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Saturday, October 5, 2013

Tome II en Français - Chapitre II - Christian Grey et Anastasia Steele

C’EST TOI QUE JE VEUX
(et personne d’autre)

Tome 2 Chapitre 2

Traduit par: Elisabeth Mazaltov

Edité par: Elisabeth Mazaltov et Hélène B.



Je me sens revivre au moment précis où j’enlace Anastasia, le trou béant se referme instantanément et mon âme retrouve la paix.  Je me laisse aller et savoure cet instant. Je veux qu’elle me pardonne et je ferai tout pour qu’elle m’accorde son pardon. 

Please Forgive Me by Bryan Adams

Je n’ai jamais renoncé devant les difficultés et j’en ai surmonté de coriaces. C’est mon unique chance d’arranger les choses et je dois tout faire pour ça. Le courant familier qui passe entre nous me pousse vers elle tel Icare attiré vers le soleil. Je me délecte de cette attraction. Je vois bien qu’elle éprouve la même chose. Je réalise à présent combien je l’ai fait souffrir à la fois physiquement et moralement et je dois impérativement rectifier ma façon d’être.

Quelques minutes plus tard Taylor immobilise la voiture devant l’immeuble abritant l’héliport.

« Viens, nous sommes arrivés »

Elle me regarde sans comprendre.

« L’héliport - il est au sommet de cet immeuble. » dis-je en pointant un doigt vers le sommet.

Taylor ouvre la portière d’Anastasia qui se glisse hors de la voiture. Je la rejoins après être sorti de mon côté. Je note qu’Anastasia rougit, Taylor a du lui dire quelque chose. Je sais qu’il l’aime bien et qu’il se faisait du souci pour elle. Je regarde mon chauffeur d’un air interrogateur mais son visage reste imperturbable. Ouais lui aussi veut la protéger.

« 21 heures ? »

« Oui Monsieur. » J’acquiesce. Je prends la main d’Anastasia et l’entraîne dans le hall grandiose de l‘immeuble. Mes doigts sont enroulés autour des siens et je  serre fermement pour qu’elle ne puisse pas me lâcher.

Nous sommes à nouveau attirés l’un vers l’autre. Je sais qu’elle ressent la même chose que moi à sa façon de serrer ma main et de m’observer à la dérobée. J’appelle l’ascenseur. Elle me regarde, je lui souris, je lâche sa main au moment d’entrer dans la cabine.

Les portes se referment et elle lève à nouveau les yeux vers moi. Dans cet espace réduit, l’attraction entre nous est palpable. Nous sommes attirés l’un vers l’autre comme des aimants. Anastasia murmure : « Oh la la » en s’abandonnant avec délice à cette attirance sexuelle primaire qui semble décuplée depuis notre séparation.

 « Je la ressens aussi. » dis-je, le regard sombre, plombé par le désir et l’amour. Ca irradie dans tout mon corps.

Je prends sa main et caresse ses doigts avec mon pouce. Je sais qu’elle me désire car son corps réagit de la même manière que le mien, nous ne faisons qu’un.

Elle serre ses mains, se dandine sur ses jambes en quête d’apaisement, et bien sûr elle se mordille la lèvre ce qui fait grimper mon désir en flèche.

« S’il te plaît arrête de mordre ta lèvre Anastasia. »

Elle me regarde et lâche sa lèvre. Ses yeux sont brillants de désir. Elle me veut ici et maintenant dans cet ascenseur. C’est exactement la même scène qu’à l’hôtel Heathman.

Je murmure: « Tu sais ce que ça me fait. » Ses lèvres s’entrouvrent comme si elle pensait ne plus jamais m’entendre dire cela. Je distingue une petite étincelle dans ses yeux. Serait-ce de l’espoir ? Je viens de comprendre un truc … Elle aussi est accro … à moi ! 


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L’ascenseur parvient à destination bien trop vite. En s’ouvrant brusquement les portes brisent le charme. Nous sommes sur le toit. C’est venteux et bien qu’elle porte une veste, elle frissonne. Je passe mon bras autour d’elle en l’attirant vers moi d’un geste protecteur. Nous nous dépêchons de rejoindre l’emplacement de Charlie Tango dont les pales tournent au ralenti.

Mon pilote, Stefan, un grand blond à la mâchoire carré, vêtu d’un costume sombre sort de l’appareil et vient à notre rencontre. Je lui serre la main. Je crie par-dessus le bruit des moteurs.

« Prêt à décoller Monsieur. Il est à vous ! »

« Tous les contrôles ont été effectués ? »

« Oui Monsieur; »

« Vous viendrez le chercher vers 21h30 ? »

« Oui Monsieur »

« Taylor vous attend devant l’immeuble. »

« Merci Monsieur Grey. Je vous souhaite un bon vol jusqu’à Portland. Madame. » dit-il en saluant Anastasia. Sans lâcher sa main je hoche la tête et je la conduis à la porte de l’hélicoptère.

Une fois qu’elle est installée, je boucle son harnais en tirant fermement sur les sangles. Je lui adresse un regard entendu et mon sourire spécial Anastasia. Elle est magnifique saucissonnée comme cela.

« Tu ne devrais pas pouvoir bouger. Je dois avouer que ce harnais te va bien. Tu ne touches à rien. »

D’un doigt je caresse sa joue, elle devient écarlate. Je lui tends le casque. La toucher m’a atrocement manqué. Elle fronce les sourcils. Elle est fermement harnachée et peut à peine bouger.

A mon tour, je m’installe dans mon siège, me sécurise et procède aux contrôles avant le décollage. Je mets mon casque et appuie sur un bouton pour faire accélérer la rotation des pales dans un vacarme assourdissant.
Je me tourne vers elle : « Prête bébé ? »

« Oui. » répond-elle.

Je lui souris d’une oreille à l’autre tant il est réconfortant de la savoir là auprès de moi. C’est-ce soir ou jamais bébé. Je vais te reconquérir. J’ai toutes les cartes en main et je suis prêt à dégainer ma quinte flush royale. Ce soir je vais gagner


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« Tour de contrôle Sea-Tac, ici Charlie Tango -Tango Echo Hôtel, paré au décollage pour Portland via PDX. Merci de confirmer. Terminé. »

Le contrôleur aérien répond en me donnant les instructions. Nous sommes prêts à décoller.

« Bien reçu, contrôle, Charlie Tango paré, terminé. » Je relève deux manettes et empoigne le manche. Nous décollons lentement dans le ciel du soir.

« Nous avons chassé l’aube, maintenant nous chassons le crépuscule. » Elle se tourne vers moi stupéfaite. Je lui souris elle me répond d’un timide sourire.

« Ainsi que le soleil couchant, il y à plus à voir cette fois ci. » La dernière fois qu’elle a voyagé avec moi de Portland à Seattle il faisait nuit noire, mais ce soir la vue est spectaculaire. Nous volons au dessus des immeubles les plus hauts en nous élevant encore et encore.

« Escala est là bas. » je pointe mon doigt vers mon immeuble. « Boeing est là bas et tu peux voir également la Space Needle. » que je lui désigne également du doigt.

Elle étire sa tête pour la voir : « Je n’y suis jamais allée. » dit-elle.

 « Je t’y emmènerai. Nous pourrons y dîner. »

Elle me regarde étonnée. « Christian, nous avons rompu. » C’est comme un coup de poignard dans mon cœur. Je vais arranger ça ce soir.

« Je sais. Mais je peux quand même t’y emmener et te nourrir. » Je lui jette un regard furieux.

Elle secoue la tête en rougissant violemment. « C’est très beau vu d’ici. Merci. »

« Impressionnant n’Est-ce pas ? » Je suis toujours ébloui par le panorama.
« Impressionnant que tu saches piloter. » dit-elle. Contre toute attente elle me complimente.

« Vous me complimentez Mademoiselle Steele ? Mais je possède de nombreux talents. »

« J’en suis bien consciente Monsieur Grey. »

En entendant sa réponse tout mon corps est parcouru d’un frisson lascif. Je me tourne vers elle en lui décrochant un petit sourire narquois. Je vois qu’elle se détend peu à peu.

« Alors ce nouveau boulot ? »

« Bien Merci; C’est intéressant. »

« Il est comment ton patron ? »

« Oh il est bien. » Une sirène d’alarme se déclenche dans ma tête. Aurait-il déjà été inconvenant avec elle ? Elle n’a pas l’air à l’aise.

« Qu’est-ce qui ne va pas ? »

« Rien, à part l‘évidence. »  L’évidence ? Quelle évidence ?

« L’évidence ? »

« Oh Christian, tu es vraiment obtus parfois. »

« Obtus ? Moi ? Je ne suis pas sûr d’aimer votre ton Miss Steele. »

« Ca m‘est égal. » Sa réplique me fait sourire. « Ta grande gueule m’a manqué Anastasia. »

Je l’entends soupirer mais elle reste calme et regarde à travers la vitre le soleil d’un orange flamboyant qui se couche à l’horizon.

A quoi penses tu Anastasia? Je t’en prie donne-moi un indice.

Le ciel de Seattle est un halo d’opale, de rose et de bleu-vert fondus ensemble. Nous approchons de Portland. C’est un soir clair et frais. Les lumières de Portland scintillent et clignotent comme pour nous accueillir. J’arrive à destination et pose l’hélicoptère. Nous sommes au sommet d’un immeuble en briques, c’est d’ici que j’avais embarqué Anastasia pour notre premier vol à destination de Seattle. C’était il y à un peu moins de trois semaines. Il est indéniable qu’elle m’a fait amorcer une transformation radicale en si peu de temps. Elle est devenue un élément essentiel de ma vie. Elle est ma bouée de sauvetage. Je ne peux pas vivre sans elle. 


I Can't Live Without You by Mariah Carey

Pour la plupart des gens trois semaines c’est rien mais pour moi c’est tout, j’ai l’impression qu’il n’y à rien eu avant Anastasia, je ne peux concevoir ma vie qu’avec elle. 

Je coupe les moteurs de Charlie Tango, redresse les manettes et les pales s’immobilisent. Leur vacarme laisse place au silence, à telle enseigne qu’on entend nos respirations respectives dans nos casques.

Je défais mon harnais et me penche pour lui défaire le sien.

« Bon voyage Mademoiselle Steele ? » Ma voix est douce, mes yeux brillants de la satisfaction d’avoir ma femme auprès de moi. Oui elle est à moi et elle ferait bien de s’en souvenir !

« Oui, merci Monsieur Grey. »

« Eh bien allons voir les photos de ce jeune homme. » dis-je en lui tendant la main pour l’aider à descendre de Charlie Tango.

Le vieux Joe est assis dans le local de la sécurité. En nous voyant il vient à notre rencontre tout sourire.

« Joe. » Je lâche la main d’Anastasia pour serrer chaleureusement celle de Joe. Je l’aime bien.

« Prenez soin de Charlie Tango jusqu’à l’arrivée de Stefan. Il sera là vers 20 - 21 Heures. »

« Sans faute Monsieur Grey. Madame. » dit-il en saluant Ana d’un signe de tête. « Votre voiture vous attend en bas Monsieur. Oh et l’ascenseur est en panne, il faut que vous empruntiez l’escalier. »

« Merci Joe. »

Je prends la main de ma femme et nous nous dirigeons vers l’escalier de secours.

« Avec ces talons, tu as du pot qu’il n’y ait que trois étages à descendre. » Je n’ai pas envie qu’elle tombe, elle pourrait se faire mal. Toutefois, je suis là pour la rattraper au cas où.

« Tu n’aimes pas mes bottes ? »

« Elles me plaisent beaucoup Anastasia. » Mon regard s’assombrit. J’adore la voir porter des talons hauts. C’est sexy au possible. Je suis fou d’elle mais alors quand elle porte de hauts talons … Garde la tête froide Grey. J’ai une mission à remplir ce soir et il n’est pas question que je me laisse distraire.

« Viens, on va y aller doucement. Je n’ai pas envie que tu te casses le cou en tombant. »

Nous quittons l’immeuble et nous rejoignons la voiture qui nous attend. Nous n’échangeons pas un mot durant le trajet. Je suis tendu. Je lui ai dit qu’elle m’avait manqué et elle n’a rien répondu. Aurait-elle rencontré un autre homme ? Son patron ? A-t-elle été en relation avec José depuis qu’elle m’a quitté ? Est-ce pour cela que nous sommes là ? Est-ce qu’elle le préfère à moi parce que je suis complètement cinglé ? Veut-elle me prouver qu’il lui convient mieux que moi ? Putain je vais crever ! J’essaye de me raisonner en répétant dans ma tête :’Garde la tête froide… du calme … reste calme ...’

Pourquoi n’a-t-elle rien laissé paraître ? Ne lui ai je pas manqué ?  Pourquoi ne montre-t-elle aucun signe d’attachement pour moi ? A t’elle cessé de m’aimer ? Moi je l’aime toujours ! Je ne pourrais pas arrêter de l’aimer. Je ne peux même pas la regarder tellement je suis nerveux.

« José n’est qu’un ami. »

Je la regarde alors qu’elle vient de répondre à la question que je n’ai pas posée. Mon regard est sombre, grave et méfiant mais je ne laisse rien paraître. Je voudrais lui demander :"Et moi ... ? Ne suis-je rien d’autre qu’un ami pour toi Ana ? ‘ Mais je ne le fais pas. Je ne veux sans doute pas qu’elle réponde à cette question avant d’avoir entendu tout ce que j’ai prévu de lui dire ce soir. Ses yeux s’attardent sur ma bouche. Comme j’aimerais t’embrasser avec cette bouche pour que tu comprennes que tu es à moi ! Je m’adosse fermement dans mon siège et fronce les sourcils en observant son visage et ses yeux bleus qui semblent encore plus grands depuis qu’elle a perdu du poids.

« Ces beaux yeux te mangent le visage Anastasia. Je t’en prie, promets moi de te nourrir. »

« Oui Christian je te le promets. » répond-elle par automatisme.

« Je ne plaisante pas »

« Vraiment ? » dit-elle avec mépris. Oh je t’en prie Ana ne commence pas ton cirque. Je ne suis pas là pour me disputer avec toi. Je suis là pour que tu me reviennes !

« Je n’ai pas envie de me disputer avec toi Anastasia. Je veux que tu me reviennes et que tu me reviennes en bonne santé. » Je me suis jeté à l’eau d’une voix douce, les jeux sont faits.

Elle semble étonnée et entrouvre ses lèvres : « Mais rien n’a changé ! »

« Nous en parlerons sur le chemin du retour. Nous sommes arrivés. »

La voiture se gare devant la galerie. Je sors et fais le tour de la voiture pour ouvrir sa portière. Elle descend.

« Pourquoi tu fais ça ? » demande t’elle en criant presque.

« Quoi ? » Je ne comprends pas qu’est-ce que j’ai fait?

« Dire un truc pareil et puis rideau ! »

« Anastasia nous sommes arrivés. Tu voulais venir. Alors on y va et on parlera ensuite. Je n’ai pas particulièrement envie d’essuyer une scène au milieu de la rue. »

Elle rougit en regardant autour de nous. Elle constate qu’il y à plein de monde. Je lui jette un regard réprobateur, aussitôt elle pince ses lèvres.

« Ok. » marmonne t’elle d’un air boudeur. Je prends sa main et l’entraîne dans le bâtiment. C’est un ancien entrepôt dont les murs sont en briques et les planchers en bois sombres. La tuyauterie est peinte en blanc ainsi que le plafond ce qui donne une impression de volume. C’est spacieux et moderne. Il y à quelques personnes qui déambulent dans la galerie en sirotant du vin et en admirant les photographies.

« Bonsoir et bienvenue à l’exposition de José Rodriguez. » Nous sommes accueillis par une jeune femme vêtue de noir, les cheveux bruns coupés très courts, d’énormes anneaux aux oreilles et les lèvres maquillées d’un rouge pouffe consternant. Elle jette un œil sur Anastasia et son regard s’attarde sur moi puis elle se retourne à nouveau vers Ana en papillonnant des paupières et en rougissant. C’est quoi le problème ?

« Oh c’est vous Ana. Nous aimerions bien avoir votre avis sur cette exposition. » dit-elle en lui tendant un catalogue et en la conduisant vers une table chargée de boissons et de petits fours.

Elle connait Anastasia ?

« Tu la connais ? »   dis-je en fronçant les sourcils.

Anastasia me fait ’non’ de la tête, elle non plus n’y comprend rien.

 Je hausse distraitement les épaules, bien trop préoccupé par mon problème du moment qui est de récupérer ma petite amie.

« Que veux-tu boire ? »

« Je prendrai un verre de vin blanc, merci. » Je fronce les sourcils car en général dans ce genre de  réception le vin est dégueulasse. J’ai un but à atteindre et ce n’est vraiment pas le moment de se disputer sur un sujet comme la qualité du pinard. Je me dirige donc vers le bar. Il y à déjà du monde qui fait la queue pour être servit. Je note qu’un type me reconnait et fait mine de venir vers moi. Il doit avoir une trentaine d’années, les cheveux bruns, les yeux verts brillants d’excitation, un regard de savant un peu fou. J’ai horreur des bavardages et ce soir plus que jamais.

« Excusez mon incorrection Monsieur, mais ne seriez vous « le » Christian Grey ? » dit-il en bousculant les personnes qui se trouvent entre lui et moi. Je le regarde de la tête aux pieds tandis qu‘il se confond en excuses auprès des gens qu‘ils continuent de pousser pour me rejoindre. Il est habillé décontracté-chic ce qui est parfaitement adapté pour une réception de ce genre.

« En effet c’est moi. » dis-je un peu agacé. Je suis préoccupé et donc pas du tout disposé à échanger des plaisanteries et des banalités avec des inconnus. Pour le moment je marche sur des braises en espérant reconquérir la femme que j’aime.

« Je vous admire Monsieur ! Je m’appelle Georges … Georges Dupont. » dit-il avec un enthousiasme feint tout en me tendant une main moite que je serre à contrecœur.

« Enchanté Monsieur Dupont. » dis-je sans conviction.

« Je suis comme vous Monsieur Grey, je travaille dans les énergies vertes. » Tout sourire il se jette à cœur joie dans une conversation que nous n’avons pas entamée. « Je vais vous laisser ma carte. Appelez moi si vous avez besoin d‘un coup de main. » Depuis quand j’ai besoin de l’aide d’un gus que je ne connais pas ?

Je le regarde, impassible : « Je vous remercie, mais il y à des circuits ad hoc pour postuler dans mon entreprise. Accessoirement, je ne m’occupe pas des recrutements durant mes loisirs Monsieur Dupont. »

« Ah non, je ne cherche pas un emploi, je recherche un associé. » Je plisse les yeux.

« Un associé ? » Non mais j’hallucine.

« Je n’ai pas besoin d’associé Monsieur Ducon, je n’en ai jamais pris et je n’en prendrai jamais. »

« Dupont !  Mon nom c’est Dupont. »

« Ecoutez Dupont, je ne suis pas intéressé. Je ne suis pas ici pour mes affaires, mais dans l’intimité avec ma ravissante petite amie. Si vous voulez parler boulot veuillez utiliser les circuits appropriés ! » Ma patience est à bout.

« Mais Monsieur vous pourriez être intéressé par mes propositions ! »  Il insiste.

« Ducon ! Je vais vous mettre les points sur les i. Je suis ici en privé avec ma petite amie. » Je sens le regard d’Anastasia posé sur moi. Je me retourne et je plante mes yeux dans les siens.  Nous restons tous les deux immobiles, incapables de bouger. L’amour que j’éprouve pour elle est comme un feu qui me dévore. Je n’oublie pas la raison pour laquelle je suis ici ce soir. Je dois la reconquérir.

Maintenant elle parle avec José du moins jusqu’à ce que « Miss cheveux très courts,  énormes créoles aux oreilles et rouge à lèvres de Barbie pouffe » vienne la chercher. Le voilà qui embrasse ma femme !

Sur les joues, certes, mais quand même il l’embrasse ! 

I'm Jealous by Shania Twain

J’ai du mal à me contenir et cette foutue file qui n’avance pas ! On ne va pas me faire croire que le vin est bon ! Qu’est-ce qu’ils ont tous à s’agglutiner quand il s’agit de boire gratis ? Monsieur « Ducon les mains moites » me colle aux fesses.

 « Monsieur Grey, vous ne le regretterez pas ! »

Excédé, je me tourne vers lui en lui jetant un regard glacial dont la signification est très claire même pour un abruti : Ce n’est pas le moment de me faire chier !

« Mais bordel vous ne comprenez pas quand je vous dis que je suis avec ma petite amie, en privé, pour un moment de détente ! Dis moi Ducon ça te plairait qu’un casse burnes vienne te les briser pendant tes loisirs ? »

« Non, d’ailleurs je coupe la sonnerie de mon téléphone. »

« Génial ! Si par malheur vous me revoyez un jour, n‘importe où, et que je suis avec ma petite amie … Je vous conseille de ne pas  revenir me casser les couilles ! Jamais, plus jamais ! Sinon vous le regretterez. » dis-je d’une voix calme mais lourde de menaces.

L’homme qui fait la queue derrière moi s’adresse alors à Monsieur les mains moites: « Retournez à votre place dans la file et foutez la paix à ce type qui veut passer une soirée tranquille avec sa copine et puis arrêtez de doubler tout le monde ! »

Monsieur Ducon les mains moites retourne à sa place la queue entre les jambes. 

J’apprécie l’intervention de cet inconnu qui m’apporte son soutien inconditionnel face à ce connard. C’est aussi bienvenu qu’un verre d’eau fraîche un jour de canicule. De plus il a identifié Anastasia comme étant ma compagne ce qui est un signe du ciel. Je m’accroche à ce que je peux.

C’est enfin mon tour d’être servi.

D’un ton mal aimable je demande au barman ce qu’il a comme vin blanc.

« Chardonnay et Sauvignon blanc, Monsieur. » dit-il en désignant deux bouteilles sans étiquette. Je tire la gueule et commande deux verres de Sauvignon.

En allant rejoindre Anastasia je la vois qui contemple une photo d’un lac en fin d’après midi, des nuages roses se reflètent à la surface de l’eau. Le calme et la beauté de la nature ont été captés et immortalisés dans toute leur splendeur. Alors que je m’approche, elle inspire profondément comme pour garder sa contenance. Je lui tends un verre.

« Est-il à la hauteur ? » me demande t’elle d’une voix normale.

De quoi parle t’elle ? du paysage ?

« Le vin » ajoute t’elle en constatant mon incompréhension.

« Non. Rarement dans ce genre d’évènements. Ce garçon a du talent n’est-ce pas ? » dis-je en admirant la photo du lac.

« Pour quelle raison crois tu que je lui ai demandé de faire ton portrait ? » La fierté qu’elle éprouve pour son ami irradie dans sa voix. Mes yeux glissent de la photo vers elle. La jalousie s’empare de moi.

« Christian Grey ? » demande le photographe du Portland Printz. « Puis-je prendre une photo Monsieur ? »

« Bien sûr. » dis-je en dissimulant une grimace. Je dois garder mon calme mais la tempête fait rage sous mon crâne. Anastasia se recule mais j’attrape sa main et l’attire vers moi. C’est ma petite amie. Ce n’est pas du passé et ça ne le sera jamais, en tout cas pas si je peux l’éviter! Le photographe nous regarde d’un air étonné.

 « Merci Monsieur Grey » dit-il en prenant quelques clichés. « Vous êtes Mademoiselle … ? »

« Steele. » répond-elle.

Je veux que le monde entier sache qu’elle est à moi ! Elle n’est pas libre et moi non plus !

Le photographe nous remercie et disparaît.

« J’ai cherché des photos de toi avec des petites amies sur internet. Il n’y en a pas une seule. C’est pour cela que Kate pensait que tu étais homo. » Ca me fait sourire.

« Ca explique ta question indiscrète. Non, je ne me montre pas avec des petites amies Anastasia, seulement avec toi. Mais tu le sais déjà. » J’espère qu’elle voit que je suis sincère et qu’elle perçoit l’affection que je lui porte.
« Donc tu n’es jamais sorti avec, » dit-elle en jetant un œil nerveusement autour de nous pour être sûre que personne ne nous entend « - avec une de tes soumises ? »

« Parfois, mais ce n’était pas des rencards, c’était juste pour faire des courses. » Je hausse les épaules, les yeux fixés sur elle de peur qu’elle se tire, que ça vire au cauchemar et que je me réveille sans elle.

Elle entrouvre ses lèvres en réalisant qu’elle a été la seule. La seule exception à toutes mes règles.

Je murmure :« Seulement avec toi Anastasia. » 


You’re Still the One by Shania Twain

 Elle fixe ses doigts en rougissant. J’espère qu’elle a compris à quel point elle compte pour moi ! J’aimerais pouvoir lui expliquer sans merder lamentablement. Mais je n’ai jamais conté fleurette, je ne suis pas doué pour cela. Elle lève à nouveau les yeux sur moi.

« Ton ami à l’air d’être un homme de paysages, pas de portrait. Allons voir le reste de l‘exposition. » Je lui tends la main et elle s’en saisit. Je ferme brièvement les yeux pour savourer ce contact.

Nous déambulons dans la galerie en regardant quelques photographies. Un couple salue Anastasia d’un signe de tête en lui souriant comme s‘ils la connaissait. Je ne pense pas que ce soit parce qu’elle est avec moi car c’est elle qu’ils regardent ! C’est quoi le truc ?

Puis un jeune gars la dévisage, mâchoire béante, il mâte MA femme !

Alors que nous pénétrons dans une autre salle, la raison pour laquelle tout le monde la regarde nous saute aux yeux. Il y à SEPT grands portraits d’Anastasia accrochés au mur du fond. Ils sont immenses !

Son visage se vide de son sang tandis que le mien s’empourpre et je suis prêt à exploser !

Ces portraits géants représentent Anastasia qui rie, qui fait la moue, qui fait le pitre, sérieuse, souriante, renfrognée, amusée. D’une certaine manière, j’ai le sentiment que ces clichés sont aussi intimes que s’il s’agissait de photos d’elle nue. Tous des gros plans, tous en noir et blanc. J’examine chaque photo, fasciné. A cet instant je réalise que je ne l’ai jamais vu aussi  détendue, sans une ombre dans les yeux. Et le fait que ça soit ce con de photographe qui ait saisit ces instants de bonheurs, ça me fait mal au ventre et ça me rend encore plus jaloux de ce bouffon. Je suis captivé par ces images … Eblouit par son charme, son innocence éclatante, sa quiétude, son bien être. Elle est magnifique !

« On dirait que je ne suis pas le seul sur le coup. » dis-je en comprenant que le photographe aussi est amoureux d’elle. Je pince mes lèvres. J’en ai rien à foutre de la concurrence dans les affaires mais je refuse que quiconque tourne autour de ma petite amie. Puisque tout le monde la reconnue et qu’il semble que tous les clients ont été séduits par ses portraits, il est hors de question que quelqu’un puisse acheter ces images et la mater en douce chez lui.

 « Excuse-moi » lui dis-je en la transperçant du regard pour qu’elle ne bouge pas d’où elle est.

Je me propulse en direction de Miss cheveux courts, gros anneaux et rouge à lèvres pétant de Barbie pouffe.

« Je veux acheter les photos d’Anastasia. » dis-je sans appel.

« Super ! Laquelle ? »

Je la regarde incrédule : « Toutes ! »

« Vraiment ? Je veux dire … Oui, bien sûr. Chaque photo coûte euh … » Je lui coupe la parole.

« Je m’fiche du prix. J’achète les sept portraits d’Anastasia. » dis-je en dégainant ma carte de crédit.

« Bien sûr Monsieur ! » Elle me tend l’appareil pour que je compose mon code. Puis me demande mes coordonnées pour la livraison.

« Je veux que vous demandiez à Monsieur Rodriguez de ne pas reproduire ces photographies ! »

« Mais les négatifs lui appartiennent. Vous n’achetez que des épreuves Monsieur Grey. »

« Dans ce cas j’achète aussi les négatifs. Il me faut un document écrit par lequel il s’engage à ne pas reproduire les photographies que je viens d’acheter. Par ailleurs, s’il possède d’autres clichés d‘Anastasia, il s’engage à ne rien diffuser sans son accord écrit.  Suis-je bien clair ? » dis-je d’un ton menaçant.

« Parfaitement Monsieur. » Elle est toute tourneboulée.

Voilà un problème de réglé.

Je pars rejoindre Anastasia et la trouve en compagnie d’un blondinet qui fait le joli cœur sous prétexte de lui faire la conversation. Je ne peux pas tourner le dos cinq minutes sans qu’un clown vienne baratiner ma petite amie! Je me rapproche d’Anastasia à toute allure, et pose ma main sur son coude histoire de délimiter mon territoire.

« Vous avez de la chance. » me dit le blondinet en  esquissant un sourire grimaçant. Je lui jette un regard glacial, d’un air sombre je siffle entre mes dents: « En effet. » J’attire ma femme contre moi en la saisissant fermement par l’épaule. Le message est clair, avant de l’approcher il faudra d’abord me passer sur le corps.

Blondinet pige l’avertissement et décampe aussi sec.

« As-tu acheté un des portraits ? » me demande t’elle.

« Un ? » Je ricane sans la quitter des yeux.

« Tu en as acheté plusieurs ? » elle semble perplexe.

Je lève les yeux au ciel. « Je les ai tous acheté, Anastasia. Je ne veux pas qu’un inconnu te reluque chez lui. » En fait, ça c’est le cadet de mes soucis, ce qui me perturbe vraiment, c’est l’intimité de ces portraits.

« Tu préfères que ce soit toi ? » dit-elle en plaisantant.

Mon audacieuse petite amie (je parle au présent) vient de me prendre au dépourvu mais je suis amusé car elle me taquine.

« Franchement, oui. »

« Pervers. » susurre t’elle en mordillant sa lèvre inférieure. J’en reste coi et me frotte pensivement le menton. Qu’est-ce que j’aimerais te faire quand tu me parles comme ça et que tu mordilles ta lèvre.

« Ca je ne peux pas le nier Anastasia. » dis-je en secouant la tête, l’humeur au beau fixe. Son regard est mutin, elle lâche sa lèvre et avec un air de conspirateur elle murmure : « J’aurais aimé en parler avec vous Monsieur Grey, malheureusement j’ai signé un accord de confidentialité. »

Je soupire en la regardant d’un œil sombre. Tu ne te rends pas  compte de l’effet que ton audace a sur moi. Tu éveilles tout un tas d’émotions qui me chamboulent. Je murmure : « Si tu savais ce que j’aimerais faire à ta grande gueule. »

Et pour ça j’ai plus d’une idée en tête bébé …

Elle voit très bien ce à quoi je pense elle en reste bouche bée.

« Vous êtes très grossier. » Elle semble choquée.

Ca m’amuse et je lui souris, puis je fronce les sourcils dès que mes yeux se posent à nouveau sur les portraits. Je voudrais qu’elle soit aussi détendue en ma présence,  exactement comme elle l’est sur les photos.

« Tu semblais très détendue sur ces photos, Anastasia. Je ne te vois pas souvent comme ça. » dis-je presque triste.

Elle rougit et instinctivement fixe ses mains. Je ne veux pas qu’elle soit mal à l’aise avec moi. Je lui relève le menton, elle inspire profondément au contact de mes doigts.

« Je te veux aussi détendue avec moi. » dis-je dans un souffle. C’est mon désir le plus cher. Je vais tout faire pour qu’elle soit à l’aise et heureuse avec moi.

« Si c’est-ce que tu veux, il faut arrêter de m’intimider. » dit-elle du tac au tac.

« Tu dois apprendre à communiquer avec moi et à me dire ce que tu ressens. »

J’essaye toujours d’être clair quand je communique avec elle, mais souvent, elle reste hermétique. Elle lève les yeux vers moi en inspirant profondément. Elle va me dire ce qu’elle pense.

« Christian tu me voulais soumise. C’est ça le problème. C’est dans la définition de la soumise que tu m’as envoyé par mail. » Elle s’interrompt en tentant de se remémorer les mots exacts que j’avais utilisés dans mon message. « Je pense que les synonymes étaient, je cite : docile, obéissante, accommodante, souple, passive, résignée, patiente, domptée, subjuguée. Je n’étais pas censée te regarder. Ni te parler à moins que tu ne m’en donnes la permission. Qu’est ce que tu espérais ? »

Je cligne des yeux, devant la justesse de ses propos. Evidemment,  j’ai mis du temps à comprendre que mon vrai problème c’était d’avoir entamé une liaison contractuelle et d’être tombé amoureux. Mais c’était le seul genre de relation que je connaissais et c’était tout ce que je voulais. Mais, dès que je l’ai rencontré, du moins très vite après notre rencontre, j’ai su qu’Anastasia était différente. Mais je n’aurais jamais imaginé que j’allais tomber follement amoureux d’elle. J’ai eu d’autres soumises qui elles aussi voulaient plus mais dans tous les cas j’ai rompu avec elle ou elles ont rencontré quelqu’un d’autre et ont rompu avec moi. Ca ne m’a jamais posé de problème et je n’y ai pas réfléchi à deux fois parce que je n’éprouvais rien pour elles. Mais cette femme, qui est là en face de moi, cette jeune femme innocente me met en accusation et me tient tête. C’est à la fois vivifiant et exaspérant, sexy et effrayant. Elle est culottée et malheureusement c’est elle qui a raison. Je fronce les sourcils de plus belle tandis qu’elle poursuit.

« C’est très troublant d’être avec toi. Tu ne veux pas que je te défie mais tu aimes ma grande gueule. Tu veux que je t’obéisse sauf quand tu veux me punir. Je ne sais jamais ce qu’il faut que je fasse quand je suis avec toi. Elle parle à cœur ouvert. Elle communique et c’est-ce que je veux. Mais je ne veux pas que cela soit le point d’orgue de notre rupture et que cela anéantisse la relation que nous pourrions - non,  que nous allons vivre. « Bien vu comme toujours Miss Steele. » dis-je d’une voix glaciale.

« Viens, on va manger. »

Elle a abattu ses cartes maintenant c’est mon tour.

Elle proteste : « Mais nous ne sommes là que depuis une demi heure. »

Je rétorque : « Tu as vu les photos, tu as parlé au jeune homme, alors on y va. »

« Il s’appelle José. »

Super ! « Tu as parlé à José - l’homme qui, la dernière fois que je l’ai rencontré, essayait de fourrer de force sa langue dans ta bouche alors que tu étais ivre et malade. » la moutarde me monte au nez.

« Il ne m’a jamais frappé, lui ! » crache t’elle. Ca me fait mal. Je la regarde furieux, la colère transpire par tous les pores de ma peau. Ah c’est comme ça ! On va se tirer tout de suite même si je dois la soulever sur mon épaule et fesser son ravissant derrière devant tous les invités et devant la presse ! 

Je murmure d‘une voix menaçante : « C’est un coup bas Anastasia ! »

Elle rougit, je suis doublement exaspéré et je passe mes deux mains dans mes cheveux, je suis tellement en rage que j’ai du mal à garder belle figure. C’est toujours comme ça avec Anastasia … Je ne sais jamais ce qu’elle va dire ou faire et elle peut me mettre en colère comme personne. Du coup j’ai à la fois envie de la punir et de l’aimer. Je suis submergé par tout un tas d’émotions que je ne connaissais pas et qui me rendent incroyablement possessif à son égard. Et maintenant j’ai envie de l’embrasser, de la baiser, de l’aimer, de lui filer une fessée et tout ça en même temps et rien ne pourra apaiser ce désir teinté de colère qui me submerge.

En plus elle a un regard à nul autre pareil.

« Je t’emmène manger quelque chose. Tu es en train de dépérir sous mes yeux. Va voir ton copain et dis lui au revoir. »

« On ne peut pas rester encore un peu ? S’il te plaît. »

« Non. Maintenant ! Vas-y. Va lui dire au revoir. » Il y à déjà longtemps que j’ai dépassé mon seuil de tolérance.

Elle est rouge de colère jusqu’à la racine des cheveux. Si ses yeux étaient des mitraillettes je serais déjà mort.

Elle se décide à chercher le garçon et scrute la pièce du regard. Elle le localise et me plante pour aller le saluer. Il y à tout un tas de filles qui grouillent autour du photographe. Je ne bouge pas d’un poil, je vibre d’impatience car j’ai horreur d’attendre. Ce soir on va mettre cartes sur table et grand Dieu, je vais te reconquérir Anastasia Steele ! Je m’aperçois que mon pied martèle nerveusement le sol. Anastasia est à l’autre bout de la pièce mais je ne la quitte pas des yeux, je la regarde fixement sans même cligner des paupières. Cet enfoiré de photographe l’enlace fougueusement et la fait tourner dans ses bras ! Le sang me monte au visage, mon regard s’assombrit et je sens que ma colère, jusqu’alors contenue, est sur le point d’exploser. Puis, d’un geste calculé Anastasia, mon Anastasia, ma femme, passe ses bras autour du cou de l’autre con qui est bien trop content car lui aussi est amoureux d’elle ! Putain je suis hors de moi. Je vais finir par l’empoigner par les cheveux et la sortir d’ici comme un homme des cavernes. Je crève de jalousie. C’est quoi ce cirque ? Anastasia Steele tu vas me faire mourir. Ne vois tu pas combien je t’aime ? Tu n’imagines pas ce dont je suis capable pour te garder. Tu n’as donc aucune idée de l’enfer que j’ai vécu depuis ton départ ? Et tu fais des mamours à un type que tu n’aimes pas juste pour me faire crever de jalousie. Tu fais chier, je vais te coincer dans les parages pour te rappeler comment je m’appelle.

Lentement je me rapproche d’eux. Elle est toujours pendue a son cou, à gazouiller des conneries. Mon petit bonhomme si tu ne retires pas tes sales pattes je vais venir le faire moi-même. Alors que je ne suis plus qu’à quelques pas, l’enfoiré se penche et l’enlace encore plus fort. Je me précipite auprès d’Anastasia, bouillant de colère et j’attrape son coude.

Le crétin finit par la lâcher en lui demandant de donner de ses nouvelles. Puis faisant mine de découvrir ma présence il me salut. Ouais tu ferais bien de te souvenir de Christian Grey qui va reprendre son titre officiel de petit ami d’Anastasia. Alors retire tes sales pattes tout de suite !

J’ai vraiment du mal à me contenir mais je réponds poliment bien que mon ton soit glacial : « Monsieur Rodriguez, votre travail est très impressionnant. Je suis désolé que nous ne puissions rester plus longtemps mais nous devons rentrer à Seattle. Anastasia ? » J’ai subtilement appuyé sur le « nous » pour bien souligner que nous formons un couple et je la prends par la main comme il se doit.

« Au revoir José, et encore une fois, félicitations. » dit-elle en posant un rapide baiser sur sa joue ce qui a pour effet de décupler ma rage. Maintenant ça suffit je n’en peux plus. Je l’attrape par la main et la traîne hors de l’immeuble. J’ai les hormones en bataille. Colère, jalousie et frustration ont atteint un degré explosif. Je sue comme un bœuf avec toutes ces émotions qui se télescopent en moi !

En sortant je jette un rapide coup d’œil de part et d’autre de la rue, je me dirige sur la gauche puis rapidement je l’entraîne dans une ruelle et je la plaque contre le mur.  Je ne  peux pas supporter d’avoir vu la femme que j’aime dans les bras d’un autre alors que je ne  l’ai même pas encore embrassé. Je prends son visage entre mes mains, la forçant ainsi à plonger ses yeux dans les miens.  


Principles of Lust by Enigma

Le souffle court elle réalise la puissance de mon désir tandis que je plaque mes lèvres sur sa bouche. Je l’embrasse violemment, nos dents s’entrechoquent, ma langue pénètre sa bouche.

Notre désir mutuel explose et je suis soulagé qu’elle m’embrasse avec la même ferveur. Ses mains s’agrippent dans mes cheveux, elle m’attire contre elle pour que nos corps fusionnent, c’est comme si notre séparation l’avait affamée. Elle a envie … de moi !  Je gémis de plaisir, mes mains descendent le long de son corps, s’immobilisent sur ses cuisses et s’enfoncent dans sa chair à travers l’étoffe de sa robe prune.

Angoisse, désir, besoin, jalousie et ma peur de la perdre, j’exprime tout cela dans mon baiser. A ce moment précis, je comprends que nous ressentons tous les deux la même chose. Je veux que ce baiser nous lie à jamais alors je l’embrasse longuement, fougueusement jusqu’à perdre haleine. Mes yeux brûlent de désir et de passion, mon sang bout en moi.

Je pète le feu ! 

Ring of Fire sung by Joaquin Phoenix

Nous sommes à bout de souffle. C’est l’instant que je choisis pour me déclarer : « Tu. Es. A. Moi. » J’épèle chaque mot, se faisant je révèle tout mon amour pour elle. Que dois-je faire pour qu’elle comprenne que rien ne m’est plus précieux que de partager sa vie, la serrer dans mes bras et la chérir dans mon cœur ? Que dois-je faire Ana ? Dis moi !

Je recule pour me pencher, les mains sur mes genoux en tentant de recouvrer ma respiration. J’ai l’impression d’avoir couru un marathon, ce que j’ai fait en réalité …. Pendant des jours … j’ai couru derrière elle. Je l’ai laissé tranquille …. Je lui ai laissé du temps pour réfléchir … Je l’ai laissé faire le point. Mais j’en peux plus ! Je suis amoureux … C’est simple, je ne peux pas vivre sans elle !

Même si elle se pend au cou d’un copain ou qu’elle essaie de me provoquer - bref … peu importe, quoi qu’elle fasse, je suis passionnément amoureux d’elle et jaloux de toute les marques d’affection qu’elle peut montrer à un autre type !

Je la supplie : « Pour l’amour de Dieu, Ana ! »

Elle est adossée au mur, pantelante, tentant de reprendre ses esprits.

« Je suis désolée » murmure t’elle essoufflée.

« Tu peux l’être. » dis-je la voix tremblante d’émotion, « Je sais très bien ce que tu étais en train de faire. Est-ce que tu veux le photographe Anastasia ? De toute évidence il a des sentiments pour toi. »

Dis non, je t’en supplie Ana. Dis non. Par pitié, dis non !

Au moment où j’ai vu les photos d’Anastasia dans la galerie, souriante, faisant le pitre, boudeuse, étonnée …. J’ai ressenti une jalousie comme jamais auparavant ni envers elle, ni envers quoi que ce soit ni qui que ce soit d‘autre. Cette jalousie débordante c’est parce que quelqu’un l’a perçue et immortalisée d’une façon tellement intime.  Et que ce quelqu’un ce n’est pas moi. J’ai compris que ce photographe lui aussi est épris d’elle. Je ne peux supporter ni de la voir ni de l’imaginer avec un autre.

Ma question la fait violemment rougir et elle secoue négativement la tête.

A mon grand soulagement elle répond : «  Non, c’est juste un ami. »

Un soupir s’échappe de mes lèvres.

« J’ai passé toute ma vie d’adulte à essayer d’éviter les émotions extrêmes. » dis-je en la regardant droit dans les yeux, la voix brisée. « Et toi … Tu éveilles en moi des sentiments qui me sont totalement étrangers. C’est très … » Je fronce les sourcils en cherchant le mot adéquat. « Déstabilisant. » Mais ça va bien au-delà de ça. Mon cœur, mon âme, mon destin sont entre ses mains. Elle peut en faire comme bon lui semble, les garder ...ou les balancer. Je n’ai jamais été aussi vulnérable ! J’ai connu beaucoup de femmes dans ma vie mais je n’ai jamais été cruel avec elles. Je n’ai jamais joué avec leurs sentiments. Et voilà que maintenant, d‘un mot, d‘un geste ou d’un regard, Anastasia peut me détruire.  Elle est la seule personne au monde qui a le pouvoir de vie et de mort sur moi. Voilà la profondeur de mes sentiments et ça me terrifie. Mon destin est entre ses mains !

« J’aime tout contrôler, Ana et quand tu es dans les parages cette maîtrise disparait. » dis-je en esquissant un geste évasif puis je passe ma main dans mes cheveux en inspirant profondément. J’emprisonne sa main dans la mienne.

« Viens, il faut qu’on parle et il faut que tu manges. »

Voilà, maintenant je vais abattre mes cartes et je ne quitterai pas la partie sans avoir reconquis ma femme.






14 comments:

Anonymous said...

je l'attendais avec impatience!!Géniale lecture!Super travail,vivement le prochain chapitre!!!

yokonissa said...

Idem!! Aaaaaahhhh ! Merci beaucoup pour ce temps passé pour nous! Quand pensez vous traduite le prochain chapitre? Je sais qu'il nous faudra attendre, c bien normal

yokonissa said...

mais c'est juste par curiosité et impatience, juste pour connaître le rythme de parution.... Merci encore

VML said...

En attendant le prochain, non sans impatience, je vous remercie pour ce chapitre aussi beau que intense.

Anonymous said...

Merci pour ce 2ème chapitre!
Je pense que nous sommes plusieurs a consulter votre blog tous les jours!
J attends avec impatience le 3ème chapitre!

Anonymous said...

Merci, merci, pour ce nouveau chapitre. C'est superbement traduit comme toujours. Et vos traductions m'aideront certainement à mieux comprendre des mots ou expressions, dans les prochains chapitres, que je savais pas très bien comment interpréter.
Permettez-moi une question personnelle : êtes-vous française ?

Je vais essayer d'attendre le prochain chapitre sans trop piaffer d'impatience ! ;)

S. from France

elisabeth ze translator said...

Bonjour à vous toutes et merci beaucoup de vos commentaires.
Je travaille actuellement sur le chapitre 3 mais j'ignore encore lorsqu'il sera possible de le publier. Je dois concilier mes impératifs professionnels, personnels, la fuite dans ma cuisine et votre impatience. Pour répondre à S, oui je suis Française, née en France et vivant à Paris. Y aurait-il quelque chose qui cloche dans mon français ? Vous m'inquiétez :-)
bizz et à très bientôt pour le chapitre 3.
elisabeth from Paris

Anonymous said...

Elizabeth,

Non, non, rien ne cloche dans votre français ! LOL! Bien au contraire : il est parfait, ce qui m'a fait penser que vous êtes française ! ;)

Bon courage pour la fuite dans votre cuisine. J'espère que les dégâts ne sont pas trop importants.

Au plaisir de vous lire,

S.

Anonymous said...

Juste une précision suite à mon commentaire précédent, afin que cela ne soit pas mal interprété : je n'ai pas voulu dire que seul(e)s les français(e)s manient parfaitement la langue de Molière. Loin de là. Mais tout dans votre écriture m'ont poussé à dire que vous êtes française. :)

A+

S.

Elisabeth ze translator said...

Bonsoir,

Vous me flattez ! (j'adore ça)
Je suis adepte du grand écart littéraire. Quand je ne traduis pas les livres d'Eminé je relis Marcel Proust -la grande passion de ma vie. De fait, par certains aspects c'est un peu "fifty shades" mais sans les fesses. Toutefois, il faut avouer que la scène sado masochiste avec le Baron de Charlus dans "le temps retrouvé" relègue "50 nuances de Grey" au rayon littérature enfantine... hihihi
cordialement
EM

Louisette Lemelin said...

Bonjour, j'aimerais savoir quand votre prochain chapitre du tome 2 va sortir. J'aime bien vous lire alors j'attend la suite avec impatience.

Elisabeth ze translator said...

coucou

je suis confusion et consternation mais je dois gérer quelques problèmes personnels et je suis donc terriblement en retard pour la traduction. Je promets le prochain chapitre pour la semaine prochaine. Avant mercredi 6 promis, juré, craché.
EM

Clara2421 said...

Bonjour, je viens de rejoindre ce site par hasard. Et, je vois que vous traduisez les chapitres. Mais qui a écrit ces textes es ce l auteur ou pas ! En tout c
Les cas je suis a fond dans la lecture .... A quand le prochain !!!!!! Merci pour tout et de vitre réponse surtout

Anonymous said...

Peut on avoir le tome 2 au complet à quelque part?