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Friday, April 12, 2013

Livre I en Français - Chapitre XVIII - Christian Grey et Anastasia Steele


DEVINE QUI VIENT DINER ?

Chapitre 18

Traduit par: Elisabeth Mazaltov
Edité parHélène B. et Elisabeth Mazaltov




« Bien joué bébé, ça t’a fait mal ? »

« Non. » Elle peut à peine me répondre pas plus qu’elle ne peut garder les yeux ouverts.

« Tu pensais que ça ferait mal ? » Je chuchote à son oreille tout en la tenant contre moi. Je repousse quelques cheveux de son visage.

« Oui. » répond-elle épuisée.

« Tu vois que la peur est dans ta tête Anastasia. » Mais ce qui me taraude est de savoir si elle accepterait de le refaire. D‘une voix hésitante je lui pose la question:

« Tu le referais ? » Fatiguée, elle met quelques instants à répondre.

« Oui. » répond-elle d’une voix douce.

Je suis foutu !

J’aime vraiment et profondément cette femme, c’est pour moi un  sentiment étrange mais fondamental. Je l’aime, c’est élémentaire ! Evident.
Je la serre fermement dans mes bras.

« C’est bien, moi aussi. » Je me penche et tendrement je l’embrasse sur la tête.

« Et je n’en ai pas fini avec toi. » dis-je parce que j’ai attendu qu’elle soit dans cette pièce depuis des jours, non, ça fait  des semaines maintenant. Ses yeux sont fermés tandis que je suis enveloppé autour d’elle. Elle tourne son visage vers ma poitrine et inspire profondément, mais ce mouvement me hérisse. Elle ouvre les yeux et me regarde. Je lui jette un regard d’avertissement.

« Non. » Elle s’empourpre et me regarde tristement ce qui fait fondre mon cœur ténébreux.

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« Va t’agenouiller près de la porte. »

Ma voix est redevenue glaciale à cause de cette saloperie de merde qui est en moi. Ma limite à ne pas franchir a été enfreinte et je tente de retrouver mon sang froid.

Elle se relève péniblement et se précipite à la porte et s’agenouille comme je le lui ai montré, tremblante et fatiguée. Je la suis, elle est épuisée, ses paupières sont lourdes et elle n’arrive plus à maintenir sa tête droite.

« Je vous ennuie Mademoiselle Steele ? » Elle se réveille en sursaut. Je suis debout devant elle, bras croisés en la regardant fixement. Quand ses beaux yeux bleus se posent sur moi, mon regard s’adoucit, elle est mon point faible.

« Debout. » Elle se lève prudemment.

J’esquisse un sourire

« Tu es crevée non ? » elle hoche la tête en rougissant.

« Un peu d’endurance Mademoiselle Steele. » Voilà la raison pour laquelle je veux qu’elle fasse du sport. Je plisse les yeux en la regardant.

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« Je n’en ai pas fini avec toi. Tends les mains comme si tu priais. » Elle cligne des yeux en se demandant si elle a bien compris.

« Prier ? » demande t’elle complètement embrouillée en se disant sans doute que c’est un bien curieux endroit pour prier. Elle finit par faire ce que je lui ai demandé. Je prends un lien de serrage dans lequel j’emprisonne ses poignets. Elle cherche à capter mon regard en le reconnaissant.

« Ca te rappelle quelque chose ? » Je suis incapable de réprimer un sourire. Elle me regarde ébahie comme si une poussée d’adrénaline parcourait son corps. Elle est tout à fait réveillée à présent.

“J’ai des ciseaux,” dis-je en les brandissant, “Je peux te libérer à tout moment. » Je veux la rassurer.

Elle tente d’écarter ses poignets pour tester les liens, mais le plastique résiste et mord sa chair. Tant qu’elle n’essaiera pas de forcer pour écarter les poignets ça ne lui fera pas mal sinon ça entaillera sa peau.

« Viens. » dis-je en attrapant ses mains entravées et je la conduis au lit à baldaquin. Elle remarque qu’il est recouvert de draps rouge sombre et qu’une chaîne pend à chaque colonne. Elle me regarde avec curiosité.

Je me penche et murmure à son oreille: « J’en veux plus, beaucoup, beaucoup plus. » Son cœur bat la chamade. Elle est fébrile.

« Mais j’irai vite. Tu es fatiguée. Accroche-toi à la colonne. » Elle fronce les sourcils en réalisant qu’elle ne va pas s’allonger sur le lit. Elle écarte ses mains pour agripper la colonne en bois sculpté.

« Plus bas. Bien. Ne lâche pas sinon tu auras la fessée. Compris ? »

“Oui Monsieur.”

“Bien.”

Je me tiens derrière elle et attrape ses hanches puis rapidement je la soulève, ainsi elle penche en avant toujours agrippée à la colonne.

« Tu ne lâches pas.  Je vais te baiser à fond par derrière. Accroche-toi bien pour que la colonne supporte ton poids.

« C’est compris ? »

« Oui. » dit-elle. Je lui mets une claque sur les fesses.

« Oh… Oui Monsieur. »

“Ecarte les jambes.” Je place mes jambes entre les siennes et tout en maintenant ses hanches j’écarte sa jambe droite.

« Voilà c’est mieux. Après ça je te laisserai dormir. » Avec douceur je caresse son dos.

« Tu as une peau magnifique Anastasia. » Je me penche et dépose une succession de petits baisers légers le long de sa colonne vertébrale. En même temps, mes mains l’enlacent pour s’emparer de ses seins. Mes doigts excitent ses mamelons. Elle étouffe un gémissement. Une nouvelle fois son corps s’anime sous mes caresses.

Je mordille sa nuque tout en tirant sur ses tétons, ses mains se resserrent sur la colonne.

Je la lâche pour attraper un préservatif. Je déchire l’emballage et fais tomber mon jean sur mes chevilles.

« Anastasia Steele, vous avez un cul fascinant. Qu’est ce que j’aimerais lui faire… dis-je avec convoitise. Mes mains glissent sur ses fesses, puis descendent et j’enfonce deux doigts en elle.

« Tu es toute mouillée. Vous ne me décevez jamais Mademoiselle Steele. » Il y a de la fierté dans ma voix.

« Accroche toi bien… ça va être rapide bébé. » Dis-je en agrippant ses hanches. Je me positionne sous elle, puis rapidement je soulève ses hanches. J’attrape sa tresse que j’enroule autour de mon poignet jusqu’à sa nuque pour maintenir sa tête. Très lentement je la pénètre… jusqu’à la garde tout en tirant sur ses cheveux. Je me retire tout aussi lentement. Je saisis sa hanche de ma main libre et je la maintiens fermement. Puis je la défonce, elle glisse en avant.

Je crie les dents serrées : “Tiens bon Anastasia.” Elle s’agrippe encore plus fermement à la colonne tout en poussant vers moi tandis que je continue mon assaut impitoyable, mes doigts s’enfoncent dans sa hanche. Je sens qu’elle s’affaiblit avec la montée d’un nouvel orgasme. Je poursuis brutalement contre elle, en elle, ma respiration est saccadée, je gémis, je grogne. Sa respiration s’accélère, ses gémissements annoncent l’arrivée inévitable de son plaisir tout comme je sens l’arrivée du mien, je continue de la pilonner sans relâche. Je gémis « Vas y Ana jouis pour moi. » ma voix la fait basculer et elle s’abandonne à son plaisir.

Nous sommes tous les deux épuisés, je suis couché sur le sol, Anastasia est allongée sur moi, le dos contre ma poitrine. Tout en frottant mon nez contre son oreille je chuchote doucement : « Lève tes mains. »  Elle lève les bras et d’un coup de ciseaux je coupe le plastique en murmurant « Je déclare l’ouverture officielle d’Ana. » Elle éclate de rire et se frotte les poignets. L’entendre rire me fait sourire, c’est le plus joli son du monde, parce qu’il signifie qu’elle est heureuse. J‘ai envie de l’entendre plus souvent rire, insouciante et joyeuse.

I’m on Top of the World - the Carpenters

Tristement je dis : «c’est un si joli son. » Soudain je me sens coupable et triste parce qu’elle n’est pas aussi insouciante qu’elle pourrait l’être. Je m’assieds en l’attirant contre moi de façon à ce qu’elle soit assise sur mes genoux.

« C’est de ma faute. » Dis-je en frottant ses épaules et ses bras qui ont été mis à rude épreuve. Je la masse doucement. Elle se tourne vers moi pour tenter de déchiffrer le sens caché de mes lamentations.

« C’est de ma faute si tu ne ris pas plus souvent. » dis-je la voix triste.

« Je ne suis pas une grande rieuse.  marmonne t’elle assoupie.

« Mais quand vous riez Miss Steele c’est un émerveillement et une joie à entendre. » Mes yeux étincellent.

 « C’est très poétique Monsieur Grey. » elle tente de rester éveillée mais ses yeux se ferment tous seuls.

« Je pense que tu as besoin de dormir car je t’ai baisée à fond. » dis-je l’œil brillant.

« Alors là ce n’est pas poétique du tout. » Elle bougonne en plaisantant. Je lui souris tout en la soulevant pour me mettre debout. Je ramasse mon jean que j’enfile à même la peau.

« Je n’ai pas envie d’effrayer Taylor ou Madame Jones. » Je me penche pour l’aider à se relever et l’accompagne jusqu’à la porte. Au dos de la porte est accroché le peignoir en coton gris que j’ai apporté plus tôt. Heureux, je l’aide à l’enfiler comme si elle était une petite fille. Elle est complètement crevée, ses membres sont trop faibles pour la soutenir. Maintenant qu’elle est revêtue du peignoir, je me penche pour l’embrasser, sachant qu’elle a été totalement à moi, à moi seul ce qui me rend profondément heureux. Ma joie irradie dans mon sourire.

« Au lit. » Son visage exprime la stupéfaction ce qui me fait sourire de plus belle… Encore une expression qui vaut le détour.

Pour la rassurer je précise : « Pour dormir. » Je la soulève et la porte, blottie contre ma poitrine, jusqu’à sa chambre, celle dans laquelle le docteur Greene l’a examinée tout à l‘heure. Elle est si exténuée que sa tête ballotte contre ma poitrine. Je soulève la couette et la couche puis je grimpe à mon tour dans le lit pour m’allonger près d’elle et la serrer contre moi. J’en avais envie depuis hier.

« Dors maintenant ma belle. » J’embrasse ses cheveux. Elle est blottie dans mes bras et nous nous endormons tous les deux.

Je me réveille le premier alors que le soleil se couche. Je la contemple endormie dans mes bras, repu et détendu. Je pourrais la regarder pendant des heures. Elle semble si sereine quand elle dort. J’essaye de dégager mon bras mais elle remue comme si quelque chose la dérangeait. Je lui caresse les cheveux puis lui embrasse le dessus de la tête, ce qui la calme instantanément. Elle est de nouveau paisible. Elle est rassurée par ma présence comme je le suis par la sienne. Cette pensée me fait soupirer de contentement. Elle est mon âme sœur. Je m’extrais de ses bras et doucement je sors du lit puis je rabats la couette sur son corps. Son bras me cherche. Lentement je me dirige vers la porte puis j’entends clairement :

« Christian, ne pars pas ! »

« Je vais juste… » Mais je réalise qu’elle est profondément endormie. Elle parle en dormant.

« S’il te plait… » Elle semble inquiète. Elle s’agite dans le lit. « J’aime… » Elle gémit comme si quelque chose lui faisait mal. Je retourne m’allonger près d’elle. Je lui caresse les cheveux pour l‘apaiser.

Elle aime quoi ? Ou qui ? Une fois qu’elle est calmée je retire mon bras, elle est toujours profondément endormie. Je vais vers la porte sur la pointe des pieds.  Elle recommence à parler, je l’entends très distinctement… Je m’arrête dans mon élan : « Je t’aime Christian ! Ne me quitte pas… » Elle me supplie dans son sommeil. Je suis ébahi. Je me pose dans une chaise pour la regarder. Tu parles d’une révélation ! Qu’est-ce que je peux faire ! Je ne suis pas digne de son amour… Parce que je suis indigne d’être aimé.  Que disait Elena à propos de l’amour ? « C’est une émotion inutile ! Il affaiblit le contrôle… »

Je finirai par lui briser le cœur… Merde ! 

Break Your Heart - Taio Cruz



Abasourdi, ravi, heureux, stupéfait je quitte lentement la chambre perdu dans mes pensées. Je vais prendre une douche et m’habiller pour le dîner.

Une fois prêt, je vais concocter une boisson pour Ana à base de Perrier et de jus d‘airelle. Je dépose le verre sur la table de nuit. Ca devrait l’aider à se lever en lui donnant une dose d‘énergie. Je réveille Anastasia en déposant de petits bisous tendres sur ses tempes mais elle est fatiguée et refuse de bouger. Elle chouine et s’accroche à son oreiller.

« Anastasia réveille toi. » Ma voix est cajolante.

« Non. »

« On doit partir dans une demi heure pour aller diner chez mes parents. » Elle finit par ouvrir les yeux de mauvaise grâce. Ca m’amuse. Elle regarde dehors en clignant des yeux. C‘est le crépuscule. Je me penche en la regardant attentivement.

« Allez la marmotte, debout. » Je me baisse et l’embrasse à nouveau.

« Je t’ai apporté à boire. Je descends. Tu ne te rendors pas ou ça va barder. » Je la menace mais mon ton est doux. Je l’embrasse et quitte la chambre. Mon Ipod est connecté sur la stéréo, on entend Franck Sinatra en fond sonore.

Je porte mon pantalon en flanelle grise, celui qui pend sur mes hanches et une chemise de marque en lin blanc. De ma fenêtre panoramique je regarde la nuit envelopper Seattle. Ma femme est chez moi en train de se préparer pour aller dîner chez mes parents, avec moi. C’est une sensation étrange, étrange mais réconfortante. Encore un signe qui ne trompe pas de l’influence qu’elle exerce sur moi. Je sens qu’elle est là avant de la voir. Elle m’admire. Je le sais à cause du courant familier qui passe entre nous lorsque nous sommes en présence l’un de l’autre. Je me retourne et lui souris. Elle est prête, exception faite de sa petite culotte qui se trouve au fond de ma poche. Je veux qu’elle me supplie de la lui rendre. Voyons voir comment elle va réagir à mon petit jeu.

« Salut » dit-elle en souriant.

« Salut. Comment te sens-tu ? » Intérieurement je suis pété de rire.

« Bien, merci. Et toi? » Moi je ne pourrais pas aller mieux qu’en ce moment.

« En pleine forme Miss Steele. » J’attends qu’elle réclame sa culotte.

« Franck… Hmm, Je ne pensais pas que tu étais un fan de Sinatra. » Sa remarque me surprend d’ailleurs je hausse un sourcil.

« J’ai des goûts éclectiques Mademoiselle Steele. » Je me poste devant elle en la regardant intensément. Je remarque que sa respiration part en vrille en me voyant impassible, planté devant elle. Pendant que Sinatra chante Witchcraft, je passe le bout de mes doigts sur son visage en descendant le long de son cou. Elle ferme les yeux en extase. J’ai soudainement besoin de la tenir dans mes bras et de danser avec elle comme s’il n’y avait pas de lendemain !

« Danse avec moi. »

Witchcraft - Frank Sinatra

Je prends la télécommande dans ma poche et j’augmente le son. Je tends ma main à Anastasia. Je suis en manque d’elle alors qu’elle est là avec moi. J’ai encore besoin de la tenir dans mes bras. Nous sommes ensorcelés l’un par l’autre. Je vois dans ses yeux qu’elle éprouve la même chose. Elle pose sa main dans la mienne. Le courant nous traverse à nouveau. Je l’attire contre moi en l’enlaçant par la taille et nous commençons à danser. Elle pose sa main sur mon épaule en souriant. Nous sommes deux jeunes gens heureux qui profitons de l’instant présent. Nous tournoyons depuis la fenêtre jusqu’à la cuisine, tourbillonnant  et virevoltant au rythme de la musique. Nous contournons la table de la salle à manger, puis le piano. Nous dansons le long de la baie vitrée derrière laquelle les lumières de Seattle brillent dans la nuit.

C’est l’heure du crime, avec cette femme envoûtante, dans ce décor envoûtant avec les ombres de Seattle en toile de fond, ma femme dans mes bras, dansant sur une chanson envoûtante chantée par une voix envoûtante… Elle rit, heureuse, ensorcelée tout comme moi. Je ne peux pas m’empêcher de lui sourire et de murmurer :

«  Il n’y a pas de sorcière plus belle que toi. » Je l’embrasse doucement.

« Ca vous a donné des couleurs Miss Steele. Merci pour la danse. On va voir mes parents ? »

« Ce fut un plaisir, oui j’ai hâte de les rencontrer. » répond-elle à bout de souffle.

« Tu as tout ce qu’il te faut ? » J’ai toujours sa culotte dans ma poche et je suis impatient de l’entendre me supplier pour la récupérer.

« Oui. » répond-elle innocemment en papillonnant des cils.

« Tu es sûre ? »

Elle hoche la tête d’un air désinvolte. Sa nonchalance m’amuse énormément. Tu veux aller chez mes parents les fesses à l’air ? Anastasia Steele  tu n’es pas piquée des vers ! Je laisse tomber en souriant d’une oreille à l’autre et en secouant la tête.

« D’accord. C’est comme vous voulez Mademoiselle Steele. » Je la prends par la main et attrape ma veste qui pend sur l’un des tabourets du bar puis je l’entraîne vers l’ascenseur pour descendre au parking.

Dans l’ascenseur elle lève les yeux vers moi. Je sais qu’elle ne porte rien sous sa jolie robe et je suis curieux de voir comment elle va se débrouiller dans une situation que je trouve certes, très excitante, mais aussi particulièrement cocasse. Elle va chez mes parents cul nu sous sa robe ! Sachant combien elle est timide je parie qu’elle regrette déjà sa décision. Une pensée en entraînant une autre je me demande quels jeux je vais bien pouvoir lui faire subir ce soir. Oh bébé c’est de ta faute et j’adore jouer ! Nous allons voir jusqu’où tu peux aller…

L’ascenseur descend rapidement et en douceur. Notre attirance mutuelle grimpe en flèche. Je repense à l’ascenseur de l’hôtel Heathman. Un de ces jours je vais la baiser dans cet ascenseur. Quand nos regards se croisent je sens mes yeux qui s’assombrissent plein de désir. Je ferme les yeux pour m’éclaircir les idées. Les portes de l’ascenseur s’ouvrent. Par courtoisie, je lui fais signe de passer la première mais mes pensées n’ont rien de courtoises.  Et elle le sait !

Taylor arrive au volant de l’Audi SUV. J’ouvre la porte arrière à Anastasia qui tente de monter de la façon la plus distinguée afin de cacher son cul nu.
La robe violette est moulante et descend jusqu’aux genoux. Heureusement, sinon j’aurais piqué une crise de jalousie.

Nous filons sur l’autoroute I-5, silencieux tous les deux. J’ai une tempête qui souffle dans la tête. Je regarde par la fenêtre la ville plongée dans la pénombre assis à côté de la femme qui m’obsède  depuis déjà plusieurs semaines. Et voilà que maintenant je l’emmène faire la connaissance de ma famille… Avec le titre officiel de petite amie. Mais qu’est-ce qui m’arrive ? Je l’aime infiniment. Je n’arrive pas à identifier les sentiments que j’éprouve pour elle. D’une part j’aime mon indépendance, j’aime bien contrôler. Non mais qu’est-ce que je raconte ? Je veux contrôler, j’aime ça. Je ne crois pas pouvoir m’en passer. J’aime mon style de vie… Mais la voilà qui débarque et qui met en péril tout ce que j’ai appris à connaître et a aimer sans faire le moindre effort, juste avec son air fragile de petite fille. Si elle n’est pas dans les parages je suis malheureux, et je rends tout le monde malheureux. Je pense à elle à toute heure du jour et de la nuit. Et toutes ces émotions dont j’ignore les noms sont en train de me rendre dingue ! Je deviens jaloux même quand quelqu’un prononce son nom comme si c’était une profanation. Qu’est-ce qu’elle me fait ? Je suis perdu en moi-même, je me noie dans mes pensées. Je me languis d’elle alors qu’elle est assise à côté de moi.

« Où as-tu appris à danser? » elle pose la question avec hésitation. Ca me sort de mes pensées mais pas de ma détresse. Je tourne les yeux vers elle, le regard triste.

« Tu veux vraiment le savoir ? »

Je ne la distingue pas très bien dans le noir, mais j’entrevois que son visage est décomposé.

« Oui. »

« Mrs Robinson aimait beaucoup danser. » Elle hoche la tête.

« Il semble qu’elle ait été un bon professeur. »

« En effet. »

J’essaye de voir son visage dans le noir. Il est attristé mais elle esquisse un sourire. Elle se frotte machinalement les poignets. Elle doit repenser à nos ébats de cet après midi. Son regard s’assombrit à nouveau, elle fixe la route de son côté et semble s’abandonner à des idées tristes. Je ne veux pas qu’elle soit désolée pour moi. Elle s’inquiète de ma relation passée avec Elena. Elle fait partie de mon passé désormais. Elle prend une grande bouffée d’air avec difficulté comme si elle avait du mal à contenir son émotion.

« Arrête. »

Elle tourne la tête vers moi.

« Arrêter quoi ? » demande t’elle désorientée.

« Tu réfléchis trop Anastasia. » Je suis incapable de résister à son attraction. Je tends la main pour m’emparer de la sienne et la porter à mes lèvres. « Jai passé un après midi merveilleux. Merci. » Elle me sourit timidement.

« Pourquoi as-tu utilisé un lien de serrage ? » Elle a parlé à voix basse ce qui me fait sourire.

« C’est rapide, facile à utiliser et c’est une nouvelle expérience pour toi. Je sais que c’est assez brutal mais c’est-ce qui me plait. »

Elle rougit tout en jetant un œil vers Taylor. Il est impassible, les yeux rivés sur la route. Taylor connait mon style de vie depuis le premier jour. C’est mon homme de confiance, il est en charge de ma sécurité personnelle. Il sait que mon style de vie fait partie des bagages. Je hausse les épaules.
« Tout ça fait partie de mon monde Anastasia. » dis-je en lui serrant la main puis je la lâche et me tourne à nouveau vers la fenêtre. Elle fait de même, perdue à nouveau dans ses pensées.  Je la regarde à nouveau. Tout ce qui la concerne m’attire et touche mon cœur. Elle semble hermétique et oppressée. Elle sent mon regard sur elle et tourne la tête vers moi.

« Un sou pour tes pensées ? »

Elle hoche la tête et fronce les sourcils, silencieuse.

« C’est si terrible que ça ? » J’insiste.

« J’aimerais savoir à quoi tu pensais. » dit-elle ce qui me surprend. Je lui souris.

« Moi aussi bébé. » mon ton est tendre. Comme j’aimerais savoir à quoi tu pensais.

Il est près de vingt heures quand l’Audi s’engage dans  l’allée de la villa de style colonial de mes parents. C’est un paysage de carte postale.

« Prête ? » je lui pose la question alors que nous arrivons devant la porte. Elle acquiesce. Je presse sa main pour la rassurer. Elle est tendue à l’idée de rencontrer les parents d’un garçon pour la première fois, mais c’est aussi une première pour moi.

Je chuchote: « C’est une première pour moi aussi. » Puis je lui adresse un sourire malicieux sachant qu’elle doit regretter de ne pas porter de culotte. « Je parie que tu regrettes ta culotte maintenant. » Elle s‘empourpre. Taylor est descendu de la voiture et ouvre la porte d’Anastasia. Elle me regarde en faisant la moue et je réponds par un large sourire en descendant de la voiture.

Ma mère, le Docteur Grace Trevelyan-Grey nous attend sur le perron. Elle est vêtue d’une robe en soie bleu pâle élégante et sophistiquée. Mon père se tient derrière elle, grand, blond toujours séduisant.

« Anastasia tu as déjà rencontré ma mère, Grace. Voici mon père Carrick. »

« Monsieur Grey, c’est un plaisir de vous rencontrer. » Elle sourit et serre la main que mon père lui tend.

« Tout le plaisir est pour moi Anastasia. » répond-il courtoisement.

« Je vous en prie appelez- moi Ana. » Les yeux bleus de mon père sont bienveillants.

« Ana c’est un plaisir de vous revoir. » Ma mère enlace Anastasia.

« Entrez ma petite. »

« Elle est là ? » nous entendons quelqu’un crier à l’intérieur. Bien sûr c’est ma sœur Mia.

« C’est Mia, ma petite sœur. » dis-je d’un ton énervé mais avec tendresse. Elle m‘exaspère mais je l‘aime. Effectivement, Mia dévale les escaliers, les cheveux noirs corbeau, grande et plantureuse.

« Anastasia ! J’ai tellement entendu parler de toi dit-elle en se jetant dans ses bras.

« S’il te plaît appelle-moi Ana. » Mia l’entraîne dans le vestibule.

« Il n’avait jamais ramené de fille à la maison. » dit Mia, ses yeux bleu foncé brillent d’excitation.

Ma mère intervient pour la gronder en douceur: « Un peu de calme Mia. » Puis à mon attention elle ajoute: « Bonjour mon chéri. » elle m’embrasse sur les joues. Je lui souris et serre la main de mon père. Nous entrons tous dans le salon tandis que Mia tient toujours Anastasia par la main. Nous découvrons Kate et Elliot enlacés sur un canapé, chacun tenant une flute de champagne à la main. Mia se décide à lâcher la main d’Ana.

« Salut Ana. » lance Kate qui me gratifie d’un petit signe de tête.

Je la salue sèchement. Anastasia fronce les sourcils en constatant que l’ambiance est assez froide entre sa coloc et moi. Elliot, le tactile, enlace à son tour Anastasia. Je me plante à côté d’Anastasia et je pose une main sur sa hanche et je l’attire vers moi. Tout le monde la regarde, enfin… nous regarde. Anastasia semble gênée.

Après avoir constaté de ses propres yeux que son fils n’est pas homo mon père recouvre ses esprits et nous propose un verre : « Prosecco ? »

En chœur Ana et moi répondons : « Volontiers. » C’est fou. Mia est ravie et applaudit des deux mains à cette réponse synchronisée.

« Woah vous dîtes les choses en même temps. Je vais chercher le vin » et elle se propulse hors de la pièce.

Anastasia rougit. Puis elle regarde à nouveau Kate et Elliot et ses prunelles s’assombrissent. Son regard est maintenant morne et triste. Qu’est-ce qui s’est passé ? Pourquoi est elle bouleversée ?

Ma mère suit Mia hors de la pièce en annonçant que le dîner va être servi.
J’observe Ana et fronce les sourcils. C’est quoi le problème ? Pourquoi est-elle bouleversée ?

Je lui ordonne de s’asseoir en lui désignant un canapé moelleux. Elle fait ce que je lui demande et croise soigneusement les jambes. Je m’assieds à côté d’elle mais je ne la touche pas.

« Nous parlions de nos projets de vacances. » dit gentiment mon père.

« Elliot a décidé de partir une semaine avec Kate et sa famille à la Barbade. » Nous regardons Kate qui sourit béatement.

« Allez-vous faire un break maintenant que vous avez terminé vos études ? » Mon père se soucie d’Anastasia.

« Je pense partir en Georgie quelques jours. » répond-elle. Je suis sous le choc, je la regarde bouche bée. Mais qu’est-ce que c’est que cette histoire ? Pourquoi ne m’en a-t-elle jamais parlé ? Comment je vais faire sans elle ? Est-ce qu’elle me quitte ? Je repense à son mail dans lequel elle disait qu’elle avait envie de partir en Alaska. Est-ce sa façon de dire qu’elle veut me fuir ?

Soucieux, je murmure: « En Georgie ? »

« Ma mère vit la bas et je ne l’ai pas vue depuis longtemps. »

« Tu pensais partir quand ? » Je tente de contrôler ma voix. Mon anxiété a grimpé en flèche, mon seuil de tolérance vient d’exploser en plein vol.

« Demain en fin de soirée. » J’essaye de digérer la nouvelle. Maintenant j’ai envie de l’emmener, de lui donner une fessée et de la baiser comme si c’était mon dernier jour ! J’ai du mal à me contrôler. Mon regard est fixé sur elle. Ma sœur Mia revient dans le salon et nous tend à chacun une flûte de champagne remplit de Prosecco rosé.

Mon père lève son verre: « A votre santé ! » J‘en ai rien à foutre de son toast. Merde ! Elle part ! Elle fout le camp ! Merde ! Trois fois Merde ! J’ai du mal à contrôler ma respiration. Comment je vais faire sans elle ?

« Pour combien de temps ? » ma voix est faussement douce. En fait c’est tout le contraire. Je suis hors de moi.

« Je ne sais pas encore. Ca dépendra de mes entretiens de stage. »

Mes mâchoires se crispent et je vois dans le regard de Kate la casse couilles qu’elle va se mêler de cette histoire. Merde ! C’est pas le moment, j’aimerais qu’elle ferme sa gueule celle là !

« Ana mérite de faire une pause. » dit-elle en me regardant, son inimitié pour moi transpire par tous les pores de sa peau.

« Vous avez des entretiens de stage ? » demande mon père.

« Oui Monsieur, demain chez deux éditeurs. »

« Je vous souhaite bonne chance. »

Ma mère vient annoncer que le dîner est servi.

Nous nous levons tous. Kate et Elliot suivent mon père et Mia qui se dirigent vers la salle à manger. Anastasia s’apprête à les suivre mais je l’attrape par le coude pour la retenir.

« Quand comptais-tu me dire que tu partais ? ». Mon ton est doux cachant ma colère contenue mais prête à exploser.

« Je ne pars pas. Je voudrais aller voir ma mère mais rien n’est encore sûr.»

« Et notre accord ?  Tu en fais quoi ?» Je suis fébrile. Je pensais que c’était réglé.

« Je n’ai encore rien signé. » répond-elle.

Je plisse les yeux, j’ai envie de la punir mais ce n’est pas l’endroit pour ça et c’est vrai qu’elle n’a pas encore signé. Putain ! En la tenant toujours pas le coude je l’entraîne hors de la pièce.

D’une voix menaçante je susurre : « Cette conversation n’est PAS terminée. »  Nous entrons dans la salle à manger.

Qu’est-ce que cette soirée va encore me réserver ? Je suis bouleversé, tendu, irrité, et coincé ici où je ne peux rien dire et rien faire. Je n’ai qu’une envie c’est de lui donner une bonne fessée et de la baiser pour faire bon poids bonne mesure. Merde !

Respire Grey, respire ! Je prends place à côté d’Anastasia, les yeux rivés sur elle, tel un faucon guettant sa proie. Je ne peux pas la laisser me filer entre les doigts et pourtant elle s’apprête à se barrer. Et elle ne comptait même pas me le dire. Merde ! Je n’arrive plus à respirer ! Je ferme les yeux et je compte…Très lentement…

Un…deux…trois…quatre…cinq…six…sept…huit…neuf…dix…

Ca ne va pas mieux… Putain ! Je déglutis. Je recommence…Dix…neuf…huit…sept…six…cinq…quatre…trois…deux…un…

Je respire mieux. Mia s’assied à côté de moi et prend ma main en la serrant fermement, ce qui me fait sortir de ma torpeur. Je lui souris affectueusement.

Sur l’instant je me sens mieux… jusqu’à ce que mon regard se pose à nouveau sur Mademoiselle l’indépendante. 

I’m Afraid of Losing You - A Rocket to the Moon

5 comments:

Anonymous said...

Merci pour la traduction (j'ai dévoré les premiers chapitres)! Beau travail ! Hâte de lire la suite !

Julie RION said...

Merci pr ce chapitre, j'adore qd Anna surprend Christian et qu'il pète les plombs ! LOL...

Bon we...

Julie
http://lejardindelapetitelune.blogspot.com

Anonymous said...

Merci pour ton travail, beaucoup de plaisir à lire chaque semaine. Vivement la semaine prochaine !

Elisabeth ze translator said...

merci merci
Eminé est heureuse que les lecteurs francophones se divertissent avec son "point de vue de christian" pour ma part j'apprécie vos commentaires. C'est très encourageant.
bonne semaine à vous toutes (et tous ?)à vendredi

Anonymous said...

Un énorme merci pour ces traductions du point de vue de Christian !!! c'est un super boulot, bravo !!!
J'adore les lire, quel bonheur et quel plaisir de voir l'histoire de son point de vue à lui ...

J'ai une petite question, y aura t il les traductions pour les livres 2 et 3 ??