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Livre I en Français - Chapitre III - Christian Grey et Anastasia Steele


Traduit par: Elisabeth Mazaltov

Edité par: Hélène B. et Elisabeth Mazaltov


MERDE POUR LA PAPERASSE!

CHAPITRE 3

Je n'arrive pas à sortir son visage de mon esprit. Elle avait l'air accablé et le cœur brisé comme si elle venait d’apprendre le décès d’un proche. Je ne peux pas retirer ce que j'ai dit. C'est pour son bien. Elle est trop innocente et trop adorable. Elle mérite plus que ce que je peux lui offrir. Pourtant elle m’attire. Je suis écartelé entre une myriade d'émotions. Je ne dois pas la faire entrer dans mon monde ténébreux ! Elle mérite mieux; Elle a besoin de quelqu'un qui l'adore, qui la couvre de cœurs et de fleurs comme elle le souhaite. Mais l'idée que quelqu'un d'autre puisse la toucher m'est insupportable (Roberta Flack - Killing Me Softly)

Je déteste ce sentiment nouveau qui me bouffe de l'intérieur et blesse mon âme. Je déteste être comme ça. Je suis brusque avec tout le monde. Même Taylor généralement impassible se met à sursauter quand je lui parle. Je suis trop nerveux.

 Ca a été une sale semaine. Je l'observe de loin comme un adolescent ! Elle va en cours ou va travailler pendant que je gère mes affaires depuis l'hôtel Heathman à Portland. Je reste ici jusqu'à la remise des diplômes que je me suis engagé à remettre aux étudiants de l'Université. A elle aussi... Anastasia. Pourquoi ne puis- je pas cesser de penser à elle ? Je suis devenu un putain de crétin ! Une diversion... Oui j'ai besoin d'une diversion. Mais rien ne m'attire à part elle. Son corps, son esprit, tout m'attire. Je ne peux pas lutter! ( Notion by Kings of Leon)

 Je dois trouver quelque chose pour lui prouver que je la veux, mais je dois aussi la mettre en garde. Elle aime la littérature anglaise, elle a cité Thomas Hardy. Je décide de lui faire parvenir une première édition de Tess d'Urberville, je suis sûr qu’elle l’a lu, j’y joindrai un mot. Je veux qu'elle se tienne éloignée mais pas qu'elle disparaisse. Au moins lui donner un avertissement. Si elle me repousse je pourrai sans doute partir. Peut être...
J'écris une note manuscrite :

Pourquoi ne m'avez vous pas dit qu'il y avait du danger ?
Pourquoi ne m'avez vous pas avertie.
Les dames savent contre quoi se défendre
Parce qu'elles lisent des romans qui leur parlent du danger...

Je commande la 1ère édition du livre et l'envoie chez elle avec mon mot d'avertissement.  J'espère qu'elle en tiendra compte, secrètement je souhaite qu'elle l'ignore. Je n'ai jamais désiré quelqu'un aussi intensément et pourtant j'ai possédé de nombreuses femmes.
Je peux avoir toutes les femmes que je veux. Presque toutes ! Mais je ne veux pas n'importe laquelle  Je la veux elle !
Si je tiens le coup jusqu'à la remise des diplômes, et si je la vois là bas, peut être que je pourrais lui offrir ma main.
Bordel je perds la boule ! Elle m'a ensorcelé corps et âme ! Je ne veux pas être loin d'elle!! ( Bruce Springsteen - I'm on Fire)

Vendredi soir je dîne dans ma chambre avec mon frère Elliot, il m’a apporté des vêtements car je ne devais pas rester aussi longtemps à Portland. Mon téléphone sonne, son nom apparaît, c’elle elle ! Anastasia ! Je réponds à la seconde sonnerie: “Anastasia?”
Elle n’a pas l’air en forme, est elle malade ? Je m’inquiète car sa voix est pâteuse.
« Grey… » elle semble éteinte, « Pourquoi m’avez voooous, » hips « envoyé ces livres ? »
Je suis inquiet. J’adopte un ton protecteur car elle n’est pas bien. Il y a vraiment quelque chose qui ne va pas !
« Anastasia ? Est-ce que ça va ? Votre voix est bizarre… »
Elle ricane. « Grey c’est vous qui êtes bizarre pas moi ! »
Elle est ivre !
« Avez-vous bu Anastasia ? »
“Ca ne vous regarde pas ! Pourquoi ça vous re… re …” elle a du mal à finir sa phrase, ”re…garderait ?”
« Je veux juste savoir. Dites-moi, où êtes vous ? »
Elle pouffe de rire. « Dans un bar ! »
“Lequel?”
“Heu..un bar dans Portland”
« Comment allez-vous rentrer Ana ? »
“J’en sais rien” Hips “je verrai.”
« Dans quel bar êtes-vous Anastasia ? »
« Bordel de merde pourquoi m’avez-vous envoyé Tess d’urbe… d’Urberville Christian ? »
« Anastasia… » Je parle calmement alors que je bouillonne. « Dites moi où vous êtes ! » ma voix est calme mais ferme.

« Vous êtes tellement autoritaire, tellement maniaque du contrôle… »
« Putain où êtes vous Ana ? Je le saurai de toute façon ! »
« Oh tellement loin de…de…de là où vous êtes. Ouais loin de Seattle. »
« Ana s’il vous plait… Où êtes-vous ? »
“Bonne nuit Christian !” Elle raccroche. Elle me raccroche au nez !

Je crie « Taylor ! ». Mon frère me regarde amusé. Il ne m’a jamais vu courir derrière une fille, et il se régale du spectacle.

Taylor rapplique « Oui Monsieur »
« Tracez le téléphone portable d’Anastasia Steele. Trouvez où elle est ! Tout de suite ! »
“Oui Monsieur”
Il possède un équipement qui permettrait de contrôler une mission dans l’espace alors pour trouver une demoiselle Anastasia Steele…
Quelques minutes plus tard j’ai l’information. Elliott ouvre la bouche pour dire quelque chose et je l’arrête d’un geste. Il sourit en levant les mains en guise d’abandon.
« On y va Taylor », Elliott attrape sa veste. Je le regarde médusé. Il rigole et me dit « hé frérot, j’ai toujours pensé que tu étais PD ! Je veux voir ça » Je serre les dents mais je le laisse venir.
On fonce dans la nuit en direction du bar. Je rappelle Ana.
« Oui » sa voix est craintive. C’est parfait ! Tu as raison d’avoir peur.
« Je viens vous chercher ! » et je raccroche
Ce n’est pas loin de l’hôtel et nous arrivons en moins de 10 minutes. Je la repère devant le bar. Le photographe lui fait du rentre dedans,  elle tente de le repousser mais semble trop faible pour y parvenir.
Ce fumier va regretter d’être né !
Elliot est à côté de moi, je lui dis « cherche sa colocataire, elle s’appelle Kate Kavanagh ».
« Ca sera un plaisir si elle est elle mignonne et blonde » il se dirige lentement vers le bar en souriant.
« Je crois que la demoiselle a dit non ! » Les mots sifflent entre mes dents alors que je sors de l’obscurité. Je me retiens pour ne pas lui sauter dessus et lui casser la gueule. Il la lâche.
A cet instant, Anastasia vomit sur le patio en béton, éclaboussant le salopard qui fait un bond en arrière en maugréant un truc en espagnol. Elle tient à peine debout. Je me précipite pour attraper sa tête et retenir ses cheveux en arrière. Je la dirige vers le bac à fleurs dans lequel elle peut continuer à vomir.
 « Si vous devez vomir faites le ici ». Elle vomit encore, et même après avoir déversé tout le contenu de son estomac elle continue d’avoir des hauts le cœur. Je lui tends mon mouchoir. Elle le prend, gênée, tandis que le salopard se tient dos à la porte. Il murmure qu’il la verra à l’intérieur et se casse ! Il se casse ! Quel sorte d’ami essaye de draguer une fille et l'abandonne ensuite avec un parfait inconnu alors qu’elle est malade ?
Ana parvient à murmurer « Je suis désolée. »
« De quoi êtes vous désolée Anastasia ? »
« Vous voulez une liste ? pour le coup de téléphone… pour avoir vomi… mais surtout pour le coup de fil » Elle à l’air vraiment honteuse, le regard rivé sur ses mains.
« Ca nous est arrivé à tous, un jour ou l’autre, mais sans doute de façon moins spectaculaire, » Elle me regarde comme si je l’avais giflé. J’en rajoute une couche « C’est dans vos habitudes de repousser vos limites? Je suis d’accord pour qu’on repousse ses limites mais pas de cette manière. »
Elle est en colère contre moi, et rebelle.
« Je n’ai jamais été ivre avant et… » elle prend sa tête entre ses mains comme pour se maintenir droite « je n’ai pas l’intention de l’être à nouveau.»
Elle titube, je l’attire vers moi et la maintiens contre ma poitrine maintenant qu’elle a cessée de se répandre.
 « Venez, je vous raccompagne. »
« Comment m’avez-vous trouvée ? »
« J’ai tracé votre téléphone »
Elle à l’air aussi consternée qu’amusée
« Je dois récupérer ma veste et mon sac. » Elle veut également dire à sa colocataire qu’elle s’en va. Je lui explique que mon frère Elliott est à l’intérieur et qu’il danse avec Kate. Elle est étonnée, je la suis dans le bar. Je ne veux pas qu’elle soit encore plus malade qu’elle ne l’est déjà. Je lui sers un grand verre d’eau glacé. Je l’oblige à le boire, en entier.
Je lis dans son regard qu’elle me trouve tyrannique, je trouve ça assez érotique. Une fois qu’elle a bu je l’attire vers moi elle exhale un mélange de vanille, de savon et d'air frais. D’une certaine manière ce mélange est enivrant.
Je me retiens de la toucher. Je l’emmène sur la piste de danse où nous retrouvons mon frère Elliot et Kate qui dansent serrés l’un contre l’autre  semblant passer un très bon moment. Ana dit à Kate que je vais la ramener, Kate nous regarde avec un sourire entendu.
Alors que nous nous dirigeons vers la sortie Ana se met à tituber. Je n’ai pas le temps de réagir: « Merde ! »

Elle est tombée tête la première. C'est la troisième fois. Je passe mon temps à la ramasser par terre !
D'un côté ça me plait bien, de l'autre je crains qu'elle finisse par se faire mal.
Je la prends dans mes bras et vais la déposer dans l'Audi SUV. Taylor nous conduit jusqu'à l'hôtel. Je la porte comme si elle était le plus précieux des chargements, comme on porte un enfant. Je regarde son beau visage. Elle est fascinante. Mon seul désir est de passer mes mains dans ses cheveux, sur son visage et de la contempler. J'entre dans ma suite et je la porte directement dans la chambre. Je suis envoûté par cette gamine innocente. Complètement. Je suis sans défense face à cette belle endormie.
 "Ca sera tout Taylor merci"
"Bonne nuit Monsieur"
J'allonge Anastasia sur le lit après avoir repoussé la couette. Je la regarde pendant des minutes, des heures; Je ne sais pas. Je ne peux pas détacher mes yeux, elle est si sereine.
Je m'agenouille et dénoue les lacets de ses Converse. Je les lui ôte ainsi que ses chaussettes. Je dézippe son jean et lui enlève, révélant ses longues jambes parfaites. Je recouvre son corps avec le duvet, et je m'assieds sur une chaise.  Je la regarde dormir comme un bébé, sa respiration est paisible. Cette vision m'apporte une  paix que je n'ai pas ressentie depuis très longtemps. J'ai envie de me coucher à côté d'elle et de la tenir dans mes bras toute la nuit... j'ai envie de dormir avec elle. C'est une première. Je me déshabille, j'enfile un tee-shirt et éteins la lampe de chevet. C'est la première fois de ma vie que je dors d'un sommeil tranquille sans faire de cauchemars de la putain camée qu'était ma mère ou de son mac. Je rêve d'Anastasia.
Comme je suis matinal, je me réveille tôt après ce qui me semble avoir été la nuit la plus reposante de ma vie,  à côté de la belle Anastasia. Je pourrais la regarder durant des heures, mais il faut que j'aille courir pour calmer ma libido.  J'enfile mon sweat et dépose sur la table de chevet un verre de jus d'orange, pour un apport de vitamines et deux comprimés d'Advil, pour la débarrasser de la gueule de bois. Je cours comme un forcené, la sueur me dégouline de partout. Après ce qui me semble une éternité, je rentre à l'hôtel et frappe à la porte de ma chambre avant d'entrer. Elle est réveillée. Ses yeux s’immobilisent sur les tâches de sueur sur mon pantalon, sa respiration s'accélère, je bande.
"Bonjour Anastasia, comment vous sentez vous?" 
"Mieux que je ne le mérite" répond-elle timidement en levant ses yeux bleus vers moi. Alors que je retire la serviette de toilette qui était autour de mon cou elle me regarde fixement et demande " Comment suis-je arrivée ici ?"
Je m’assied au pied du lit. Je suis assez près d'elle pour pouvoir la toucher mais je ne le ferai pas. Je ne veux pas lui dire que j'ai passé une partie de la nuit à la regarder en me demandant si je la veux ou pas. J'opte pour une explication franche. Imperturbable je lui dis: "Comme vous aviez entrepris de souiller les alentours du bar, je n'ai pas voulu prendre de risque avec les sièges en cuir de ma voiture. Je vous ai donc amenée ici, c'était plus proche." Elle mord sa lèvre je retiens mon souffle "C'est vous qui m'avez couchée?"
"Oui" je reste impassible.
"Vous m'avez déshabillée ?" sa voix est presque inaudible et elle continue de mordiller sa lèvre.
"Oui" je fixe ses lèvres.
"Est ce que nous avons... heu ?" elle fronce les sourcils et rougit violemment avant de baisser les yeux.
Je lui réponds sèchement: "Non Anastasia. Vous étiez complètement dans le coma. La nécrophilie n'est pas mon truc. J'aime qu'une femme soit consciente et réceptive."
Elle devient écarlate. C'est vrai que j'y vais fort !
"Mais c'était une expérience très intéressante de vous avoir dans mon lit."
" Vous avez dormi avec moi?"
Ironiquement je réponds "C'est mon lit, " Puis sérieusement j'ajoute "ce fût un vrai bonheur que je ne suis pas prêt d'oublier"  je n'oublierai jamais...
Elle m'interroge sur mes tendances au harcèlement. Elle affiche une moue de désapprobation mais en fait elle à l'air ravie.
"Vous devriez être contente que j'ai tracé vos appels et que je sois venu vous chercher, sinon vous vous seriez réveillée dans le lit de ce photographe qui vous poursuivait de ses assiduités, ça n'avait pas l'air de vous enchanter," Ce souvenir me déplaît et fait remonter ma fureur contre ce connard.
 "Vous parlez comme un preux chevalier" dit-elle. Sa vision totalement fausse de ce que je suis me renvoie à mes angoisses. Comme tu me connais mal. Il n'y à rien de lumineux en moi bébé. Je suis sombre et merdique.
"Je ne crois pas Anastasia, ou peut être un chevalier noir." Elle a l'air sceptique. Je lui décroche un sourire ironique. Il est trop tôt pour parler de mon âme noire... si j'en ai une. Je change de sujet.
"Aviez vous mangé hier soir?" Elle secoue la tête négativement. Je suis consterné.
"Anastasia, c'est pour ça que vous avez été aussi malade ! Il faut toujours manger surtout avant de boire !" Je suis exaspéré.
Elle sursaute et répond "Vous avez l'intention de m'engueuler toute la matinée?"  
"Je vous engueule?"
"Oui je crois" me répond-elle enjouée.
Bon, je sens que mes mains me démangent  "Estimez vous heureuse que je me contente de cela; Si vous étiez à moi vous ne seriez pas capable de vous asseoir pendant une semaine après ce que vous avez fait hier soir!"
"Mais qu'est ce que j'ai fait?" "Qu'est ce que ça peut vous foutre d'abord ?" "Qui vous a demandé de rappliquer et de me sauver?"
Sa réponse est blessante, c'est encore un sentiment nouveau.
"Vous avez mal agi. Vous n'aviez pas mangé, Vous avez  bu jusqu'à en être malade, vous auriez pu être enlevée par ce que vous appelez un ami. Vous vous êtes mise en danger !" 
Elle baisse à nouveau les yeux, peinée. "José est mon ami, il ne m'aurait jamais fait de mal, peut être a t'il un peu dépassé les bornes à cause de l'alcool."
"Il faudrait qu'il apprenne les bonnes manières !" J'ai du mal à me contenir. Je pourrais lui donner une leçon qu'il n'oubliera jamais !
Elle me regarde droit dans les yeux. "Vous êtes un obsédé de la discipline Monsieur Grey !" Je souris. Tu n'as pas idée à quel point bébé !
"Oh Ana, si vous saviez à quel point vous avez raison !" mon sourire s'élargit. Parfois elle voit clairement en moi. Je me lève et me dirige vers la salle de bains. "Je vais prendre une douche sauf si vous voulez passer la première..." Elle retient son souffle, je vais jusqu'à elle. Je caresse sa joue et sa lèvre inférieure avec mon pouce. Je ressens à nouveau une décharge d'électricité à son contact. J'ai envie de la renverser et de la prendre ici et maintenant !
Au lieu de ça, je murmure "Respire bébé !" Je sens son regard fixé sur moi alors que je me dirige vers la salle de bains. Je suis accro.

Je me douche aussi vite que possible pour ne pas perdre une minute passée avec elle. En fait, je prends la douche la plus rapide de ma vie, et ressort calmement, une serviette enroulée à la taille. Elle est sortie du lit, et elle inspecte les lieux.  Elle est troublée en me regardant et je le suis tout autant de la voir presque nue.
Une fille si innocente, belle à couper le souffle, inconsciente de sa beauté. Je l'informe que son jean est au nettoyage et que j'ai envoyé Taylor lui acheter des vêtements tôt ce matin.
Ses yeux s'illuminent, elle tente de dissimuler son regard. Elle murmure "Heu... je vais prendre ma douche." et se dirige vers la salle de bains.

J'enfile un pantalon et une chemise en lin blanc. Je prends mon journal pour le lire en attendant que le petit déjeuner arrive. Dix minutes plus tard on frappe à la porte. C'est le room service; Je laisse le serveur installer la nourriture sur la table; Après son départ je me dirige vers la salle de bains et frappe à la porte. Je dis à Anastasia que le petit déjeuner est servi. Elle bredouille un "OK" qui me fait sourire. Elle est vraiment mal à l'aise avec les hommes. Très inexpérimentée. D'une certaine manière ça me plaît. Quand elle sort, elle est magnifique, innocente mais je fronce les sourcils en voyant que ses cheveux sont mouillés. J'ai besoin de la protéger même d'elle même. Je la gronde: "Vous n'avez pas séché vos cheveux"
"Je n'ai pas trouvé le sèche cheveux." Je plisse les yeux. Elle n'est pas à moi... Elle n'est pas à moi... Elle n'est pas à moi ... Pas encore ... Mais je voudrais qu'elle le soit.
"Cette couleur vous va bien." Mes yeux sont fixés sur elle, je suis incapable de détacher mon regard. Elle rougit.
"Merci pour les vêtements Christian," Elle mordille sa lèvre. "Je vais vous rembourser."
Je fronce les sourcils. Je ne veux pas qu'elle me rembourse ! J'ai les moyens de les lui offrir. J'ai besoin de prendre soin d'elle.
"Vous devriez apprendre à accepter gentiment les cadeaux Ana," mon ton est ferme.
"Je ne peux pas, voyez vous,  vous m'avez offert des livres très chers" elle ajoute, "que je vais vous rendre bien sûr, mais les vêtements, je ne sais pas. Je dois les payer. Je sais que je n'ai pas les moyens pour les livres, mais les vêtements je peux les payer."
"J'ai les moyens de vous les offrir Anastasia ! Vous n'avez pas besoin de me rembourser," Cette fille est non seulement belle mais obstinée.
"Je sais que vous pouvez Christian. Ce n'est pas le sujet. Je me sentirais mieux si je payais c'est tout," elle regarde ses doigts comme si une quelconque réponse était écrite dessus. Puis elle lève les yeux et me demande "Pourquoi m'avez vous offert ces livres Christian ?"
Je ferme brièvement les yeux et respire, "Parce que je ressentais la nécessité de vous mettre en garde. Quand vous avez failli vous faire renverser par le cycliste et que je vous serrais contre moi votre regard me suppliait de vous embrasser et … Je passe nerveusement mes mains dans mes cheveux.
C'est la première fois depuis longtemps que j'ai du mal à trouver mes mots, je rassemble mes pensée et poursuis "Et, voyez vous, je ne suis pas le genre de type à offrir des cœurs et des fleurs. C'est pas mon truc. Mes goûts sont très particuliers. Vous devriez vous tenir éloignée de moi si vous savez ce qui est bon pour vous. Dieu sait que je n'arrive pas à m'éloigner de vous..." Je la regarde en espérant qu'elle va rester, j'espère aussi qu'elle va partir. J'éprouve des émotions confuses et contradictoires. Je ferme les yeux pour repousser ces émotions. Je suis nul en émotions, et si je savais ce qui est bon pour moi je me tiendrais éloigné d'elle! Sa présence est envoûtante, captivante, elle m'attire comme un aimant, je ne peux m'y soustraire. Je suis comme un papillon attiré par sa lumière. Le combat est perdu d'avance. Même les yeux fermés, je la vois.
Elle murmure "Alors ne vous éloignez pas de moi..."
Je sais que je dois la protéger de mes 50 nuances de folie incurable. Je ne veux pas la voir souffrir. Elle est plus innocente que toutes celles que j'aie connues, et j'en ai connu beaucoup. Je ferme à nouveau les yeux.
"Anastasia, vous ne savez pas ce que vous dites !"
"Alors expliquez-moi !" le ton est suppliant. "Je devine que vous n'avez pas fait vœu de chasteté."
 Je sors de mes pensées confuses, mon désir et ma passion ne cessent de croître. Je lui décroche un sourire sensuel . "Non, Anastasia, je ne suis pas chaste."
J’entends les battements de son cœur. Elle me rend complètement dingue. Je ne  peux pas la laisser partir. Je dois essayer. Contre vents et marées !
 Ma décision est prise.
"Quels sont vos projets pour les prochains jours ?"
Elle me répond qu'elle travaille cet après-midi.
"Et demain?" je me penche vers elle.
"Je travaille toute la semaine, et nous sommes supposées faire nos cartons Kate et moi puisque nous partons nous installer à Seattle."
"Vous avez trouvé un appartement? 
"Oui, dans le quartier de Pike Market." Je  souris de satisfaction : c'est juste à côté de chez moi.
"J'ai postulé dans plusieurs sociétés, j'attends les réponses."
"Avez vous postulé dans ma compagnie ?"
"Non, je ne l'ai pas fais" répond-elle visiblement embarrassée.
"C'est quoi le problème avec ma compagnie ?"
Elle sourit "votre compagnie ou votre compagnie ?" Mon Dieu je l'adore, elle a une grande gueule comme aucune autre. C'est une bouffée d'oxygène. Elle n'a pas peur de me dire ce qu'elle pense.
"Etes-vous en train de vous moquer de moi ?"
 Elle mord sa lèvre. Je n'en peux plus et je marmonne "Dieu que j'ai envie de mordre cette lèvre !".
Sa bouche s'entrouvre,  sa respiration est rapide et elle se dandine sur sa chaise. Je parie qu'elle est toute mouillée. Cette pensée m'excite mais pas autant que le défi qu'elle me lance:
 "Qu'est ce qui vous en  empêche ?"
Il faut qu'elle connaisse mes conditions. Je me jette à l'eau : "Parce que je ne vous toucherai pas tant que je n'aurai pas votre consentement écrit Anastasia," je souris.
"Que voulez vous dire ?"
"C'est assez clair ! Je vous montrerai. A quelle heure finissez-vous ?"
"A vingt heures."
Je lui propose de l'emmener à Seattle ce soir pour lui expliquer.
"Pourquoi ne pas le faire tout de suite?"
"Parce que j'apprécie votre compagnie et que je ne veux pas que pour partiez en courant." Elle semble perplexe, je m'y attendais. Son visage exprime des émotions diverses mais finalement elle semble déterminée et dit "d'accord".

Aussitôt, je réserve un pilote de veille pour Charlie Tango. Je crains qu'elle n'accepte pas ce que je vais lui proposer et qu'elle veuille rentrer chez elle. A mon désespoir cela sera la fin de notre relation. J'espère que ça ne sera pas le cas.
"Vous êtes très autoritaire," me dit-elle quand je raccroche. Comme elle a raison! Elle ne sait pas à quel point elle a raison. Elle n'en a pas la moindre idée !
Elle est incapable de finir sa nourriture, par nervosité ou excitation, je ne supporte pas qu'on gâche les aliments, et je lui demande donc de terminer son assiette, c'est plus fort que moi. Ne sait-elle donc pas qu'il y à des gens qui crèvent de faim tous les jours ?

Son petit déjeuner enfin terminé, elle file dans la salle de bains. Quand elle en sort je suis en communication. Deux minutes plus tard, je raccroche, j'attrape sa main et nous sortons. Je suis irrésistiblement attiré vers elle. J'appuie nerveusement sur le bouton d'appel de l'ascenseur. Quand nous entrons l'air se charge d'électricité qui passe aussitôt entre nous. Nerveusement elle mord sa lèvre. Nous nous regardons les yeux dans les yeux, passionnément. Je bande.
"Oh et puis merde pour la paperasse!" Je me jette sur elle et la pousse contre le mur de la cabine. D'une main j'attrape ses poignets pour les maintenir au dessus de sa tête,  mes hanches immobilisent son corps contre la paroi. De ma main libre je tiens ses cheveux, lui bloquant la tête en arrière et ma bouche explore la sienne. Quelle délicieuse exploration ! Elle gémit lorsque nos langues se rencontrent, entamant une danse érotique, se caressant et s'effleurant. Elle me veut et je la veux!
"Vous - êtes - adorable!"
 Je détache chaque mot. J'ai perdu le contrôle, je m'apprête à la baiser dans cet ascenseur quand soudain il  stoppe.  Je m'écarte instantanément. J'arbore un visage impassible alors qu'Ana est ébouriffée et à bout de souffle.  Trois hommes d'affaires entrent à leur tour.
Je la regarde de ma vison périphérique tout en évacuant calmement toute cette énergie sexuelle refoulée. Les hommes d'affaires ricanent quand nous descendons au premier étage. Je prends sa main et marmonne pour moi même "Mais c'est quoi le truc avec les ascenseurs ?
Elle a utilisé ma brosse à dents,  sa bouche à un goût de menthe fraîche. Je lui pose la question. En guise de réponse elle me gratifie d'un sourire mutin. Elle est unique en son genre.
 Nous quittons l'hôtel. Je deviens vulnérable en sa présence, si seulement elle savait.
Soudain je suis heureux. Je n'ai que 27 ans, et pour la première fois, grâce à Anastasia, je me sens jeune. Nous sommes jeunes !



2 comments:

Anonymous said...

Ah, j'adore ce chapitre ! Les prémices d'une relation amoureuse (et orageuse !) entre Anna et Christian. Merci pour cette excellente traduction Elizabeth !

S.

Farouk Ciss said...

TU faire du Tores bon boulot j adore ta Version du livre . TU VA mettres les autres livres j espere . Vraiment merciii .c est plus mieux que l original :-)