vous que je passe vous prendre Monsieur ? »

« Non, j’ai besoin d’être seul, mais je voudrais que vous fassiez quelque chose. »

« Tout ce que vous voudrez Monsieur » dit-il avec enthousiasme comme si nos vies reprenaient un cours normal.

« Je veux que vous gardiez un œil sur Mademoiselle Steele. Vous m’avez dit qu’elle ne semblait… » Je m’interromps pour cacher mon trouble. « Eh bien, compte tenu des circonstances, elle n’allait pas bien hier. » Taylor acquiesce, son regard se glace, sa mâchoire se crispe et il déglutit difficilement comme s’il essayait d’avaler un caillou. C’est le seule signe d’émotion qu’il laisse paraître. Anastasia nous a tous charmé, même Taylor est mordu. Je le soupçonne d’être furieux après moi, même s’il ne le montre pas.

« Je veux que vous accédiez à son compte bancaire et vérifiez de combien elle dispose. Elle était tellement bouleversée qu’elle a laissée son Backberry, alors tracez son ancien téléphone. »

Je sais combien elle est taciturne et en plus sa colocataire n’est pas là, je ne veux pas qu’il lui arrive quoi que ce soit.

« Je veux assurer sa sécurité. » Taylor acquiesce. « Contrôlez régulièrement son compte pour savoir si elle dépose l’argent. Elle est tellement têtue qu’elle est bien capable de ne pas le faire. Si c’est le cas je m’en occuperai le moment venu. »

Il faut que je trouve un truc pour apaiser ma douleur. Je congédie Taylor puis je prends le portable, les clés de la voiture et le Blackberry d’Ana et je retourne dans mon bureau. Je dois prouver que je suis capable de me battre pour toi Anastasia !

Je chope mon téléphone et j’appelle le Dr Flynn. Il répond d’une voix ensommeillée à la troisième sonnerie.

« Allo ? »

« John ! » J’ai crié incapable de dissimuler mon désespoir. Ca le réveille immédiatement.

« Qu’est-ce qui ne va pas ? »

« Anastasia m’a quitté hier, je pense que je vais en mourir. »

« Raconte- moi, que s’est-il passé ? »

« Je ne veux pas parler au téléphone. On se retrouve dans 20 minutes à ton bureau. »

« Attends une seconde. » Je l’entends qui chuchote quelque chose à sa femme puis il me dit : «  Ok dans 20 minutes ! »

Je cours à son bureau. Quand Anastasia m’a quitté hier, la douleur a provoqué un cataclysme en moi. C’était si violent que je me suis retrouvé comme propulsé hors de mon corps. Aujourd’hui la douleur se distille à chaque instant et j’en ressens chaque piqure, chaque blessure, chaque élancement. A mon arrivée, John n’est pas encore là. Je fais les cent pas devant la porte. John arrive avec trois minutes de retard. Il constate ma mine défaite. Il porte un jean et un tee-shirt, ceci dit c‘est dimanche et il s’agit d’une urgence.

Dès qu’il ouvre je pénètre dans son cabinet.

« Mais je t’en prie entre Christian. » dit-il pince sans rire. Je me dirige droit dans son bureau. Il se pose dans son fauteuil en cuir en me faisant signe de m’installer dans le canapé. Je m’assieds puis je me relève, en proie à une grande agitation. Il m’observe.

« Christian, je pense … » mais je lui coupe la parole.

« John, je suis au purgatoire ! » Ca le prend de court et il hausse les sourcils en me regardant comme s’il m’était poussé des cornes. Ne sachant que dire il m’invite à poursuivre. J’arpente la pièce et je me plante devant lui. « Anastasia était avec moi hier soir. J’étais tellement content et soulagé de la voir à son retour de Georgie. En fait, tout le merdier avec Leila me préoccupait et je n’étais pas au top de ma forme … » Nerveusement, je recommence à faire les cent pas. Epuisé je retourne m’asseoir sur le canapé.

« John, pour elle j’étais prêt à faire des concessions. Mais une chose en entraînant une autre, elle a levé les yeux au ciel et à cause de ça j’ai voulu lui donner une fessée. Elle le savait et elle a commencé à plaisanter. Du coup, moi aussi je l’ai mise en boîte pour rigoler et elle a finit par dire que les punitions ça lui fait la même chose qu’à moi quand on me touche ! Cet aveu m’a horrifié … » Je recommence à arpenter la pièce de long en large.

« Qu’est-ce que tu as ressentis ? » Je suis sûr que dans les cours de psy c’est la première question qu’on leur apprend à poser ! Je me retourne, hors de moi, et je constate qu’il est penché sur son bureau totalement absorbé par mon récit l’air de dire « et alors qu’est-ce qui s’est passé ? » Quoi que j’aie pu lui révéler par le passé, il a toujours gardé la posture de celui qui a déjà tout entendu. Mais là c’est différent. Il s’agit de quelque chose de nouveau pour lui.

« C’est comme si le ciel me tombait sur la tête et j’ai été dégoûté de moi-même ! Puis elle a dit que ça n’était pas aussi horrible que pour moi… tu sais, si on me touche. Elle a dit que c’était ambivalent, qu’elle n’aime pas être punie mais que si c’est pour rire ça ne la gêne pas. En fait elle a dit que tout dépend du contexte … » Je soupire longuement. John m’adresse un geste d’impatience en agitant sa main droite l’air de dire ‘continue.’

« Puis elle a dit ’Montre moi. Montre-moi à quel point ça peut faire mal.’ Au début je ne voulais pas ! C’est un peu comme si on disait à un type en cure de désintoxication ’Tiens c’est ton whisky préféré ! Montre voir comme tu l’aimes ! ‘ Je lui ai demandé plusieurs fois si c’était vraiment ce qu’elle voulait. Et, » Je lève la tête vers le plafond comme si j’allais hurler, « finalement j’ai cédé et je l’ai frappé six fois avec une ceinture. Elle ne m’a pas arrêté, elle n’a pas dit le mot de sécurité et une fois que ça a été fini, elle ne voulait plus de moi ! » J’ai énoncé la phrase d’une seule traite, hors d’haleine.

 « Je pense qu’elle me hait … » dis-je en m’effondrant comme un homme vaincu. Vaincu par la vie, vaincu par l’amour.

« Tu penses vraiment qu’elle te hait ? Ne serait-ce pas plutôt tes pratiques, tes besoins qu’elle hait chez toi ? »

« Il y avait de la haine dans ses yeux, et il aurait mieux valu qu’elle me frappe, qu’elle me tire dessus, qu’elle me poignarde ou même qu’elle me tue… Tout,  mais pas ce regard John ! Je ne peux pas l’effacer de ma mémoire.

Elle semblait abattue. Je l’ai brisée. Je suis allé la rejoindre mais je pense que si elle en avait eu la force elle m’aurait éjecté. J’ai passé le reste de la nuit à la bercer, à lui demander pardon en priant pour qu’elle cesse de me détester. Mais ce qu’elle a dit un peut plus tard était encore pire que de la haine… » Je m’affaisse encore plus.

« Qu’a-t-elle dit ? » demande le Dr Flynn d’une voix de fausset, en agitant frénétiquement la main, les sourcils haut perchés comme s’il savourait l’épilogue du feuilleton « les plus beaux spécimens Freudiens.»

« Elle a dit qu’elle était tombée amoureuse de moi. » dis-je à voix basse, gêné d’être l’objet d’un tel sentiment.

« Pourquoi te sens tu indigne de son amour ? »

« Regarde les choses en face John ! Mes besoins la rendent malheureuse. Je veux punir mais… Mais je pense que ça va changer. Je vais me tenir à distance de tout ce qui pourrait l’éloigner de moi. Ce matin j’ai jeté au feu toutes les ceintures, les fouets et les martinets. »

Le Dr Flynn se liquéfie dans son fauteuil en me regardant bouche bée.

« Tu as fait quoi ? » voilà qu’il couine maintenant.

« J’ai tout brulé et en même temps j’ai brulé une partie de mon passé. Je suis prêt à laisser tomber mes conneries pour Ana. »

Le mutisme et le Dr Flynn ne sont pas synonimes. Il a toujours quelque chose à dire que ce soit un avis de professionnel ou une boutade de psy, mais là il me regarde un long moment en silence. Puis il se décide à parler : « Christian, en quelques semaines à peine Anastasia t’as fait progresser plus que moi en deux ans ! »

« Mais regarde où j’en suis maintenant. J’ai tout fait foirer, royalement qui plus est ! Pour moi, tu vois, elle était comme le rocher de Gibraltar… Invincible. J’ai pris son amour et je lui ai quasiment jeté en pleine gueule. Je suis terrifié John ! Je suis indigne de son amour ! »

Je lève les yeux, mes jambes ne me portent plus. Je m’éffondre sur le sol.
« Christian ! » hurle le Dr Flynn en se levant d’un bond.

« Dis-moi ce que je dois faire ! » Je l’implore du regard, je suis un homme brisé. « Je veux qu’elle revienne. Je ferai n’importe quoi pour que ça marche … » Lentement John va chercher un coussin qu’il jette sur le sol.

« Je ne peux pas te voir si tu es parterre… Tu me demandes mon avis de médecin ou d’ami ? » Dit-il en se baissant pour s’asseoir près de moi. Finalement il se ravise et se redresse trouvant sans doute le sol inconfortable.

« Tu sais bien que je suis à la fois ton psy et ton ami. » Je lève les yeux vers lui. « J’ai besoin de l’avis des deux. »

« Très bien. Que dirais-tu de commencer par s’installer confortablement ? Moi aussi je fais du sport mais à l’évidence je manque d’entraînement. Es tu d’accord pour que je reprenne mon fauteuil et que tu ailles gentiment te poser dans le canapé ? Franchement, je suis assez nul en yoga. » Il grimace.

J’esquisse un pauvre sourire qui s’efface aussitôt. J’avance à quatre pattes vers le canapé et je me hisse en prenant appui sur mes mains. Le Dr Flynn semble soulagé. Il s’empare du coussin et retourne dans son fauteuil.

John m’observe attentivement. « Je vais te poser une question à la fois en tant qu’ami et en tant que médecin. Je te l’ai déjà posé. A quoi es tu prêt à renoncer pour elle ? Qu’es tu prêt à faire»

« Tout ! N’importe quoi ! Tout ce qu’il faudra ! »

« Ca ne veut rien dire Christian. Je te repose la question : A quoi vas-tu renoncer ? Si tu veux t’en sortir tu dois être déterminé à aller jusqu’au bout et pour ça tu as intérêt à te remettre les idées en place. »

« Si c’est-ce qu’elle veut, on aura une relation vanille, une relation normale quoi ! Je suis prêt… bon sang, j’angoisse à l’idée de passer devant ma salle de jeux… Je vais bazarder toute ces saloperies si elle le veut ! Pas de punitions… rien. Je vais fuir comme la peste tout ce qui peut l’éloigner de moi. »

« OK… Maintenant je vais te poser la question cruciale. Lui en voudras tu de te priver des pratiques que tu aimes ? Je veux que tu y songes sérieusement Christian ! » Dit-il en me regardant fixement. « Parce que si tu fais ça uniquement pour qu’elle revienne, tu bouzilleras non seulement votre relation, mais peut être détruiras-tu aussi Anastasia… définitivement. » Pour que ça marche, tu dois devenir un autre homme. C’est ton unique chance de réaliser ta métamorphose en abandonnant l’immaturité affective de l’adolescence pour rejoindre le statut d‘adulte. »

Je lève les yeux vers John. « Je suis mort un millier de fois depuis qu’elle m’a quittée ! J’ai l’impression d’avoir un trou béant dans la poitrine. »  Je place mon poing contre mon torse en faisant mine de l’enfoncer en moi. «Si tu as une potion magique pour me guérir, pour la faire sortir de ma tête, s’il te plait donne la moi. Ce n’est pas parce que je refuse son amour, ou que je ne veux pas l’aimer mais parce que je suis complètement taré et que je ne veux pas la contaminer. Ce que tu as dit à propos de mes besoins… J’ai compris… Quand elle m’a regardé avec dégoût … C’était fini ! Ca ne voulait plus rien dire pour moi. Ils ont disparus. Envolés. Pouf ! »

J’ai besoin d’elle plus que tout ! 

« Donc tu crains que tout d’un coup je laisse tomber Anastasia pour retourner à toute la merde de mon passé ? Je mérite sans doute cette suspicion. Est-ce que ce besoin disparaîtra ? Peut être pas. Mais je suis convaincu que j’apprendrai à repousser les tentations. » Je regarde mes mains puis je fixe la lampe sur la table. Fixer la lumière aide à ne pas pleurer. J’ai appris ça. Mais j’ai dépassé mes limites et mes défenses sont tombées. Je me frotte vigoureusement les yeux ainsi ils ne me trahiront pas ici. Respire Grey ! Me dis-je en moi-même. « Donc tu veux savoir ce que j’entends par « Tout ? ». Alors voici ma réponse : c’est exactement ça, je ferai tout, absolument tout, parce que je l’aime John ! , comme un fou, profondément, irrévocablement ! Je l’aime plus que ma vie ! Elle est ma vie … Elle est ma putain d’âme. Avec elle je suis vivant. Avec elle,  j’oublie la sous merde que je suis. Je ferai n’importe quoi pour la protéger, pour la rendre heureuse, pour l’aimer et j’accepterai tout ce qu’elle me demandera. Mais elle ne me croira pas. »

I Will Always Love You by Whitney Houston

En hochant la tête John soupire : « Le premier amour » puis il sourit. « Eh bien si c’est ainsi, je peux t’aider. Je suis tellement heureux que tu aies enfin ouvert les yeux. J’avais vu juste depuis le début. »

« Mais elle me déteste… Elle m’aime aussi. Elle déteste ce que je suis, elle n’a même pas voulu que je la touche. Elle n’a même voulu un baiser d’adieux ! »

« Comment était-elle en partant ? »

« Anéantie, désespérée. J’ai demandé à Taylor. Il l’a raccompagné chez elle. Il a dit qu’elle a pleuré tout le long du chemin et qu’elle a refusé son aide. Elle tenait à peine sur ses jambes. » Je regarde dans le vague. De nouveau, j’ai l’impression de quitter mon corps.

« Christian ! Tu restes avec moi et tu te concentres ! »

« John ! J’ai l’impression de mourir à petit feu ! »

« Tu as une chance d’arranger les choses. Peux-tu lui laisser quelques jours ? Ca lui permettra de se remettre de ses émotions et pendant ce temps là tu ne pourras pas l’effrayer. Ensuite tu iras lui parler. Mais vraiment parler. Tu dois mettre tes idées en ordre pour détailler tout ce qui n’allait pas, à part la fessée bien sûr. »

Je sais très bien ce qui a tout fait foirer. C’est le contrat. C’est ça qui n’allait pas. Une relation contractuelle ne marche pas entre deux personnes amoureuses l‘une de l‘autre. Je l’ai entrainée dans une liaison cloisonnée… La boucle est bouclée. Et merde pour la paperasse ! Je suis résolu et déterminé. Je me lève.

« Merci John. »

« De rien, y a-t’il du nouveau à propos de Leïla ? »

« Pas encore, mais je t’appellerai dès que nous l’aurons trouvée. »

Je quitte le cabinet de John gonflé à bloc mais le cœur encore lourd.

Comment faire passer le temps durant ces quelques jours que je dois laisser à Anastasia ? Je suis une putain d’épave ! Mais c’est la prescription du Docteur. Je rentre en courant.

Taylor m’attend à la porte, il est nerveux. Il me regarde manifestement inquiet pour moi mais ne dit rien.

« Taylor, j’ai besoin de vous. Retrouvez-moi dans mon bureau d’ici trente minutes. »

Ca me laissera le temps de me doucher et de me préparer.

Il acquiesce.

Moins d’une demi-heure plus tard, je suis lavé et vêtu de ma chemise en lin blanc et d’un jean noir. Je prends une bouteille d’eau et me dirige vers mon bureau. Taylor surgit comme par magie et m’emboîte le pas. Il ferme la porte derrière lui puis me regarde avec curiosité. J’inspire profondément avant d’ouvrir la bouche. Je la referme aussitôt. Je l’ouvre à nouveau. « Taylor, quel est le meilleur fleuriste de Seattle? » Il écarquille les yeux, je ne l’ai jamais vu aussi surpris.

« Fleuriste Monsieur ? »

« Oui un fleuriste. Je voudrais envoyer des roses à Mademoiselle Steele demain, pour la féliciter à l’occasion de son premier jour de travail. »

« Je peux m’en charger Monsieur. »

« Je sais que vous pouvez le faire Taylor. » dis-je exaspéré. « Mais je veux le faire moi-même. » Il tente de réprimer un sourire mais n’y parvient pas, puis il redevient impassible.

Nous surfons sur le net pendant une demi-heure et sélectionnons trois fleuristes. J’appelle mon assistante Andréa qui, elle aussi, propose de de se charger de commander les fleurs. Je suis obligé de lui mettre les points sur les i. « Je vous demande juste le nom du meilleur fleuriste Andréa ! » et je lui lis les noms des trois fleuristes que Taylor et moi avons sélectionnés. Elle me donne le nom et je raccroche.

« C’est bon, nous avons la réponse. Maintenant nous devons nous occuper de la signification des roses. »

« La signification Monsieur? »

« Bon sang vous avez déjà été marié ! N’avez-vous jamais envoyé des roses à votre femme pour lui exprimer quelque chose ? »

Il fait une sorte de moue en pigeant enfin. « Je ne sais pas trop Monsieur, mais je pense que Madame Jones serait de meilleur conseil. Les femmes sont plus sensibles aux symboles. Voulez vous que j‘aille la chercher ? »

« D’accord, allez-y. »

Quelques minutes plus tard, il revient accompagné de ma gouvernante. Il a du la mettre au parfum car son regard pétille, mais comme toujours son comportement est très professionnel.

« Que voulez-vous exprimer Monsieur ? »

J’inspire profondément. « Un nouveau départ, l’innocence, la pureté, l’honneur, le respect. Y a-t-il une fleur qui symbolise tout cela ou dois-je commander une composition florale ?

Madame Jones sourit.

« Il n’y a qu’une seule fleur qui symbolise tout cela. » Mon regard s’illumine pour la première fois depuis hier.

« Laquelle ? »

« La rose blanche. Des roses blanches à longues tiges seront parfaites. Elles signifient également ’la naissance d’un amour’ Monsieur. »

Je fronce les sourcils et ne peux m’empêcher de sourire à pleines dents.

Je la remercie et elle prend congé.

Je me tourne vers Taylor : « Bon, alors comment fait-on ? »

« Faire quoi Monsieur ? »

« Je veux lui commander des fleurs ! » dis-je dépité.

« Ah oui, eh bien il faut appeler le fleuriste et lui demander une livraison à domicile à moins que vous souhaitiez lui faire parvenir à son bureau. » dit-il mais je lui coupe la parole.

« Non, je veux qu’on les dépose chez elle. »

« Dans ce cas il faut indiquer une heure précise puis payer par carte de crédit. »

« Fastoche. C‘est dans mes cordes, merci Taylor. » Il hoche la tête puis se dirige vers la porte. Son petit sourire ne m’a pas échappé.

Je téléphone au fleuriste et commande deux douzaines de roses blanches à longues tiges qui devront être livrées demain après 17 H 30. Si elle est absente j‘insiste pour que le livreur se représente toutes les demi-heure. Ensuite je dois convaincre la bonne femme à l’autre bout du fil que je suis bien Christian Grey car elle en doute. Elle affirme que « les gens comme lui on des assistantes qui se chargent de ça ! » Une fois que nous avons réglé cette question et qu’elle est enfin convaincue que je suis bien « le » Christian Grey, je lui dicte un message à joindre au bouquet. Ni trop intime, ni trop neutre, mais juste ce qu’il faut pour qu’elle sache que je pense à elle.

Félicitations pour ton premier jour de travail
J’espère que ta journée s’est bien passée.
Et merci pour le planeur. C’était une charmante attention.
Il trône fièrement sur mon bureau.
Christian

J’espère qu’elle va répondre. J’espère qu’elle va comprendre. J’espère qu’elle m’aime encore. J’espère qu’elle va pardonner. J’espère… Je ne sais plus dans quel film j‘ai entendu cette phrase: ‘L’espoir est une bonne chose, peut être ce qu‘il y a de mieux. Et les bonnes choses sont éternelles.’  Alors j’espère.

Ensuite j’appelle Ros.

« Ros demain vous aurez des dossiers à traiter en priorité. »

« Bien Monsieur, de quoi s’agit-il ? »

« On lance une OPA sur SIP ! »

« Euh … C’est quoi SIP ? »

« C’est une maison d’édition. »

« Elle est à vendre ? »

« Non. »

« Elle est solide financièrement ? C’est une bonne affaire ? »

« J’en sais foutre rien. »

« Je vois … Monsieur Grey… heu… Christian, j’ai l’impression d’arriver au milieu d’une conversation que vous avez commencée sans moi. Pourquoi achetons-nous cette société ? »

« Ros ! Il y a une raison pour laquelle ma compagnie est TOTALEMENT privée. C’est parce que j’aime faire comme bon me semble. Je veux cette société parce qu’elle fait du sur place. Ca pourrait être un bon plan pour nous.  Elle a besoin de transformations et on va la développer. Vous allez l’acheter même si on doit lancer une OPA hostile ! Ensuite je veux les dossiers de tout le personnel : directeurs, nouveaux employés etc…  Je veux que tout soit prêt et dès lundi vous lancez une OPA amicale. S’ils refusent, mardi vous achèterez toutes les actions disponibles sur le marché. Ca doit être réglé dans la semaine ! Est-ce que je me suis bien fait comprendre ? C’est clair ? » Dis-je en serrant les dents. Christian le Boss est de retour dans une forme olympique.

« Parfaitement clair Monsieur. Je m’occupe de ça aujourd’hui même. »

« Quoi qu’il faille faire, faîtes le ! » Je raccroche.

Je ferai tout protéger ce qui m’appartient. Anastasia est à moi. Bébé tu ne m’as pas encore vu me battre pour toi ! Ca va être grandiose ! Car je ne renonce pas… parce que je sais que tu m’aimes et que je t’aime aussi.

LUNDI

Mon deuxième jour après rupture et avant combat bat son plein. Ros m’appelle en fin de journée. « Monsieur Grey nous avons fait l’offre à SIP. Bien que nous ayons proposé plus que ce qu‘elle vaut, la société est réticente à vendre. J’entame donc la phase deux. »

« S’ils refusent dîtes leur que j’achèterai toutes les actions, qu’elles soient à vendre ou pas, une par une s‘il le faut. Toutes absolument toutes ! Vous me suivez Ros ? Je les veux toutes ! Je serai l‘unique propriétaire. »

« Bien Monsieur. » Je raccroche.

Ce n’est pas une petite société comme SIP qui va me faire barrage pour protéger Anastasia. Hier j’ai demandé au fleuriste que la livraison soit faite en main propre et que la preuve de dépôt signée de sa main me soit remise aussitôt. Je l’attends comme un trésor.

Taylor est prêt pour me reconduire chez moi.

« Non Taylor, déposez moi à l’Apple store. »

« Bien sûr Monsieur »

Je veux présenter à Anastasia mes plus plates excuses. Après avoir hésité durant deux heures, je jette mon dévolu sur deux Ipad de la dernière génération. Un pour elle et un pour moi. Je ne sais pas toujours trouver les mots et parfois je suis maladroit et je m’en mords les doigts ! Mais la musique a toujours été un moyen d’extérioriser ma peine, sans doute pourra-t-elle aussi me permettre d’exprimer mon amour et c’est-ce que j’ai l’intention de faire.

Dès mon retour à la maison, Madame Jones m’informe qu’un coursier a déposé une enveloppe à mon intention. Je l’ouvre comme si elle contenait le plus précieux des joyaux. C’est le bon de livraison portant la signature d’Anastasia. Des putains de larmes me montent aux yeux et menacent de couler. La mâchoire crispée, le visage de marbre, je me rue vers mon bureau en serrant ce bout de papier contre mon cœur pour ne pas chialer devant mes employés. 

 **** ❦  ♡  ❧ *****
J’ai dormi avec l’ordinateur et le Blackberry d’Anastasia que je compte lui restituer sous peu, mais aussi avec ce qui sera bientôt son Ipad. Je lui donne encore deux jours du moins si j’arrive à tenir le choc jusque là. Ma vie est devenue un enfer et Ana me manque terriblement !

Mes jours et mes nuits sont insupportables depuis qu’elle est partie. Elle occupe toutes mes pensées. Je ne peux ni réfléchir ni me concentrer. Où que mes yeux se posent, je la vois. Je suis dans le brouillard en permanence, c’est horrible, je ne vois rien ! La vie est insipide et le trou béant au fond de moi ne cesse de s’agrandir. Je ne peux pas dormir et quand j’y parviens je me réveille terrifié par mes horribles cauchemars.

J’ai apporté ma maquette au bureau, mon planeur est désormais en sécurité dans une vitrine. Je l’ai pris en photo hier, j’ai mis ce cliché en page d’accueil sur son Ipad. J’ai également compilé une sélection de chansons qui me rappellent nous deux. « Nous deux » deux petits mots simples mais d‘une telle force. Je choisis de mettre la photo prise lors de la remise des diplômes en fond d’écran. La compilation musicale lui rappellera tout ce que nous avons fait ensemble.

Il y a Thomas Tallis, sur lequel je l’ai baisée après l’avoir tourmentée avec la cravache en cuir marron dont elle avait rêvé.

Witchcraft sur laquelle nous avons dansé dans le salon. J’étais déjà raide dingue d’elle et bien trop con pour m’en rendre compte.

Le Marcello de Bach qu’elle m’a souvent entendu jouer.

Lover, You should’ve Come Over de Jeff Buckley. Les paroles pourraient être de moi. J’espère qu’elle écoutera, j’espère qu’elle me pardonnera.

Lover, You Should've Come Over-Jeff Buckley

En regardant dehors je vois la pluie
Qui tombe sur le cortège funéraire
Des parents endeuillés en procession
Tandis que l’eau s’infiltre dans leurs chaussures
Je suis peut être trop jeune
Pour avoir su garder ce bel amour
Mais ce soir tu occupes toutes mes pensées
Tu ne sauras jamais
Je suis brisé, j’ai besoin de toi
Sans pouvoir être soulagé
Où es tu ce soir petite ?
J’ai tellement besoin de ton amour
Je suis trop jeune pour te garder
Et trop vieux pour t’oublier
Parfois un homme se laisse emporter
Lorsqu’il veut s’amuser
Trop aveugle pour voir le mal qu’il fait
Parfois un homme doit se réveiller
Pour comprendre a quel point il est seul
Alors je t’attendrai … en me consumant d’amour
Reviendras-tu ?
Mon amour tu devrais revenir
Il n’est pas trop tard
La chambre est vide
Le lit est fait
La fenêtre ouverte laisse entrer la pluie
Et seul je me consume dans un coin
En rêvant que tu es près de moi
Je me tourne et me retourne
Dans l’attente d’un sommeil qui ne viendra jamais
Il n’est jamais trop tard
Je donnerais mon royaume pour un baiser sur son épaule
Et toute ma richesse pour ses sourires
Quand je dormais auprès d’elle
Il n’est jamais trop tard
Je donnerais mon sang pour entendre son rire
Elle est la blessure qui hante mon âme à jamais
Peut être suis-je trop jeune pour garder ce bel amour
Oh Mon amour tu devrais revenir
Il n’est pas trop tard
Je me sens trop jeune pour te garder
Et trop vieux pour t’oublier
Trop sourd, stupide et aveugle
Pour voir le mal que je fais
Mon bel amour tu devrais revenir
Je t’attends mon amour
Tu devrais revenir car il n’est pas trop tard.

Puis je selectionne « Just say yes » de Snow Patrol parce que je voudrais qu’elle me pardonne vraiment.

Mais sachant combien je suis timbré, j’aimerais qu’elle m’accorde le droit à quelques erreurs, c’est pourquoi j’ajoute « Try » de Nelly Furtado.

Je mets aussi « Principles of Lust » d’Enigma que nous aimons tous les deux. J’ajoute « The Scientist » de Coldplay et pour la faire sourire je sélectionne « Possession » de Sarah McLachlan. Mais la cerise sur le gâteau et elle le saura si elle me connaît bien c’est « Every breath You Take » du groupe Police.

Every Breath You Take - the Police


Sachant combien Anastasia aime la littérature anglaise classique, je lui achète l’application « British Library » ainsi elle pourra lire tous les ouvrages qu’elle aime quand elle le voudra. J’ajoute l’application « manger sainement » ainsi que la météo et les informations quotidiennes.

J’ai le cœur serré en pensant que ça ne suffira peut être pas pour exprimer mes regrets mais j’espère sincèrement que oui.

Bien qu’elle refuse de m‘entendre, il y a quand même une petite chance que son cœur lui souffle de me pardonner

MARDI

Ros me téléphone avant que je parte pour le bureau

« Monsieur, je ne pense pas que SIP puisse résister à une OPA amicale. Toutefois, tout est prêt pour lancer une OPA hostile si besoin. J’attends vos ordres Monsieur. »

« Allez-y ! Je veux qu’on en finisse au plus vite. »

« Bien Monsieur. Je vous tiendrai informé de l’avancement du dossier au cours de la journée. Si tout se passe comme prévu nous devrions pouvoir signer demain. »

« Parfait, faites moi savoir quand vous aurez fini. »

**** ❦  ♡  ❧ *****

Sur le chemin du bureau je demande à Taylor ou en est la surveillance d’Anastasia.

« Hier, elle est allée travailler puis elle est rentrée chez elle en bus. » J’ai à nouveau le cœur serré. Tout est de ma faute. « Quoi d’autre ? »

« Elle n’est pas ressortie. »

« Et à propos de son compte bancaire ? »

« Elle n’a pas déposé l’argent Monsieur. Il y a toujours environ mille dollars sur son compte.

Je soupire.

« Vous continuez de la surveiller. »

« Bien Monsieur. »

Ros appelle une heure après mon arrivée au bureau.

« Monsieur, c’est fait. Ils ne sont pas ravis mais après tout c’est le jeu dans une OPA hostile. Nous pourrons signer aujourd’hui vers 14 heures. Bien sûr, cela doit rester confidentiel au moins quatre semaines jusqu’à ce que toutes les formalités d’enregistrement et de publications soient accomplies. »

Tic Tac. Tic Tac. La putain d’horloge tourne et mon cœur s’impatiente en comptant les jours passés sans Anastasia. Quatre foutues journées ! Je suis agité, en colère et nerveux et raide dingue d’elle !

« Et les dossiers des salariés que je vous avais demandés ? Ca avance ? Et le serveur informatique de SIP ? »

« Notre service informatique recevra toutes les données dans l’heure. La société n’a pas beaucoup de personnel donc ça ne devrait pas être trop difficile de vous procurer les dossiers. Laissez-moi une heure ! »

« Ros, vous avez 60 minutes ! Tic Tac ! »

Mes mains se mettent à trembler lorsque je vois arriver les dossiers du personnel dans ma boite mail.

Je fais défiler les noms jusqu’à la lettre S.

« Anastasia Rose Steele »

Je regarde son nom et sa petite photo d’identité professionnelle. Ses yeux bien trop grands et son visage sans l’ombre d’un sourire, grave, les traits tirés. « Tu me manques bébé » dis-je à la photo. Tu me manques tellement ! 

Skipping Stone - Amos Lee


Je cherche le nom de son patron, « Jack Hyde. » Ce mec me déplaît immédiatement.

Je siffle entre mes dents : « Voyons voir ce que tu as dans le ventre Môssieur Jack Hyde! »

Je trouve son dossier. C’est un premier de la classe bardé de diplômes. Environ 32 ans. Des yeux bleus vifs. Je compose le numéro de Welch.

« Welch, c’est Grey. J’ai besoin de recherches approfondies. »

« Son nom ? »

« Jack Hyde. Editeur chez SIP. »

« Vous voulez ça pour quand Monsieur ?»

« Pour avant-hier ! » dis-je, histoire de lui faire comprendre qu’il a le feu aux fesses. »

« Dans ce cas je m’y mets toute de suite Monsieur. Je vous tiens au courant dans la journée. Ca vous convient Monsieur ? »

« Bien, mais ne me faites pas attendre ! »

**** ❦  ♡  ❧ *****

Vers 18 heures j’arrive à l’Escala après avoir signé l’acte de vente. Désormais, Anastasia Rose Steele travaille officiellement pour moi. A mon plus grand soulagement, cela veut aussi dire qu’elle est maintenant sous ma protection.

Je vais me changer dans ma chambre. Le Blackberry d’Ana est posé sur ma table de nuit, il se met à sonner. Je vais voir qui l’appelle. En lisant le nom qui figure sur l’écran je pousse un grognement. Je prends la communication : « Bonjour Monsieur Rodriguez. »

Il marque un temps d’arrêt puis s’exclame : « Euh… Monsieur Grey ? »

« Anastasia est occupée. En quoi puis je vous aider ? »

« Euh … Je me demandais si Ana avait l’intention de venir à mon vernissage jeudi prochain. »

« Je ne sais pas. Je vais lui en parler. Elle vous rappellera. »

« Merci Msieur ! » dit-il mal à l’aise.

« De rien. » Je raccroche.

Je sais qu’elle n’a pas déposé son chèque donc elle n’a pas pu acheter une voiture. Je recommence à tapoter nerveusement mes doigts.

« Anastasia Steele, tu m’appartiens bébé ! » 

Umbrella by Rihanna

J’espère bien que personne d’autre ne lui tourne autour. Je sors de ma chambre en ayant totalement oublié pourquoi j’y étais entré. J’appelle Taylor.

« Qu’à fait Miss Steele aujourd’hui ? »

« Elle a pris le bus pour aller travailler. Elle a quitté son bureau vers 17 H 30 et elle a repris le bus pour rentrer chez elle. Elle n’est pas ressortie depuis. »

« Vous en êtes sûr ? »

« Absolument Monsieur. J’ai un gars qui planque sur place et qui la surveille 24 H sur 24 et 7 jours sur 7. »

« Ok, ça ira. »

**** ❦  ♡  ❧ *****

MERCREDI

Je suis au comble de la frustration ! Je suis désagréable avec tout le monde et prêt à péter la gueule de quiconque se trouvera sur mon chemin. Le lion qui est en moi ne cesse de m’arracher le coeur et de me tourmenter jour après jour.

J’ai reçu les premières informations sur le patron d’Anastasia. Ce qui je lis m‘inquiète. C‘est un battant, il a fait de brillantes études, bref de ce côté-là son dossier est nickel. Par contre, c’est le turn over du côté de ses assistantes qui changent presque tous les mois. Welch a joint une note dans laquelle il m’informe qu’il va creuser de ce côté-là. En effet soit ce Hyde est un patron infect et chiant, soit c’est un harceleur sexuel. Dans tous les cas ça va causer des emmerdes à Anastasia.

Elle n’a toujours pas remercié pour les fleurs. Connait-elle la symbolique des roses blanches ? Peut être pas, mais Madame Jones dit que les femmes savent ces choses là. Et Ana n’est pas une femme ordinaire. J’espère qu’elle a compris le message.

Je me suis fixé une heure limite pour lui envoyer un mail au sujet du vernissage de son ami.

Comme elle m’avait proposé de venir et que j’avais accepté, ça fera un excellent prétexte pour lui écrire. Mes mains tremblent en tapant le mail et je suis obligé d’effacer ce que j’ai déjà écrit parce que c’est truffé de fautes de frappe.

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De: Christian Grey
Objet: Demain
Date: 8 Juin 2011 14:04
À: Anastasia Steele

Chère Anastasia,

Pardonne-moi cette intrusion à ton travail. J‘espère que ça se passe bien. As-tu reçu mes fleurs ? Je constate que le vernissage de l’exposition de ton ami a lieu demain. Je suis certain que tu n’as pas eu le temps d’acheter une nouvelle voiture et c’est assez loin. Je serais plus qu’heureux de t’accompagner - si tu le souhaites. Tiens- moi au courant.

Christian Grey
PDG, Grey Enterprises Holdings Inc.
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J’envoie tout en trépignant et en l’implorant derrière mon ordinateur: « S’il te plait bébé dis oui ! Je t’en prie dis oui ! »

Je regarde fixement l’écran. Toujours pas de réponse. Va-t-elle m’envoyer chier ? Me demander de lui foutre la paix ? Me dire qu’elle me déteste ? J’en peux plus. Le suspense est insoutenable. Ste plait bébé ne me rejette pas ! Ste plaît accepte ! Je t’en prie reviens !

Mon interphone sonne.

Je gueule « Quoi ? »

Je devine qu’Andréa à sursauté derrière son bureau.

« Monsieur Welch est là Monsieur. »

« Qu‘il entre. »

Il me fait un topo sur Hyde. Ca a été le défilé des assistantes. Aucune n’a été mutée sur un autre poste ni n’est restée dans la société. Welch en a rencontré deux qui ont chanté les louanges de leur ancien patron. « Ce serait donc un type bien ? C’est juste un chieur ? »

« Eh bien Monsieur, mon instinct me dit que non. Voyez vous les deux filles ont dit quasiment la même chose, mot pour mot. J’ai le sentiment qu’elles ont récité une leçon. »

« C’est un harceleur. »

« C’est probable. Nous en aurons le cœur net, je vais essayer de retrouver d’autres femmes qui ont travaillé pour lui. »

Quand Welch quitte mon bureau, je n’ai toujours pas reçu de réponse d’Anastasia. Je fixe l’écran comme si elle allait surgir au travers.

Je soupire de soulagement en entendant le bip signalant l’arrivée d’une réponse.

_____________________________________
De: Anastasia Steele
Objet: Demain
Date: 8 Juin 2011 14:24
A: Christian Grey

Bonjour Christian,

Merci pour les fleurs, elles sont ravissantes. Oui, J‘aimerais que tu m‘emmènes. Merci.

Anastasia Steele
Assistante de Jack Hyde, Editeur, SIP
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Sa réponse et la perspective de la voir me comblent de bonheur. A rien près je ferais la roue dans mon bureau !

Je tape une réponse pour savoir à quelle heure je peux passer la prendre.
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De: Christian Grey
Objet: Demain
Date: 8 Juin 2011 14:26
À: Anastasia Steele

Chère Anastasia,

A quelle heure dois-je venir te chercher ?

Christian Grey
PDG, Grey Enterprises Holdings Inc.
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Je recommence à compter les secondes en attendant sa réponse. Tic tac. Tic tac. Je parle à mon écran : “Ana, s‘il te plaît réponds moi!” 
______________________________________
De: Anastasia Steele
Objet: Demain
Date: 8 Juin 2011 14:31
À: Christian Grey

Le vernissage de José commence à 19 H 30. Quelle heure te conviendrait?

Anastasia Steele
Assistante de Jack Hyde,  Editeur, SIP
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De: Christian Grey
Objet: Demain
Date: 8 Juin 2011 14:33
À: Anastasia Steele

Chère Anastasia,

Portland est assez loin. Je passerai te prendre à 17 H 45.
J‘ai hâte de te voir.

Christian Grey
PDG, Grey Enterprises Holdings Inc.
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Sa réponse est brève, mais au moins c‘est un début.
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De: Anastasia Steele
Objet: Demain
Date: 8 Juin 2011 14:37
À: Christian Grey

A demain alors.

Anastasia Steele
Assistante de Jack Hyde, Editeur, SIP
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Mon moral est au beau fixe pour la première fois de la semaine. Demain je vais voir mon Ana ! Je tiens enfin la chance de me racheter.

JEUDI

La journée n’en finit pas. Quoi que je fasse, l’horloge n’avance  pas assez vite. Aucune activité, aucun dossier, aucun problème n’est assez prenant pour me faire oublier Ana et faire passer le temps jusqu’à ce soir ou je pourrai enfin la revoir ! Mais j’ai beau faire, je ne pense qu’à Anastasia. J’appelle Taylor pour m’assurer encore une fois du bon déroulement du programme décidé hier.

« Est-ce que le pilote a été prévenu ? »

« Oui Monsieur. Il s’occupe des préparatifs de Charlie Tango et des plans de vol, il sera prêt à décoler dès que nous arriverons. Nous irons chercher Miss Steele à son travail et je vous déposerai tous les deux à l’heliport. Je conduirai le pilote jusqu’à Portland, le déposerai à l’héliport et il ramènera Charlie Tango. Puis je viendrai vous chercher vers 20 H 30 à l’endroit que vous m’indiquerez. Ensuite je vous ramènerai tous les deux à Seattle. »

« Bien. On fait comme ça. »

Je crois entendre Taylor dire : « Ca va marcher Monsieur, elle reviendra ! » mais l‘ai-je vraiment entendu ? Sûrement pas ! Je suis à bout de nerfs !

Je quitte le bureau à 17 H 00, nous arrivons devant SIP vers 17 H 20. Les dernières 25 minutes avant de revoir ma nana sont un supplice. Je suis comme un marathonien qui vient de courir 40 kilomètres et qui est terrassé par l’épuisement dans les derniers mètres. Et pourtant il se pousse au cul pour avancer. Mes yeux sont rivés sur l’entrée de SIP. Taylor se propulse hors de la voiture aussitôt qu’Anastasia apparaît. Il y a un espèce de con qui lui tient la porte ! Encore un shnock qui lui tourne autour ! Tandis que Taylor ouvre la porte arrière pour qu’Anastasia prenne place, je pose mes yeux sur l’amour de ma vie pour la première fois depuis près d’une semaine, et ce que je vois me remplit de colère !

Alors qu’elle se pose à côté de moi je lui demande sèchement : « Quand as-tu mangé pour la dernière fois ? »

« Bonjour Christian. Moi aussi je suis ravie de te revoir. » Sa réplique me rend encore plus furieux.

« Pour le moment tu remballes ton arrogance. Réponds-moi. » dis-je en la foudroyant du regard.

« Euh… J’ai pris un yaourt pour déjeuner. Ah ! Et aussi une banane.”

Taylor a repris le volant et la voiture démarre.

Le bouffon qui lui a tenu la porte est planté sur le trottoir et lui fait un signe de la main. Anastasia le salue en retour.

« C’est qui ? »

« Mon patron. » répond-elle en me regardant à la dérobée.

Je suis en rage, mâchoire serrée. C’est lui, ce salopard de Jack Hyde ! Il ne perd rien pour attendre… Je vais me charger de son cas.

«Alors ? Ton dernier repas ? »

“Christian, ça ne te regarde pas.” Murmure t’elle.

Oh comme tu me connais mal bébé !

« Tout ce que tu fais me regarde. Réponds-moi ! »

Elle soupire et lève les yeux au ciel. Mon regard est rivé sur elle.

Elle esquisse un sourire avant de pouffer de rire. Mon expression s’adoucit et je souris aussi.

« Alors ? »

Elle murmure : « Vendredi dernier, des pasta alla vongole. » Je suis consterné.

Je ferme les yeux tout aussi peiné que furibond. J’aurais du la contacter bien plus tôt. Elle s’est littéralement affamée. Elle a perdu beaucoup de poids et ses yeux sont cernés.

« Tu as perdu au moins 3 kilos, peut être plus. Je t’en prie Anastasia, il faut que tu manges. »

Elle regarde fixement ses mains posées sur ses genoux. Boudeuse comme une enfant qu’on réprimande. Je me tourne vers elle pour mieux la voir et évaluer son état.

« Comment vas-tu ? » Je pose la question d’une voix douce et inquiète.

Son visage se décompose, ses épaules s’affaissent comme si elles supportaient un poids bien trop lourd.

« Si je te disais que ça va, je mentirais. »

J’inspire longuement. Elle aussi a souffert, tout comme moi !

Je chuchotte : « Moi aussi ! » en me penchant pour attraper sa main. « Tu me manques. »

Elle regarde nos mains jointes, le courant familier passe à nouveau entre nous.

« Christian, je … » Je lui coupe la parole.

« Ana, il faut qu’on parle. »

« Christian, je … Je t’en prie … J’ai tellement pleuré. »

“Oh bébé, non.” Je tire sa main, déboucle sa ceinture de sécurité et la serre dans mes bras. C’est ce que je rêve de faire depuis la minute ou elle m’a quitté. Je l’enlace en enfouissant mon nez dans ses cheveux pour inhaler son parfum. C’est divin … Je suis au paradis et j’ai dû traverser l’enfer pour y parvenir.

« Tu m’a tellement manqué Anastasia. »

Elle s’abandonne à mon étreinte, la tête posée sur mon épaule.

Mon cœur hurle : « Je t’aime, je t’aime, je t’aime. » Mais mes lèvres restent muettes. 

My Love - Sia







20 comments:

Nj said...

Trop parfait.......merci beaucoup

Claudine Duchaine said...

wow vraiment bon encore une fois merci beaucoup :) jai relu deux fois les livres en attendant la suite alors ca fait du bien de ravoir notre cher christian. merci encore pour votre travail cest fantastique :)

claudine

Anonymous said...

Génial le tome 2 en francais, je l attendais avec impatience!

La lecture est très émouvante, on ressent tellement l amour de Christian pour Ana...un régal!

Merci et vivement vendredi prochain!

Marie said...

Merci, merci, j'attendais avec impatience le livre 2 ! Vous faites un travail magnifique.... Vivement la suite, j'adore !

PILINE said...

Merci merci :D' je rentre de vacance je suis a moitier en deprime mais quand j'ai vu que le premier chapitre du 2eme tome était fait ca m a redonné le sourire donc merci j'attend le 2eme chapitre dans la journee hihi MERCI !!

Elisabeth ze translator said...

salut les poupées!

Je suis ravie que vous soyez contentes car ce chapitre fait tout de même 26 pages donc prenez le temps de savourer.

Pline pour le chapitre 2 faudra attendre un pitipeu :-)

bizz

EM

Vivian said...

Très très grand Merci pour ce 1er chapitre du 2ème tome tellement emouvant et beau,dont Christian reconnait son amour pour Ana.

Vivian said...

Très très grand Merci pour ce 1er chapitre du 2ème tome tellement emouvant et beau,dont Christian reconnait son amour pour Ana.

VML said...

Et bien!! Quel bonheur de vous retrouvez et de retrouver avec vous le 2ème tome et les chapitres qui viendront avec.
Merci pour ce chapitre epoustouflant,
J'attend avec impatience vendredi prochain.

yokonissa said...

Merci pour tout cet énorme travail; nous sommes de plus en plus nombreuses à vous lire et attendons le prochain chapitre avec impatience!!! bon courage

yokonissa said...

Merci pour cet énorme travail, nous sommes de plus en plus nombreux à vous lire et attendons le prochain chapitre avec impatience! bon courage

Anonymous said...

Merci, merci pour ce superbe travail ! Encore un chapitre qui m'a fait pleurer ! Mais des temps meilleurs vont arriver. J'ai hâte de lire la partie ou Christian achète toutes les photos ! Mais, oups ! Spoiler pour celles et ceux qui n'auraient pas lu le livre de E.L. James, donc je ne vais pas plus loin !
Merci encore pour votre excellente traduction Elizabeth. Ca fait du bien de temps en temps, de lire en français !

S. from France

Elisabeth ze translator said...


merci merci

Il me reste 7 pages à traduire du chapitre 2. Il sera publié en début de semaine prochaine. Lundi ou mardi au plus tard. Par contre pour le 3ème chapitre je préviens tout de suite, il faudra attendre un peu car il est très long et j'ai vraiment peu de temps.
bizz

Anonymous said...

Pas de problème, Elizabeth, je patienterai. Ce sera dur, mais je devrais y arriver !!! Hi,hi,hi ! Bonne journée (ou plutôt bonne nuit si vous êtes dans le même coin qu'Emine !).

Bizz,

S. from France

karine said...

OOh merci beaucoup pour le premier chapitre du tome 2
c'est génial!!
biz à vous

Bonbec said...

on attend la suite avec impatience!

salomé said...

bravo, pour ce superbe travail, on ne s'en lasse pas.
merci a vous.
j'ai vraiment hâte de lire le chapitre 5.

Anonymous said...

C'est super !! Est-ce que c'est possible d'avoir le volume 2 complet de la version Christian Grey ? Si oui, s'il vous plait, pourrez-vous m'envoyer a l'adresse vchiste@noos.fr ?
Merci d'avance et encore une fois c'est vraiment super ce que vous faites.

Marion Tabut said...

J'adore ce que vous faites mais est-il possible d'avoir le tome 2 en français complet? J'ai vraiment envie de lire la suite!

Marion Tabut said...

J'adore ce que vous faites mais est-il possible d'avoir le tome 2en français complet? J'ai terminé les 6 premiers chapitres et j'aimerais vraiment lire la suite! Si oui, mon adresse mail marion.tabut@yahoo.fr.
Merci d'avance.